Fromagerie de Maroilles (Avesnois)

Le groupe normand Socopal intéressé

Publié dans l'édition Nord N. 8839 par

L’Intercommunalité, propriétaire de l’unité de fabrication à l’arrêt depuis juillet 2011, aimerait bien trouver une solution. Des négociations sont en cours, confirmées par la présidente du groupe. Début juillet, elles se poursuivaient.

Vous devez être connectés pour visualiser cet article

D.R.
L’atelier de fabrication doté d’une unité de méthanisation

D.R.

Le "Parcours des sens" est accolé à l’atelier. Initialement, il devait servir à expliquer la façon dont était fabriqué le maroilles et à présenter l’économie herbagère.

Le 27 juin, la fromagerie de Maroilles est revenue à l’ordre du jour de la communauté de communes du Pays de Mormal, dans l’Avesnois. La dernière fois que l’on a parlé de cette fromagerie, c’était pour dire que la CCPM avait passé une annonce sur leboncoin dans l’espoir de tirer un trait sur un projet devenu un vrai boulet. Il était issu d’un très mal nommé «pôle d’excellence rurale» (en 2006), puisque le scénario à épisodes privé/public avait débouché sur un fiasco économique : une liquidation et un arrêt en juillet 2011.

 

Un groupe du 76. De cette réunion intercommunale, il ressort que la CCPM a noué un contact avec le groupe normand Socopal (de Seine-Maritime, non loin de Rouen). Ce groupe, dont l’histoire remonte à 1938, était à l’origine grossiste en produits frais et surgelés, avant d’étendre ses activités vers la prestation logistique. Il se présente aujourd’hui, sur son site, comme un «spécialiste de la logistique et du transport produits frais et surgelés» pour les GMS (grandes et moyennes surfaces) et la RHF (restauration hors foyer), et ce, «sur le quart nord de la France».

Il détient depuis 1988 la société roubaisienne Losfeld (lancée en 1876), connue pour ses activités d’affinage et de distribution de fromages régionaux.

 

Mise sur  Le Bon Coin. Plus que d’un contact, côté CCPM on parle d’un choix qui se serait porté sur le groupe normand. De la réunion en question, il est ressorti un montant d’acquisition (460 000 euros) ainsi que le nom d’une entreprise qui pourrait gérer l’unité de fabrication en même temps que l’unité de méthanisation voisine : la société Fromagerie des régions.

Rappelons que l’Intercommunalité, née des fusions de 2014, a hérité du dossier et cherché d’abord des solutions du côté de la Région (comme lieu de formation agricole), des chambres consulaires et de repreneurs spécialisés dans le fromage. En vain.

Et puis, il y a eu, en septembre 2016, la mise en vente à la fois sur le site de l’Intercommunalité et sur L Bon Coin, avec le descriptif de l’équipement. On se doute que l’unité à l’arrêt pèse sur les finances de la collectivité locale, notamment en termes d’entretien et d’assurances. Notons que la CCPM avait également hérité de l’emprunt dit « toxique » contracté lors du financement de la fromagerie et que si le prix annoncé pour la vente se révèle être le prix définitif, elle aura vraiment été bradée.

Prudence chez Socopal. Début juillet, Cécile Brunel, la présidente du groupe Socopal, expliquait qu’elle avait été surprise de découvrir l’annonce sur ce site de vente en ligne, mais que le contact était bien parti de là : «Nous sommes intéressé par la fabrication artisanale et ce bassin laitier, et nous sommes un acteur régional dans ce secteur des spécialités fromagères.»

Elle précise toutefois que rien n’est fait et que les négociations sont en cours. En tant qu’acteur privé de l’agroalimentaire, Mme Brunel souhaite un aboutissement rapide à ces discussions qui portent donc à la fois sur l’atelier de fabrication et d’affinage et sur l’unité de méthanisation.

Si l’affaire se faisait, il pourrait s’agir de fabriquer à Maroilles du fromage à pâte pressée, en bio et/ou en conventionnel. C’est alors seulement, précise la présidente, que l’entreprise citée sous le nom de société Fromagerie des régions pourrait voir le jour afin de gérer l’atelier de fabrication. Quelques emplois (cinq ou six) pourraient alors être créés.

Précisions que le « Parcours des sens », cette scénographie à vocation touristique lancée en même temps (2008), devrait quant à lui rester entre les mains de l’Intercommunalité.