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Mise en conformité d’accessibilité :il est encore temps !

Publié dans l'édition Nord N. 8430 par

 

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Exemples de bonne prise en charge des poteaux avec boules contrastées.

Exemples de bonne prise en charge des poteaux avec boules contrastées.

La Gazette. Quel est votre mission au sein du CETE ?
Odile Vidal-Sagnier. Je suis chargée de l’accessibilité et de la diffusion de cette politique publique dans les cinq départements que couvre le CETE Nord-Picardie. Concrètement, ma mission est de faire connaître la réglementation et son application. J’interviens régulièrement sur les salons professionnels ou auprès de l’ordre des architectes pour donner des conseils et mettre en avant les bons exemples de mise en conformité pour mieux les partager.

Où en est l’avancée de la mise en conformité dans la région Nord- Picardie ?
Il y a beaucoup de retard encore ! Et ce ne sont pas forcément les plus petites collectivités qui sont les plus en retard. En 2005, la Commission pour l’accessibilité des personnes handicapées dans les communes de plus de 5 000 habitants notait que seulement 60% des travaux avaient été faits. En 2008, le schéma directeur des transports en commun qui aurait dû être réalisé à cette date ne l’était pas dans 20% des communes. Enfin, en 2009, seulement 50% des plans de déplacement et de chaînes de déplacement des voieries et espaces publics sont mis en place.

Comment expliquez-vous ce retard ?
La plupart des communes ne savaient pas par quoi commencer. Beaucoup ont attendu de voir les premières expériences pour s’en inspirer. Il faut dire que le dossier est complexe et touche toutes les composantes de l’environnement urbain : bâtiments, voiries, aménagements, équipements. Cela implique aussi un certain budget. Mais on peut déjà commencer par des actions de sensibilisation du public aux handicaps, elles ne coûtent pas chères. Je trouve d’ailleurs que de gros progrès ont été faits depuis 2005 : le vivreensemble est en train de s’installer.

Quels conseils pouvez-vous donner aux communes qui ont encore tout à faire ?
Le plus difficile à faire est de mettre en oeuvre le diagnostic d’accessibilité réalisé dans la commune. Il faut mettre en place un groupe de travail dédié en mairie, constitué d’un élu, de techniciens et de toutes les bonnes volontés (associations de parents d’élèves, de commerçants, d’usagers des transports en commun, etc.). Et bâtir un plan d’action. On peut se tourner vers la DDTM (ex-DDE) qui peut donner des conseils et connaît bien le terrain. Il faut surtout travailler avec bon sens : réfléchir sur la hiérarchisation des espaces ou des bâtiments concernés en se choisissant des critères. Qu’est-ce qui est le plus important pour ce lieu : sa fréquentation, son type de public, sa pérennité, le type des services rendus, etc. ? A chacun de juger, selon son histoire et ses enjeux. Le but est d’arriver à ce que la prise en compte des personnes handicapées soit naturelle.

Y a-t-il des exemples à suivre, que vous pourriez citer ?
A propos de la mise en oeuvre des premiers travaux, il y a cette petite commune à côté de Metz (Guinkirchen) qui a rassemblé toutes les bonnes volontés autour du maire, un samedi après-midi, pour prendre des photos sur des itinéraires qui avaient été priorisés : il s’agissait de faire un état des lieux pour prendre des résolutions. A propos d’une mise en conformité aboutie, la communauté de communes de Dunkerque a édité un guide très complet, concret et fonctionnel des trois ans de son travail sur ce sujet. Il est disponible sur Internet.

Contact : odile.vidal-sagnier@developpement- durable.gouv.fr