Financement

L’Adie veut interpeller les candidatsà la présidentielle sur le microcrédit

Publié dans l'édition Nord N. 8426 par

 

Vous devez être connectés pour visualiser cet article

 

L’Adie a rencontré les candidats à la création dans les agences Pôle emploi.

L’Adie a rencontré les candidats à la création dans les agences Pôle emploi.

Adapter les dispositifs de financement à la création d’entreprise au public en situation de précarité. C’est la ligne force du livre blanc du microcrédit que l’Adie élabore en ce moment et qui sera remis ce début mars aux candidats à l’élection présidentielle. L’Association pour le droit à l’initiative économique (Adie) entend ainsi obtenir des simplifications pour les profils d’entrepreneur qui représentent son public d’intervention : les personnes exclues du marché de travail et du système bancaire classique. L’Adie qui défend ainsi “l’entrepreneuriat populaire” trouve que les dispositifs classiques d’aide à la création destinée en général aux demandeurs d’emploi ne sont pas suffisamment accessibles aux porteurs de projet en situation de précarité. “Prenons l’exemple du Nacre1. C’est un dispositif avec une certaine complexité administrative, explique Fabrice Tallandier, directeur régional de l’Adie. Or, dans notre public d’entrepreneurs, un porteur de projet sur deux n’est pas diplômé et sait juste ‘lire, écrire et compter’. Près de 9% sont illettrés.” Et selon l’Adie la majorité des projets qui bénéficie de ce même dispositif de Nacre totalise des financements d’au moins 60 000 € “sans différé de remboursement”. “Or, 53% des projets représentent des financements à moins de 8 000 €.” Sans parler des modalités de paiement des charges sociales que l’Adie trouve également “trop complexes” pour les entrepreneurs en situation de précarité. “Notre proposition c’est que soient mis en place des dispositifs spécifiques aux petits porteurs de projet en situation précaire.” Une autre des propositions est d’étendre aux entrepreneurs individuels la simplification des modalités de paiement des charges sociales dont bénéficie le régime de l’autoentrepreneur.

220 contacts. La rédaction du livre blanc, lequel devra renfermer l’ensemble de ces propositions sur le microcrédit accompagné, a démarré le 8 février dernier à Sciences- Po Paris lors d’un “colloque inversé” où des créateurs ont témoigné de leurs parcours. C’est l’un des moments forts de la 8e Semaine du microcrédit déclinée en Nord- Pas-de-Calais à travers une dizaine d’opérations. L’événement qui se déroule habituellement en juin a été avancé en février, du 6 au 10, en raison du calendrier électoral (élections présidentielle et législative). Autre changement dans cette édition : l’Adie a choisi de rencontrer les candidats à la création d’entreprise dans les espaces de ses partenaires que sont les agences Pôle emploi et la CCI Grand-Lille. Une disposition qui s’est révélée judicieuse en raison de la vague de froid de ce début février qui aurait empêché le public de se rendre dans les classiques chapiteaux dressés dans les rues. Durant les cinq jours, l’agence régionale de l’Adie a pu ainsi nouer quelque 220 contacts et pris une centaine de rendez-vous. Généralement, les surlendemains de la Semaine du microcrédit se traduisent par des recrudescences d’activité pour l’Adie à “environ 50% de dossiers en plus”. L’an dernier, l’Adie a accordé 661 microcrédits (hausse annuelle de 30%) d’un montant moyen de 2 318 €. La structure de microcrédit pourrait mieux faire en 2012. Car la Banque populaire du Nord, partenaire de l’Adie, s’est montrée encore plus généreuse cette année portant à 500 000 € ses lignes de crédit mises à la disposition de l’association. Soit une hausse de plus de 30%.

1. Nouvel accompagnement pour la création et la reprise d’entreprise.