Des acteurs économiques tunisiens en visite à Calais

Calaisis initiative développeses réseaux à l’international

Publié dans l'édition Pas de Calais N. 8405 par

 

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La révolution à Calais ? Pas pour l’instant mais la délégation tunisienne d’acteurs économiques qui a passé une semaine dans le Calaisis n’a pas perdu son temps. Des rencontres tous azimuts ont en effet émaillé leur passage, tant à Paris qu’en province. A Calais, huit représentants d’offices tunisiens comme l’Agence nationale de l’emploi et du travail indépendant ou la Banque centrale tunisienne ont écouté avec intérêt la présentation de Calaisis initiative menée par son fondateur, Michel Lemaire. “Nous avons franchi un premier cap quand des moyens humains nous ont été affectés. Sur les courbes, on le voit très bien. A chaque entrée d’un salarié, le nombre de projets soutenus s’accroît fortement.” Vingt ans après sa création, Calaisis initiative octroie aujourd’hui 500 000 euros de prêts d’honneur annuels à plus d’une centaine de porteurs de projet. L’effet levier est conséquent avec près de sept euros levés pour un euro mis par Calaisis inititative.
Avec les Tunisiens, les relations datent de plu-sieurs mois. A deux reprises, l’équipe de Calaisis initiative s’est rendue à Tunis pour renseigner sur son métier de base : le soutien financier aux porteurs de projet de création, de reprise et/ou de transmission d’entreprise. De fait, les structures partagent les mêmes problématiques. “Comment agissez-vous sur le terrain de la sensibilisation, de l’information ?” questionne l’un des visiteurs. “Le potentiel de personnes pouvant créer est là et il n’est pas aisé de les atteindre. Il y a plusieurs relais d’information pour faire savoir que des soutiens sont là pour les porteurs de projet. Il vous faut aussi savoir que nous sommes une région qui est en bas du tableau des régions françaises créatrices d’entreprises”, répond Michel Lemaire.

Des problématiques communes.Quelle influence avez-vous sur la nature des projets que les personnes vous apportent ?” demande encore un cadre tunisien. Et Michel Lemaire de répondre : “On travaille avec les élus sur les besoins du territoire. C’est la problématique de l’innovation. Mais les porteurs de projet ont d’abord une idée qu’ils souhaitent mener à bien et qui n’entre pas forcément dans ces attentes-là. L’important est que le projet soit viable.
Les Tunisiens ont également des structures de soutien à la création d’entreprise et développent des politiques visant à favoriser les TPE et les PME. Ainsi, la Banque tunisienne de solidarité (BTS) appuie-telle les microprojets et l’autoemploi. Comme à Calais, le suivi est personnalisé et l’évaluation continue. Avant la révolution du début 2011, un autre dispositif trustait les soutiens aux créateurs : le 26-26, taxe sur les revenus mise à la disposition totale et opaque de l’ex-président Ben Ali. Implantée sur tous le territoire, la Banque postale tunisienne est un partenaire régulier de ces actions de soutien qui profitent d’abord aux gens formés voulant s’installer à leur compte. Autre population cible, les personnes handicapées.
Les conditions d’éligibilité reposent sur le non-accès au crédit bancaire, la capacité professionnelle à mener à bien son projet, l’exclusivité du temps consacré au projet, et le fait d’être âgé de 18 à 59 ans. Les crédits de la BTS sont plafonnés selon les porteurs de projet : 25 000 dinars tunisiens (50 000 euros) pour les diplômés de la formation professionnelle, et jusqu’à 100 000 dinars (200 000 euros) pour ceux issus de l’enseignement supérieur. Ces financements servent essentiellement d’investissement dans les outils de production. La BTS finance également le fonds de roulement avec un plafond de 15% du total du projet. Contrairement au prêt d’honneur de Calaisis inititative, les Tunisiens pratiquent un taux maximum de 5% et cadrent le remboursement sur une période allant de 2 à11 ans. Si à Calais, on choisit de “faire confiance” au porteur du projet (taux zéro, aucune garantie), la confiance a cependant des limites et le porteur qui ne partage pas le risque a peu de chance d’être éligible.