Dunkerque en pole position pourintégrer le cluster éolien France

Publié dans l'édition Nord N. 8358 par

 

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Le marché de l’éolien offshore se développe. L’Europe offre un terrain favorable pour la filière : des vents puissants et réguliers, associés à des espaces maritimes permettant l’installation d’éoliennes sur des surfaces de construction plus grandes, avec un impact visuel et acoustique moindre. Dunkerque est aux avant-postes des ports d’Europe du Nord, proche des projets éoliens offshore de la côte atlantique, de la façade Manche-mer du Nord jusqu’aux côtes anglaises, néerlandaises, allemandes et danoises.

Du fait du mix énergétique favorisant le nucléaire et l’hydraulique, la France a pris du retard sur ses voisins : Allemagne, Espagne, Danemark qui ont très tôt développé une industrie compétitive et exportatrice. Cinq clusters dédiés à l’offshore éolien ont déjà vu le jour : Le Havre développement, Néopolia, Bretagne pôle naval, l’Ecoparc de Blanquefort et Dunkerque promotion.

 L’enjeu pour le territoire est triple : développer une filière industrielle complète pour permettre à l’Europe et à la France d’atteindre leurs objectifs en termes d’énergies renouvelables, accroître le trafic maritime et dynamiser le bassin d’emploi par la diversification. Les besoins de l’éolien offshore recoupant en partie les savoir-faire de l’offshore pétrolier et gazier, Dunkerque dispose d’une concentration de compétences dans les secteurs de l’énergie, de la métallurgie, de la mécanique et de la logistique, et se positionne sur la fabrication de l’ensemble des éléments de la chaîne. Le territoire est l’une des plus grandes réserves foncières d’Europe avec ses 3 000 ha disponibles sur 7 000 ha de zone industrielle, permettant le stockage d’éléments considérables. Et son port en eaux profondes est dimensionné pour l’accueil des navires d’installations éoliennes. Les entrepôts logistiques proches du port bénéficient d’une main-d’oeuvre privée.

 Lors des journées techniques de l’éolien offshore, qui se sont déroulées au Kursaal, Michel Delebarre, le président de la communauté urbaine de Dunkerque, a rappelé qu’il ne s’agissait en aucune manière d’implanter un parc éolien au large mais de se positionner pour la fabrication et le transport des éoliennes. Un avis qui diverge du côté du représentant d’Areva qui a jugé le site dunkerquois “idéal pour une installation d’éoliennes offshore. Il ne s’agit pas d’opposer l’éolien et le nucléaire. Culturellement les Allemands sont plus développés dans l’éolien, la France doit aujourd’hui combler son retard ! Notre société, bien implantée en Allemagne, a pris une avance qui nous permettra de développer la filière industrielle sur le territoire et d’aller extrêmement vite pour développer les moyens en France. Il nous faut la meilleure synergie possible avec les ports français. La phase finale, l’installation du parc, se prépare le plus tôt possible. L’offshore est la catégorie supérieure à l’out shore. Nous sommes là dans le gigantisme : des éoliennes de plus de 200 m de haut à partir du fond marin. Il s’agit d’aspects très pointus, il y a toute la problématique des fondations à gérer, Dunkerque a tous les atouts. Il faudrait arracher aux élus une zone qui deviendrait ensuite la vitrine des compétences. L’appel d’offres français concerne 500 à 700 MW, 100 éoliennes, des kilomètres de câbles… Derrière il y a un projet en mer Baltique…”