Site touristique départemental ValJoly (Avesnois)

Vers une délégation de service public «globale»

Publié dans l'édition Nord N. 8841 par

Après une nouvelle étude, le Département, lors de sa réunion du 3 juillet, a décidé d’uniformiser la gestion du site touristique en la confiant à un privé encore à trouver. L’intention est connue : réduire l’engagement financier de la collectivité.

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D.R.

Lors de la transformation de la base départementale de loisirs en station touristique. En 2008. Un site coûteux pour les finances départementales, qui n’a jamais trouvé ni son identité ni sa stratégie.

Lors de la dernière réunion du Conseil départemental, le 3 juillet, on a reparlé du site de ValJoly dans le sud de l’Avesnois. Un rapport signé de Jean-René Lecerf, le président, a été présenté. Dans l’Avesnois, ce site a déjà reçu bien des qualificatifs : «gouffre financier», «danseuse du Département»… L’acharnement quasi thérapeutique dont il a fait l’objet – en termes de financements publics et de communication – a eu le don d’exaspérer d’autres acteurs touristiques et économiques de ce petit territoire fort éloigné de Lille. Eux attendent toujours l’effet locomotive annoncé et constatent que cet équipement n’a jamais trouvé son identité. Evidemment, le rapport a employé des mots plus feutrés mais qui disent la même chose : «positionnement imprécis», «fréquentation trop faible», «équilibre économique difficile»… Avec, en chute, l’expression souvent entendue : «mais au potentiel certain» !

Dès les premières lignes, ce rapport fait référence à une baisse de charges et à des résultats nets positifs obtenus en 2015 et 2016 par le syndicat mixte (gestionnaire d’une partie du site) et affirme : «Cette évolution du site permettant une baisse de la contribution départementale doit être amplifiée et accélérée via des investissements privés et un mode de gestion plus efficient.» Ces propos interviennent à un moment où le Département fait des économies et doit se plier aux effets de la loi NOTRe.

 

Consultation en septembre. C’est dans ce contexte qu’il été décidé de mettre en place une concession de service public pour l’ensemble des activités et de trouver un délégataire privé. Le but est à la fois d’harmoniser les modes de gestion, de repenser la stratégie de communication et de réduire la participation financière du Département. La consultation devrait être lancée en septembre et la signature du futur contrat de concession aurait pour effet d’entraîner la dissolution de l’actuel syndicat mixte gestionnaire.

Rappelons que la base de loisirs départementale a été lancée en 1975, autour d’un lac artificiel EDF, et qu’elle est devenue «station touristique» lors de l’été 2008 avec l’ouverture du village, ses boutiques, ses restaurants, les cottages, le centre de conférences…

Les mois qui viennent seront consacrés à l’analyse des candidatures et des offres, aux négociations avec les candidats et à la mise au point du contrat final. Ce dernier doit être «effectif» au 1er janvier 2019.

 

La fin annoncée du syndicat mixte. Le syndicat mixte, créé en 1977, est composé des communes de Baives, Eppe-Sauvage, Liessies, Moustier-en-Fagne, Trélon, Wallers-en-Fagne et Willies. Il gère, pour sa part, le centre aquatique, l’aquarium, la base, la salle de spectacle. Depuis le basculement à droite du Conseil départemental, le syndicat est présidé par Mickaël Hiraux, maire de Fourmies.

Pour ses missions, le syndicat mixte touche une subvention annuelle (1,9 million en 2017) ainsi que les subventions des communes (8 000 euros en tout).

Le syndicat mixte employait 53 personnes à la date du 25 avril 2017. Parmi elles, 29 personnes relevant de la fonction publique territoriale. S’y ajoutent 8 personnes en CDI de droit privé, 6 en CDD de droit public (dont l’actuel directeur, qui part fin juillet), 5 personnes en CDI droit public, 3 personnes en contrat d’apprentissage, 2 personnes en contrat d’avenir. Pour ces personnels, la question est évidemment de savoir combien vont être repris, soit dans les services départementaux, soit par le futur délégataire.

 

Quel mode de fonctionnement ? Quels investissements ? Localement, des questions ont déjà été posées sur l’accès futur au site, sur ce qui restera gratuit, sur ce qui pourrait ne plus l’être. Autre interrogation : les tarifs qui seront pratiqués par le futur gestionnaire privé.

Des investissements sont à l’ordre du jour. A l’ouverture du cœur de station, en 2008, la réalisation d’un hôtel était déjà envisagée. On en reparle, tout comme de développer le tourisme d’affaires. Le rapport évoque aussi la modernisation du camping et souhaite que tout cela se fasse «sans investissement financier supplémentaire pour le Département».