Jean Caby SA bénéficie d'une avance remboursable de 500 000 €

Quand la MEL veut illustrer sa nouvelle politique d’aides aux entreprises

Publié dans l'édition Nord N. 8841 par

La signature liant la Métropole européenne de Lille et l’entreprise Jean Caby pour la faire bénéficier d’une aide financière, sous forme d’avance remboursable de 500 000 € dans le cadre de son rebond industriel, a été l’occasion pour Damien Castelain, président de la MEL, de présenter sur le terrain le nouveau dispositif d’aides économiques aux entreprises que les élus communautaires ont adopté le 1er juin 2017.

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D.R.

De g. à dr., Frédérique Seels, conseillère métropolitaine déléguée au rebond industriel, Éric Steiner, PDG de Jean Caby, Damien Castelain, président de la MEL, et Alain Detournay, maire de Comines lors de la signature de la convention.

 

«Un beau bébé quand ce sera fini !» Tel était le sentiment partagé par tous ceux qui ont participé à la visite privée le 27 juin dernier de la future usine Jean-Caby, dont la construction a repris sur le parc Schumann à Comines. Une usine que le président de la Métropole européenne de Lille, Damien Castelain, à la tête d’une délégation qui comprenait aussi Frédérique Seels, conseillère métropolitaine déléguée relations aux entreprises, rebond industriel, commerce et artisanat, et Alain Detournay, maire de Comines, n’a pas hésité à qualifier d’«usine du XXIe siècle». «Ça va être une petite révolution par rapport à l’usine actuelle de Saint-André !» Un compliment qui a dû pleinement satisfaire Eric Steiner, PDG de l’entreprise, qui a rappelé qu’à sa première visite sur le site andrésien, il avait dit au directeur de l’usine :  »Qu’est-ce que vous allez faire de ça ? (…). Une usine construite en 1919 avec de nombreux rajouts, de façon totalement désorganisée… Rien à voir avec le concept actuel d’usine moderne.»

«Un vrai projet». Convaincu qu’il y a «un marché à développer très important (et) un retournement industriel à faire», Eric Steiner a expliqué porter «un vrai projet industriel, commercial et humain». Reconnaissant aussi avoir eu «quelques soucis (d’ordre financier) au passage (début 2017), avec des moments difficiles qui ont pu faire croire que le projet ne se ferait pas», Eric Steiner a salué ceux – les banques (Caisse d’épargne Hauts de France et Crédit agricole Nord de France), le fonds d’investissement (Predirec Leasing) et les investisseurs privés – grâce à qui «la mécanique a pu redémarrer« , ainsi que les collectivités locales qui «sont venues nous dire : on veut vous accompagner». Pour la MEL et la Région qui s’est engagée sur le même montant, cet accompagnement a pris la forme d’une avance remboursable de 500 000 €.

«Usine de la dernière modernité entièrement dédiée à la saucisse, que j’espère la plus belle en France et en Europe, d’une capacité au démarrage de 15 000 t avec l’objectif de passer rapidement à 20 000 t/an (…), on aura ici une usine – que ce soit clair pour tous – pour 100 ans encore», a assuré Eric Steiner, promettant une inauguration pour la mi-2018. Heureux et prometteur épilogue pour une société dont le chiffre d’affaires a crû de 20% en 2016 sur 2015 («on continue avec de nouveaux produits, avec de nouveaux marchés») et pour les 200 salariés qui, à la fin du programme de soutien, bénéficieront d’une période de cinq ans de maintien des emplois.

«Ce qui est fondamental, c’est l’emploi». Cette satisfaction de l’entreprise, Damien Castelain l’a partagée à sa manière en ce sens que «pour la Métropole, ce qui est fondamental, c’est l’emploi», avec aussi la promesse de «ne pas renouveler les erreurs du passé en utilisant la future friche dans un nouveau projet» de traitement urbain avec logements, espaces verts… «Si nous sommes ici, c’est pour montrer la nouvelle politique d’aides économiques pour les entreprises dans la Métropole», a expliqué le président de la MEL. Une politique délibérée et adoptée le 1er juin 2017 avec un message très clair : «des aides beaucoup plus lisibles et simplifiées par rapport à une jungle institutionnelle et administrative, plus adaptées aux attentes des entreprises puisque ciblées en fonction de leur taille, TPE artisanales ou commerciales, PME et grands groupes, et selon leur niveau de développement, création, développement, consolidation financière, outil d’aide à l’implantation, à l’innovation… Des aides conséquentes avec 3,2 M€ alloués par an, partenariales et coordonnées avec la Région, tout en étant autonomes et souples dans le cadre de la subsidiarité, et responsables puisque nous voulons dans un cadre gagnant-gagnant que l’entreprise garantisse le maintien de l’emploi».

De 1 600 à 2 000 emplois créés ou sauvegardés. Et le président de marteler : «Nous sommes vraiment tournés vers l’emploi. Il faut que chaque euro investi dans la Métropole soit dans l’emploi ou pour créer des emplois», avant d’indiquer que l’enveloppe de départ de 3,2 M€ annuels doit «permettre 1 600 à 2 000 emplois créés ou sauvegardés. Notre dispositif est à la fois défensif – c’est le plan de soutien –, et offensif – c’est l’aide à la création et à l’innovation. Il faut qu’on dépense cette enveloppe que politiquement nous avons décidé de mettre sur le monde des entreprises. Nous ciblons tous les types d’entreprises avec la volonté de capter celles qui ne sont pas chez nous pour une implantation, d’amener les PME à se développer, d’avoir des entreprises à soutenir dans le cadre du rebond industriel. Nous avons une vraie priorité : l’emploi industriel… Implanter, mais aussi soutenir, maintenir et développer. Aujourd’hui, nous voulons que les entreprises restent chez nous parce qu’elles y sont bien et nous les accompagnerons !».

 

ENCADRE

 

Un nouveau dispositif d’aides adapté aux entreprises 

Voté le 1er juin 2017 par le Conseil métropolitain, le nouveau dispositif d’aides économiques aux entreprises redéfinit la stratégie et les modalités d’intervention financière de la MEL. Elle participe au financement des aides mis en place par la Région. Cette démarche coordonnée doit faciliter l’accompagnement des chefs d’entreprise dans leurs demandes.

Le dispositif d’aides de la MEL, qui participe ainsi à l’attractivité de ce territoire, propose des aides différenciées et adaptées selon les tailles d’entreprises (TPE artisanales et commerciales, PME, grands groupes, entreprises de l’économie sociale et solidaire) et leur niveau de développement (consolidation financière, implantation, innovation).

Un budget total de 3,2 M€ par an est dédié à ce dispositif. Il se répartit en 2 M€ pour les PME/TPE, les grandes entreprises et les projets d’implantation, 1 M€ pour soutenir l’aide à l’innovation et 200 000 € pour les projets d’économie sociale et solidaire).

Le financement par avance remboursable est privilégié. Contrairement à une subvention attribuée progressivement en fonction des objectifs atteints par l’entreprise, elle est versée directement dans son intégralité.

Priorité pour la MEL, les projets soutenus doivent contribuer à la création et au maintien d’emplois avec une attention particulière portée aux projets développés en faveur du rebond industriel. Dans ce cadre, les dossiers instruits feront l’objet d’une évaluation tant économique, financière, stratégique, sociale qu’environnementale.

Ce dispositif d’aides économiques répond à trois axes stratégiques du Plan métropolitain de développement économique 2015-2020 : stimuler le développement des entreprises en soutenant financièrement leurs projets, concevoir un développement économique plus vertueux et respectueux des ressources naturelles par l’application de ces critères dans l’évaluation des dossiers et amplifier l’attractivité et le rayonnement de la Métropole par le soutien aux projets d’implantation.

Plus d’informations : Métropole européenne de Lille, direction des entreprises, serveco@lillemetropole.fr, tél : 03 20 21 23 19, www.lillemetropole.fr.