Jean-Claude Kindt, l’homme à latête des plus beaux hôtels lillois

Publié dans l'édition Nord N. 8400 par

 

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La Gazette. Vous avez exploré de nombreux domaines d’activité avant de vous lancer dans la promotion immobilière. Racontez-nous votre parcours en quelques dates.
Jean-Claude Kindt. Je suis né en 1947 dans une famille très modeste. A l’âge de cinq ans, j’ai été placé en pension, je suis allé à l’école des frères Saint-Pierre à Lille mais je me suis arrêté en troisième. En 1957, je suis entré à la Société générale, à Lille. Mais, à vrai dire, cela ne me plaisait pas tellement ! En 1959, mon oncle m’a proposé de travailler dans le négoce de textile. Pendant deux ans, j’ai fait les foires.

Puis vous vous êtes engagé dans l’armée…
J’avais envie de voyager. Je lisais beaucoup de romans d’aventure ! Dès 15 ans, je voulais m’engager mais j’étais trop jeune. Alors, dès que j’ai pu, je me suis engagé dans l’armée de l’air. J’ai fini 1er d’une promotion de 150 personnes, 2e en sport. Je voulais être para mais mes problèmes de vue m’ont écarté de cette voie. Quelle déception ! Je suis parti faire un stage à Saint-Cyr, mais finalement je n’étais pas fait pour rester dans un bureau.

Donc vous êtes revenu à Lille ?
Je me suis inscrit au Conservatoire national d’art dramatique à l’âge de 20 ans. Mon père était comédien. J’ai signé un contrat au Théâtre populaire des Flandres puis au Centre dramatique national du Nord. Je suis parti à Paris où j’ai travaillé en radio, au théâtre et au cinéma jusque dans les années soixantedix, où je décide de remonter dans le Nord retrouver mon épouse et mes enfants.

Vous retournez à vos premières amours, le textile…
Oui, pendant quatre ans mais j’avais toujours cette envie de faire le tour du monde ! Je suis parti un an mais il fallait bien recommencer à travailler ! J’aimais les vieilles pierres mais je n’y connaissais rien. J’ai rencontré Stéphane Motte, de Cogedim, qui m’a proposé de faire un stage en promotion immobilière pendant deux ans. Mais ce n’était pas moi qui construisait les projets, je les vendais. En 1982, j’ai lancé ma propre entreprise de promotion immobilière. Avec l’architecte Pierre-Louis Carlier, nous avons eu l’occasion d’acheter un terrain place Louise-de-Bettignies à Lille. Nous y avons construit un hôtel de charme trois-étoiles, l’Hôtel de la Treille.

Quelle était l’offre hôtelière de la ville à cette époque ?
Elle était assez pauvre. Il y avait le Bellevue, le Royal (aujourd’hui le Mercure derrière l’Opéra, ndlr) et le Carlton. D’autres établissements avaient émergé mais en périphérie. Nous avons basé notre projet sur l’hyper centre-ville et sur des bâtiments de caractère voire des monuments historiques. Dans les années quatre-vingt-dix, la mairie mettait en vente le couvent des Minimes. Nous gagnons le concours et l’hôtel ouvre après 14 mois de construction, en août 1990. C’était le premier hôtel quatre-étoiles de la ville.

Après avoir repris et restauré l’hôtel Bellevue à Lille puis l’ancien hôtel Picardy du Touquet et enfin l’hôtel Mercure de Dunkerque, une nouvelle étape se trace dans votre projet.
Oui, je m’associe avec Hubert Verspieren, un ami de la famille. C’est la période des grands développements : à Paris, à Gand, à Brugges, et toujours à Lille, bien sûr. En 2001, nous ouvrons l’Art Déco Romarin ; en 2002, le Crowne Plaza ; et en 2003, l’Hermitage Gantois. Il y avait beaucoup d’espaces à restaurer : la chapelle, la salle des malades, un grand salon avec des tableaux de l’école de Rubens… Aujourd’hui, l’hôtel compte 72 chambres.

La SLIH développe aussi des projets en dehors de la région.
Nous avons acquis en 2006 à Rouen l’Hôtel de Bourgtheroulde, classé Monument historique.Après sa restauration, nous en avons fait un cinq-étoiles, inauguré en juin 2010.

D’autres projets ?
Il va y avoir du nouveau à l’Hermitage Gantois. Des travaux devraient commencer en mai 2012 pour créer, à côté de l’hôtel, un Spa et y ajouter 17 chambres.

Malgré un manque de formation, vous avez appris beaucoup par vous-même.
Oui et je ne regrette rien. Grâce à mes nombreux métiers, j’ai dû apprendre très vite, j’ai appris à me battre. Etre bon en affaires, c’est créer de l’emploi avec des équipes motivées et pas uniquement pour l’argent. Il faut s’accomplir.

Qu’attendez-vous des Victoires des autodidactes ?
Une reconnaissance, un peu comme quand on reçoit la Légion d’honneur !