développement durable

Calais va construireson premier écoquartier

Publié dans l'édition Pas de Calais N. 8389 par

 

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C’est un lieu bien connu à Calais. L’entreprise de bâtiment Thélu y a eu très longtemps son siège social avant que son déménagement n’ouvre la voie aux centaines de migrants qui en ont fait un squat. Autour, les maisons abandonnées sont aussi devenues des refuges. Plus loin, au bout de la rue Descartes, la plupart des services publics de Calais : impôts, gendarmerie, Caf, Caisse primaire d’assurance maladie… En face, le canal de Calais sépare le quartier Descartes du centre-ville : Cité internationale de la dentelle et de la mode, médiathèque, cinéma d’art et d’essai… Pour en faire un nouveau quartier, la ville présente de réunion publique en réunion publique son projet d’écoquartier, avec 350 logements à construire (dont 20% de logements sociaux) composés de maisons de ville, duplex, appartements… Et il y a urgence car la ville perd ses habitants, surtout ses cadres. Calais a répondu à un appel à projets ministériel pour labelliser son projet et se faire financer. Un temps envisagée, la rénovation de certains éléments du quartier a été abandonnée car “trop vétustes” selon les services de l’urbanisme. Idem pour la maison de l’ancien maire Gaston Berthe, fondateur d’une entreprise de dentelle partie depuis à Caudry. La “friche Thélu” a donc été rasée. Aujourd’hui, quatre hectares attendent les futures constructions.

Des prix de vente bloqués. Pour Calais, c’est d’abord une question d’image. “Il s‘agit tout d’abord de participer à la revalorisation de l’image de la ville grâce à un projet emblématique, respectueux des enjeux actuels et futurs du développement durable. Le projet est mené pour les futurs habitants mais aussi pour les riverains du quartier, soucieux de voir leur qualité de vie améliorée, face à une friche qui ne dynamise pas l’image actuelle de la zone. Il est également question, avec ce projet, de répondre à la politique de peuplement engagé par la ville, désireuse de conserver une population en centre-ville et d’en attirer de nouvelles afin de créer une mixité sociale et générationnelle”, indique la municipalité. Calais veut aussi garder la main sur l’ensemble d’un projet évalué à 4 millions d’euros. “La ville de Calais prévoit de participer à hauteur de 1,2 million d’euros. Cette participation permet de maintenir les prix de sortie qui seront pratiqués par les promoteurs immobiliers et de rendre ainsi le quartier accessible à une large population de Calais et de ses alentours”, lit-on encore dans le communiqué. En décembre dernier, les chiffres étaient sensiblement différents. Les promoteurs du projet parlaient de 5,4 millions d’euros dont 2 millions d’euros devaient servir aux acquisitions foncières ; 500 000 euros pour les études et la conception définitive du projet ; 1,6 million d’euros pour les terrassements et la voirie ; et enfin 1,3 million d’euros pour le mail et les espaces verts. Concrètement, la municipalité s’accorde avec les propriétaires fonciers et les constructeurs dans un partenariat public/privé. Une convention garantit la vente des logements “en termes (…) de prix des terrains, surfaces, financement des équipements et prix de vente des logements”. La collectivité est le maître d’ouvrage des équipements. Charge aux promoteurs immobiliers de financer les études nécessaires à la réalisation du projet et l’aménagement des espaces publics, des voiries et des espaces verts. La ville a établi une fourchette pour le prix de vente d’une maison : entre 150 000 et 200 000 euros. Le plafond de vente du mètre carré a été fixé à 2 400 euros maximum. Pour attirer de nouveaux habitants, Calais table aussi sur l’écologie urbaine : efforts liés aux déchets, à l’éclairage public, à la gestion des eaux pluviales, des espaces verts… Une étude technique sur l’utilisation des énergies renouvelables est d’ailleurs en cours.

A la recherche d’un bien-être urbain. Calais veut construire mais aussi se ménager des espaces urbains conséquents. Allées de promenade, aires de jeux, espaces de détente et jardins privés sont au programme et prendront un quart de la surface totale du projet. Une réflexion sur les transports doux (Vél’in) a conduit la ville à développer l’idée d’une navette fluviale, d’une passerelle surplombant le canal et permettant de rejoindre plus rapidement le centre-ville voisin. Toutefois, la place donnée aux voies de circulation sera réduite au minimum nécessaire aux accès. Une zone 30 est également prévue. Enfin, les berges du canal seront réaménagées et offrir un cadre attractif. L’écoquartier doit de même répondre aux objectifs de mixité et de qualité des logements. L’ancrage des bâtiments devra s’intégrer harmonieusement dans le contexte urbain et une attention particulière sera apportée aux matériaux, aux couleurs, à la hauteur, et aux espaces communs et privés. La municipalité s’est adjoint les services de l’intercommunalité Cap Calaisis pour réaliser l’appel à projets ministériel. Cap Calaisis est également missionnée pour chercher des financements et veiller au respect des plans de déplacement urbain et du plan local de l’habitat. Bien que non imposé, un avis de l’architecte des Bâtiments de France a été sollicité. Enfin, Calais travaille en partenariat avec la Centrale de création urbaine qui réunit les promoteurs immobiliers. La ville pense pouvoir obtenir des fonds européens au titre de projet innovant. Volonté bien compréhensive mais les écoquartiers sont légion dans la région.