Défaillances

SOS entrepreneurs développeun Samu pour entreprises en détresse

Publié dans l'édition Nord N. 8380 par

 

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Une des dernières structures que SOS entrepreneurs a contribué à sortir de la tourmente est une TPE dunkerquoise spécialiste du lettrage. L’entreprise se trouvait alors au bord de la liquidation. Diversifier l’activité a été une des solutions mises en oeuvre. La TPE remontait la pente que déjà SOS entrepreneurs volait au secours d’une autre entreprise du BTP à Marcq-en-Baroeul. Bruno Delcampe, le fondateur de SOS entrepreneurs, affirme recevoir par jour au moins deux appels d’entrepreneurs en détresse. Depuis sa création, l’association est déjà venue en aide à une dizaine d’entreprises en région. Encore loin de la barre de 40, fixée en région avant son premier anniversaire. Pour relever ce défi, SOS entrepreneurs se démène en ce moment pour se doter des moyens de son action : le financement. Il faut au Zorro des entreprises en détresse lever 500 000 euros pour financer un mode d’accompagnement d’urgence appelé “Save & Up”, c’est-àdire “sauver et développer”. “Pour l’instant, nous recevons beaucoup de bonnes intentions de partout, mais ce qu’il nous faut ce sont véritablement des fonds”, affirme Bruno Delcampe.

L’action de SOS entrepreneurs estelle nécessaire quand on sait que les cellules de prévention des tribunaux de commerce et les centres d’information sur la prévention des difficultés des entreprises des CCI remplissent quasiment la même mission ? Sans hésitation, Bruno Delcampe répond par l’affirmatif. “Bien souvent, lorsque les chefs d’entreprise dans leurs difficultés se décident enfin à s’adresser à ces structures, il est déjà trop tard”, répond-il. Résultat : sur les nombreuses entreprises en grande fragilité économique, peu bénéficient d’un plan de redressement prévu par la loi de sauvegarde de 2005. L’accompagnement d’urgence “Save & Up” de SOS entrepreneurs a été construit autour des facteurs qui freinent le recours des chefs d’entreprise aux dispositifs d’aide. En son coeur, se trouve la confidentialité. “Dans le monde des affaires, il est difficile d’avouer que l’on rencontre de sérieux problèmes”, indique Bruno Delcampe. L’idée de devoir passer par un tribunal de commerce est “simplement épouvantable” pour bien des chefs d’entreprise. “C’est l’angoisse de révéler sa faiblesse”, indique le fondateur de SOS entrepreneurs qui en sait lui-même quelque chose car ayant dirigé une entreprise du secteur du BTP laquelle est passée par un redressement judiciaire. C’est d’ailleurs une des caractéristiques de cette association : être composée de chefs d’entreprise ayant surmonté des difficultés économiques dans leur parcours de patron. Rien qu’en Nord-Pas-de-Calais, le nombre de défaillances d’entreprises a progressé de 2,9% en 2010.

Contact :www.sos-entrepreneur.org.

Tél. : 06 15 24 19 77.