Présentation des concurrents 2011

Israel De Brito a flairé un conceptqui monte en flèche…

Publié dans l'édition Nord N. 8400 par

 

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La Gazette. Quel est votre parcours professionnel ?
Israel De Brito. J’ai arrêté après un bac professionnel en vente/ commerce pour des raisons familiales et économiques. Ç’a été à contrecoeur, je souhaitais suivre un BTS force de vente mais la vie en a décidé autrement ! J’ai commencé à travailler chez McDonald’s en cuisine. Puis je suis monté en grade pour devenir directeur de magasin pendant deux ans.

Vous êtes ensuite entré dans la grande distribution…
L’enseigne Carrefour embauchait des personnes avec au minimum un BTS. Mais j’ai eu le culot d’envoyer ma candidature. Mon expérience chez McDonald’s a comblé le fait de ne pas avoir le niveau d’études demandé. Chez Carrefour, j’ai géré un centre de profits : j’avais en charge le secteur “hors frais” qui réalisait 10 millions d’euros de chiffre d’affaires par an. J’ai occupé ce poste pendant dix ans. Et en 2005, j’ai eu l’idée de créer mon entreprise.

Comment est né ce projet ?
Un ami n’avait plus de points sur son permis, je lui ai suggéré d’acheter une voiture sans permis. A partir de là, j’ai pensé à la location, un marché encore peu développé. En parallèle de mon travail, pendant mes jours de repos, j’ai mené une étude de marché auprès de 1 000 personnes pour savoir si elles seraient intéressées par le service. Mais il persistait cette image négative de la voiture sans permis qui pétarade ! J’ai créé Moving Car en 2008, je me suis dit : “Pourquoi pas moi ?”.

Qu’avez-vous ressenti au moment du lancement ?
C’était un gros risque. J’en étais vraiment conscient, ainsi que ma famille. Mais aujourd’hui, on connaît une super aventure. Si c’était à refaire, je le ferais sans hésiter !

Comment se porte Moving Car ?
Nous venons de déménager rue Nationale à Lille, à côté d’Altermove (l’entreprise était domiciliée auparavant à Villeneuve-d’Ascq, ndlr). Ce déménagement a fait augmenter notre chiffre d’affaires de 70% ! Nous possédons un parc de 120 voitures prêtes à être louées. Avec cette boutique pignon sur rue, nous pouvons faire découvrir ce service aux personnes qui ne le connaissaient pas. Nos clients sont des touristes mais aussi des personnes avec permis. Car la vieille voiture sans permis, ça n’existe plus ! Ce n’est plus du tout ringard. Nous avons récemment ouvert une agence à Paris avec une trentaine de véhicules. On souhaite en ouvrir une autre dans la capitale, puis dans d’autres villes de France au rythme d’une agence tous les six mois.

Qu’attendez-vous des Victoires des autodidactes ?
Déjà, je suis fier d’y participer, de parler de mon entreprise plutôt que de moi ! Cela permettra de faire connaître encore plus Moving Car. Que je sois gagnant ou pas, peu importe : c’est une reconnaissance personnelle. Car le défaut d’un autodidacte, c’est peut-être de ne pas vouloir être mis en avant !

Comment définiriez-vous un autodidacte ?

Il doit se battre deux fois plus que quelqu’un qui a fait des études. Ça motive davantage ! Quand on prend des risques avec son propre argent, on fait encore plus attention. Mais il y a des sujets sur lesquels il y a des manques, notamment la finance. C’était difficile au début mais je me suis débrouillé, j’ai pris l’aide d’un expert-comptable. Je pousse mes enfants à faire des études parce que j’ai le sentiment que la réussite de demain passe par ça. Les banques sont de plus en plus réticentes à prêter quand on a des fonds propres assez faibles.

Vous avez dû davantage faire vos preuves. En quoi cela vous aide dans la gestion de votre entreprise ?
Je continue à négocier avec les fournisseurs comme si on était aux débuts de la société ! Ce serait une erreur de se dire que tout est acquis. Il faut être en veille permanente. Je préfère créer de l’emploi que de bien gagner ma vie. Le premier chèque que j’ai fait au premier collaborateur a été un fort moment d’émotion ! Aujourd’hui, Moving Car emploie sept salariés. Certes, j’ai eu des périodes de doute mais je n’ai jamais baissé les bras !