Aquapris, ou la centralité audomaroise

Publié dans l'édition Pas de Calais N. 8443 par

 

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Sébastien Humbert, directeur scientifique de Quantis.

Sébastien Humbert, directeur scientifique de Quantis.

Si l’eau coûte moins France que dans les autres pays de la zone euro, son prix est une variable importante des coûts de fabrication pour les entreprises. Son rôle est majeur pour le développement des activités humaines. “Le coût de l’eau dépasse largement son prix, indiquent les organisateurs du forum. Comment l’évaluer et le faire baisser ? Quelles seraient les conséquences de nouvelles réglementations ? Faut-il optimiser les procédés de traitement, les process industriels, les usages de l’eau ou les produits eux-mêmes… Le coût de l’eau à court terme est-il l’élément déterminant de la stratégie à mettre en place ou d’autres enjeux à moyen terme impactent-t-ils plus profondément l’activité et l’attractivité des produits ?” C’est à ce type de questions qu’ont répondu la dizaine d’intervenants invités à s’exprimer. Une problématique redondante a jalonné la journée d’étude : l’analyse du cycle de vie, dite approche ACV. Appliquée à l’eau, la problématique est définie ainsi par Sébastien Humbert, cofondateur et directeur scientifique de la société suisse Quantis : “L’empreinte eau – ou waterfootprint – est le calcul de l’impact que les activités humaines ont sur l’eau en tant que ressource et écosystème. On considère l’eau comme un élément qui se renouvelle.” L’empreinte eau est un outil stratégique pour le développement et constitue un enjeu certain pour la performance des entreprises et des territoires. Parce que la région est riche en ressource eau, particulièrement l’Audomarois, Xavier Ibled, vice-président de la CCI Grand-Lille, a rappelé que le Conseil régional avait consacré ce territoire “pôle Eau”. Xavier Ibled a aussi prévenu qu’une région riche pouvait néanmoins rencontrer quelques problèmes comme en Flandres belges.

Démonstrations de logiciels. Quatre buts sont assignés à Aquapris : “l’éclosion de performances nouvelles, l’émergence d’un lieu B to B, la détection des potentiels de croissance et la reconnaissance de la centralité du territoire sur l’eau”. Celui-ci a montré des velléités dans la recherche publique sur l’eau, notamment sur les problématiques de dynamique de nappe, d’inondations, ou d’études sur certains polluants. La journée a été émaillée d’ateliers et de démonstrations d’utilisation de logiciels. L’entreprise Quantis a démontré son savoir-faire en matière d’évaluation des impacts avec son logiciel “Quantis Suite 2.0”. Cet outil collecte les données internet et fournisseurs, évalue l’empreinte des entreprises, les sites et les produits selon plusieurs standards et mesure les empreintes carbone et eau. Ce logiciel intègre le paramètre du coût en eau des activités économiques. Mais comment calcule-t-on l’empreinte eau ? “C’est une équation avec deux grands paramètres : les quantités de consommation relative au gramme de polluant par pied/carré”, explique le directeur scientifique de la société suisse. Quantis accompagne ses clients (dont 80% d’entreprises), de l’étude à la prescription de plans d’action.
Des ateliers portant sur les nouvelles obligations de mesures et de traitement des polluants et sur la préservation de la biodiversité (avantages, intérêts et pratiques pertinentes) ont également rassemblé la centaine de personnes présentes.