L’ATELIER D’ANNIE À DUNKERQUE

Le goût de l’originalité

Publié dans l'édition Nord N. 8356 par

 

Vous devez être connectés pour visualiser cet article

C’est un peu difficile à croire, mais il y a encore cinq ans, Annie Darrou passait la majeure partie de son temps en blouse blanche à manipuler des automates. Technicienne de laboratoire en centre hospitalier depuis 1981, elle a pourtant choisi de tout plaquer pour tenter une tout autre aventure. “Il y a un moment dans sa vie où on fait le bilan de ce qu’on a fait et pas fait, de ce qu’on aimerait faire. Pour moi, c’était le moment où jamais : le milieu hospitalier finissait par me lasser et puis je ne voulais pas avoir à me dire un jour ‘si j’avais su…’. Comme j’ai toujours aimé la décoration, chiner et faire de la retape de meubles, et que les gens autour de moi m’encourageaient depuis longtemps à faire quelque chose dans ce domaine, j’ai fini par me lancer”, résume l’intéressée. Le cheminement a pris cinq ans pour aboutir, il y a quelques mois, à l’ouverture d’une boutique spécialisée dans la décoration d’intérieur. “Uniquement des choses originales pour que chacun puisse avoir son propre intérieur, un intérieur qui soit le reflet de sa propre personnalité. Je n’aime pas trop les standards”, insiste cette dernière. C’est donc à Dunkerque, “tout simplement parce qu’il y avait du potentiel”, qu’Annie Darrou décide de s’installer.

Objets de déco uniques. En marge du centre-ville, sur une artère qui conduit du coeur d’agglomération à la station balnéaire, L’Atelier d’Annie a fait de l’originalité son credo. En vitrine, des pièces rares et uniques interpellent l’oeil du chaland. Quand il franchit le seuil de la boutique, celui-ci découvre alors une pléiade d’objets déco “qui ne sont pas fabriqués à la chaîne”. Pour se différencier de la concurrence locale, l’ancienne laborantine mise sur l’artisanat, “ce qui permet de faire des demandes spécifiques, voire uniques”. Peinture sur porcelaine, verre de Murano, mobilier en métal, maroquinerie, vases, luminaires, meubles en bois, bougies parfumées, etc., dans son réseau : une quinzaine d’artisans rencontrés au gré de ses voyages et sorties. Dans son antre, les créations, toutes différentes, ont pour point commun de transpirer la finesse et la beauté. Comme un écho de son passage en laboratoire, où tout est précision, soin du détail et netteté.

Neufs ou customisés. En plus de tous ces objets façonnés aux quatre coins du pays, et jusqu’en Italie, Annie Darrou continue d’assouvir sa passion de la retape. “Je ne suis pas ébéniste donc je ne m’aventure pas dans la restauration : je fais du relooking de meubles, de la customisation”, insiste la créatrice. Dans sa boutique, on trouve toujours une poignée de pièces retapées par ses propres soins, des pièces chinées au fil de ses pérégrinations. Mais Annie Darrou peut aussi retaper vos meubles anciens : de la bibliothèque au guéridon en passant par le buffet, la table basse, etc. “Souvent les meubles anciens ont de très jolies formes mais ne sont plus forcément au goût du jour”, commente- t-elle. Pour les intégrer dans un intérieur d’aujourd’hui, il suffit simplement de savoir les réinventer. A partir d’une matière, d’une couleur, la créatrice laisse alors aller son imagination. Craquelé, patine, vernis, nouvelle quincaillerie, accessoires et autres cires finissent de donner du reflet à ces antiquités ainsi rajeunies. Parfois il n’est pas utile de tout changer : rajouter une pièce plus marquée, laisser une partie de bois apparente, repeindre l’ensemble… Pour ne pas se tromper, il suffit de prendre conseil auprès de la responsable de la boutique qui tient toujours un book de ses créations à disposition.