Les avocats furieuxcontre le “décret-passerelle”

Publié dans l'édition Nord N. 8444 par

 

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L’assemblée générale du Conseil national des barreaux (CNB) se réunit une fois par mois. Les 80 membres, qui représentent les bâtonniers ou les organisations professionnelles et syndicats, y débattent de l’avenir de la profession d’avocat. Le président, entouré des dix autres membres du bureau, fait face à la salle, où siègent également le bâtonnier de Paris et le président de la Conférence des bâtonniers, représentant des barreaux de province. L’assemblée se déroule en deux séances de trois heures, le vendredi soir puis le samedi matin. Les échanges révèlent parfois des rivalités ou des conceptions différentes de la profession, mais se déroulent aussi à l’occasion dans une ambiance de chahut.
Ce vendredi 20 avril, avant-veille du premier tour de l’élection présidentielle, l’atmosphère est particulièrement détendue. L’actualité du moment est pourtant dominée par le “décret-passerelle”, cette disposition publiée le 4 avril dernier au Journal officiel qui dispense les personnes ayant exercé des fonctions politiques de l’examen d’entrée dans la profession d’avocat. Le décret, qui exige tout de même une maîtrise de droit et l’exercice de fonctions publiques pendant au moins huit ans, ressemble à s’y méprendre à une gigantesque opération de recyclage des anciens ministres et des parlementaires battus. Certes, la pratique consistant pour un responsable politique à intégrer un cabinet d’avocat existe déjà. Dominique de Villepin, Jean- François Copé ou Noël Mamère ont déjà profité de l’existence de “passerelles” entre leur profession d’origine et le barreau. Mais le nouveau décret institutionnaliserait et généraliserait la démarche. Eric Dupond-Moretti, avocat à Lille, s’est interrogé sur “cette possibi