Visite de l'usine Bonduelle à Renescure près de Saint-Omer

Bonduelle ou la course contre la montre

Publié dans l'édition Pas de Calais N. 9648 par

Avant d’atterrir dans nos assiettes, les légumes Bonduelle ont parcouru un sacré chemin, le tout dans un temps record. Reportage au cœur du savoir-faire de l’entreprise, du champ à la conserve…

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D.R.

Au coeur de l'usine Bonduelle de Renescure.

 

«C’est une course contre la montre. Le légume, du moment où il est récolté jusqu’au moment où il sera mis en boîte, ne doit pas rester à l’air plus de huit heures.» Hélène D’Huyvetter, directrice de l’usine Bonduelle de Renescure, ne prend pas son rôle à la légère, et à raison. Le travail de Bonduelle, basiquement, c’est de «faire entrer un rond dans un carré», selon les propres mots d’Arnaud Bardon Debats, directeur agricole. Le rond étant les récoltes de légumes selon les saisons, avec d’énormes variables, et le carré étant la chaîne de production pour mettre lesdits légumes en conserve.

Contraintes. Car les contraintes sont nombreuses et les aléas, réguliers. Selon la météo, les récoltes de petits pois peuvent se faire fin mai comme fin juin. Il faut opérer vite, puisque le moment où l’or vert peut être récolté est très précis : il s’étale sur une période de quatre jours uniquement. Les petits pois sont écossés sur place, à l’aide d’un batteur réglé par le chef de récolte. «À la fin de l’opération, il reste 5 à 6% de déchets, une proportion que l’usine est capable de traiter.» Une fois l’opération terminée, les petits pois ont donc huit heures pour être mis en conserve. «Les champs ne se situent qu’à deux heures maximum des usines», précise le directeur agricole. Au-delà, les timings sont trop serrés pour que les légumes soient traités à temps. Et l’ensemble fonctionne en flux tendu : «Douze équipes de deux machines travaillent en même temps pour approvisionner les trois usines, relate Arnaud Bardon Debats. Chacune des douze équipes récolte 20 hectares, 240 hectares sont donc récoltés par jour. Le flux de livraison doit être équivalent au flux de production.» Sinon, Bonduelle perd de la marchandise… et gâche de la nourriture. Et au total 0,5% à 1% de la marchandise ne trouve pas de débouché pour des raisons qualitatives. Enfin, dernière contrainte, mais pas des moindres : le stock. Puisque l’ensemble de la récolte – et donc de la mise en boîte – se fait en un laps de temps très court (huit semaines par an par légume), il est important pour Bonduelle de stocker les boîtes produites afin de pouvoir livrer ses clients au goutte-à-goutte. Ce qui impose à l’entreprise centenaire de consacrer une grande part de chacun de ses sites au stockage des boîtes.

Contrats. Bonduelle est engagé par contrat auprès des agriculteurs. La contractualisation permet à l’entreprise de rémunérer les producteurs à l’hectare, pour une part de 15% de la surface agricole, ce qui permet à Bonduelle de s’assurer qu’aucun producteur ne soit dépendant de Bonduelle. S’il y a un déficit dû aux conditions climatiques ou à d’autres aléas, Bonduelle rembourse 50% des pertes. S’il y a surproduction, Bonduelle prend 50% des bénéfices. Le turn-over chez les agriculteurs est de 5%, la relation moyenne avec les producteurs dure 20 ans. Ce sont les directeurs de plaine qui fixent les productions idéales sur les parcelles de chaque agriculteur et fournissent les semences concernées.

Ecologie. La conserve n’a pas toujours bonne presse. Pourtant, il s’agit du «plus écologique des moyens de conserver un aliment, selon Arnaud Bardon Debats. La conserve est recyclable à l’infini et le liquide qu’elle contient n’est constituée que d’eau, de sel, de sucre et éventuellement d’arômes.» De quoi séduire les adeptes du manger-sain et les anti-additifs ? Possible, surtout au vu de la campagne que Bonduelle a mise en ligne, faisant jouer Nicole Ferroni, et mettant en avant les problématiques, mais aussi les avantages de la conserve.

Bonduelle

Le stockage représente une bonne part de la surface du site de Renescure.

 

Bonduelle

Les légumes vivent une course contre la montre entre le moment où ils sont cueillis et celui où ils sont mis en boite.

ENCADRE

Bonduelle en chiffres

• 373 permanents, 514 ETP (permanents + saisonniers)

• 6% d’emploi handicap

• zéro accident du travail depuis un an

• 500 000 tonnes de légumes transformés

• En 7 semaines, 40% du plan de charge

• 18 000 hectares de surface agricole

• 37 différents légumes