Université des entrepreneurs 2017

Le Medef attend du pragmatisme et du courage de la part de l’Etat

Publié dans l'édition Nord N. 8839 par

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Le Medef se veut «porteur de bonne parole» : auprès des jeunes pour leur dire que l’entrepreneuriat n’est pas seulement une affaire de costume-cravate, auprès des dirigeants pour leur insuffler de l’optimisme et auprès des pouvoirs publics pour maintenir la compétitivité des entreprises. «Devenir patron, c’est développer des idées, de l’innovation et faire preuve de courage pour se lancer», a débuté Pierre Gattaz, président du Medef, pour poursuivre : «Toutes les filières d’avenir sont à créer, dans la santé, les services, les infrastructures… ‘Start-up’, c’est bien mais ‘skill up’ (accroître ses compétences, nldr), c’est beaucoup mieux.»

Moins de complexité, plus de flexibilité. Les attentes du président du syndicat patronal envers le gouvernement sont précises : «Les entreprises ont besoin de marges. En France, l’EBE (excédent brut d’exploitation) est de 32%, il est de 40% au niveau mondial. Il faut baisser la fiscalité, les dépenses publiques de fonctionnement et le mille-feuille territorial, en accord avec les fonctionnaires.» Signe de l’engagement de l’Etat, le 4 juillet, un plan d’investissement de 50 milliards d’euros, «dans les domaines de la transition écologique, du développement, des compétences, de la santé, des transports, de l’agriculture et de la modernisation de l’Etat», a été confirmé par le Premier ministre Édouard Philippe, somme qui pourra notamment permettre aux entreprises d’investir pour être plus compétitives. Lors de la conférence plénière, Pierre Gattaz a aussi souligné «l’urgence» quant au marché du travail qu’il faut déverrouiller pour permettre aux dirigeants d’embaucher. «Il faut simplifier la vie des chefs d’entreprise pour avoir un champ maximum de liberté. Je pousse aujourd’hui un cri d’alarme : nous sommes au pied du mur, nous ne pouvons pas ouvrir des champs de flexibilité avec des contraintes. Il faut développer la ‘flexi-employabilité’. Notre volonté au Medef ? Le plein emploi. Lors de mon entretien avec Emmanuel Macron, je lui ai dit que la confiance, c’est 50% du business. Quand un chef d’entreprise n’a pas confiance, il attend. La France est une Formule 1 avec un moteur bridé.» S’il voit de «bons signaux» dans l’arrivée d’Emmanuel Macron – «on a ouvert un courant d’air dans une chape de plomb» –, il avoue attendre «ardemment des ordonnances, des réponses pragmatiques et courageuses. Si le prix de la liberté est un monstre de complexité, cela n’ira pas et nous aurons toujours un Code du travail de 3 700 pages». En parlant d’une trilogie  – «l’économie humaine, l’économie d’innovation et l’économie respectueuse de l’environnement» –, Pierre Gattaz a rassemblé un parterre déjà conquis, en quête de changements dans un monde toujours plus rapide.

ENCADRE

« Mon campus numérique », une autre façon de se former

Le Medef a récemment lancé ‘Mon campus numérique », une plate-forme internet qui propose aux adhérents d’accéder gratuitement à des contenus pédagogiques en ligne, sous la forme de Mooc. Export, relations clients, innovation, excellence opérationnelle, numérique…, ce Campus «any time, anywhere, any devices» est doté de trois programmes : «la transformation numérique des entreprises», «les éléments clés de la compétitivité hors coût des entreprises» et «les mécanismes pratiques et leviers juridiques pour anticiper sa retraite et optimiser sa rémunération». Au total, une soixantaine de vidéo séquences, près de 400 minutes de cours en ligne, une étude de cas sous forme de dessin animé…

D.R.

Pierre Gattaz s'est volontairement plongé dans l'univers virtuel...