L’Edhec inaugure un campus flambant neuf à Paris

“L’esprit d’entreprise a marquéà jamais l’ADN de l’Edhec”

Publié dans l'édition Nord N. 8426 par

 

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L’Edhec occupe le premier étage sur 1 500 m2, juste en dessous du journal Les Echos. Le Centorial abritait auparavant le Crédit Lyonnais. Après un incendie en 1996, l’ensemble a été réhabilité.

L’Edhec occupe le premier étage sur 1 500 m2, juste en dessous du journal Les Echos. Le Centorial abritait auparavant le Crédit Lyonnais. Après un incendie en 1996, l’ensemble a été réhabilité.

Bien évidemment, Edhec Business School était déjà présente à Paris, mais, étonnamment, il lui manquait de “vrais” locaux. Les étudiants avaient cours dans une université partenaire ou à La Défense. Depuis le 16 février, ils pourront désormais prendre leurs quartiers au 16-18 rue du 4-Septembre dans le 9e arrondissement. Ce cinquième campus de 1 500 m2 fait partie des trois “executive campus” (à la différence des “campus académiques” de Lille et Nice) après Londres et Singapour. Les executive campus sont exclusivement dédiés à la formation continue et à l’apprentissage, idéalement situés pour leur proximité avec les sièges sociaux des entreprises. Le campus de Paris accueille ainsi 200 étudiants en apprentissage – 100 en deuxième année, 200 en troisième –, qui travaillent trois semaines en entreprise, une semaine à l’Edhec. Deux amphis, une salle de formation et, surtout, un centre de recherche en économie occupent les 1 500 m2 de ce bâtiment haut de gamme inondé de lumière, occupé auparavant par le Crédit Lyonnais. Résolument tourné vers les entreprises, un incubateur héberge aussi les étudiants à l’âme entrepreneuriale, également installés sur le campus de Lille.

Une équipe de recherche au top.L’Edhec a d’abord choisi un développement sur ses deux campus académiques de Lille et de Nice avec respectivement plus de 3 000 et 2 000 étudiants, ainsi que l’ensemble du corps professoral. En 2005, nous avons eu une ambition internationale. Notre volonté ? Etre présent dans les villes qui incarnent la mondialisation comme Shanghai, Londres, Singapour, Paris… Nous avons implanté nos executive campus à Londres et Singapour, des lieux où les entreprises ont une bonne raison de venir, soit pour des activités de recherche, soit pour suivre une formation continue”, détaille Olivier Oger, son directeur général. Les centres de décision de l’économie française étant, il faut bien l’avouer, plus présents à Paris qu’à Lille, il était dans la logique de la business school de s’implanter durablement dans la capitale, et surtout avec un lieu identifiable. Première business school pour la recherche en finance et en économie, l’Edhec accorde une place prépondérante à ses chercheurs, une douzaine sur le campus parisien. “La recherche est un point clé de notre stratégie. La publication est un point de départ. Ce qui compte, c’est de savoir comment la recherche va être utilisée dans les entreprises. Je veux que nos enseignants chercheurs participent au débat public”, ajoute-t-il. Le centre de recherche en économie planche sur plusieurs thèmes macroéconomiques : financement et réforme de la protection sociale et ses conséquences sur le marché de l’emploi, politique de l’emploi et de la formation tout au long de la vie, financement de l’enseignement supérieur et immobilier. Une expertise largement reconnue par la communauté académique internationale : l’Edhec figure à la 22e place dans le classement SSRN1 Top International des Business School et à la 2e place en France après l’Insead (Institut européen d’administration des affaires). La contribution des entreprises à la recherche représente aujourd’hui 6,2 millions d’euros sur un budget total de 10,6 millions. Parmi les 95 entreprises partenaires, 80% sont internationales.

Formation continue. Plus de 1 000 dirigeants suivent chaque année une formation continue à l’Edhec avec, à la clé, l’obtention d’un MBA (master of business administration). Edhec Management Institute, dirigé par Benoît Arnaud, est le fruit de la fusion, l’an dernier, du Management Institute of Paris (MIP) et des activités de formation continue du groupe Edhec. Ce centre de formation, installé dans ses nouveaux locaux parisiens, propose en complément de ses offres MBA (Global MBA et Executive MBA), un Advanced Management Programme fondé sur des méthodes innovantes d’enseignement et d’apprentissage des techniques de management : embarquement à bord d’un navire de la Marine nationale pour une session de “management sous tension”, session d’une semaine dans la Silicon Valley, etc. ainsi que des formations très spécifiques comme le certificat de management des risques criminels (comment gérer les risques dans les pays où l’entreprise s’implante ?). “Nos formations ont pour but, non d’aligner des formations théoriques, mais de pousser les cadres et dirigeants à sortir de leur zone de confort, à les projeter dans des situations inconnues”, explique Benoît Arnaud. “Les campus de Londres, Singapour et maintenant de Paris sont nos ambassades auprès des entreprises et des institutions. L’Edhec a été fondée il y a 100 ans par des entrepreneurs du Nord2. Cet esprit d’entreprise a marqué à jamais l’ADN de l’école”, a rappelé Olivier Oger.

75 millions d’euros de budget. L’Edhec revendique depuis de nombreuses années son indépendance financière. Son budget de 75 millions d’euros – qui a doublé ces cinq dernières années – est le deuxième budget des grandes écoles de commerce françaises. Un tiers provient des entreprises, 20% est investi dans la recherche. L’installation pérenne à Paris marque une nouvelle fois la volonté de l’Edhec de s’inscrire en France mais aussi à l’international, avec constamment, en toile de fond, le lien de l’école avec les entreprises.

1. Social Science Research Network. 2. L’Ecole des hautes études commerciales du Nord a été fondée en 1906 à Lille.