Première rencontre régionale de l’économie à la CCI Grand-Hainaut

“Ne pas céder au pessimisme !”

Publié dans l'édition Nord N. 8430 par

 

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Marie-France Demonchy, CCI Région : “N’hésitez pas à vous mettre au web, le e-commerce se porte bien !”

Marie-France Demonchy, CCI Région : “N’hésitez pas à vous mettre au web, le e-commerce se porte bien !”

Dans une conjoncture marquée par la crise financière, les entreprises et leurs partenaires publics ont besoin de disposer d’un tableau de bord qui reflète l’évolution de leur environnement et permet d’anticiper. Pour Christophe Duthilleul de la Banque de France, “nous ne sommes pas dans la situation de 2009, nous avons de la croissance et des opportunités, il ne faut pas céder au pessimisme”. Il faut soutenir les TPE, les aider à émerger, être plus présent à l’export, soutenir la création d’entreprise, les projets de reprise surtout : “sachez que près d’un dirigeant sur cinq songe à transmettre son entreprise, ça n’est pas rien !”, souligne le banquier. Pour compléter le tableau, il estime que l’innovation doit être encouragée ainsi que les mises en place de réseaux, de grappes d’entreprises. Selon lui, même si le Nord-Pas-de-Calais enregistre un fort taux de chômage, la reconversion progresse. Et Christophe Duthilleul d’évoquer les atouts du Valenciennois : la toute prochaine Serre numérique, la Fabrique à images, le canal Seine-Nord…
Une relative résistance en Nord- Pas-de-Calais – et en Grand- Hainaut –, mise aussi en avant par la CCI Région : ainsi pour Marie-France Demonchy et Jean-Louis Guérin, l’année 2011 a été marquée par le retour des turbulences financières, particulièrement en zone euro, avec une croissance estimée pour la France à +1,7%. Tous deux notent que pour la région Nord- Pas-de-Calais, l’année s’est achevée sur une note positive : près de la moitié des dirigeants se sont déclarés satisfaits du courant d’affaires réalisé, mais à un niveau qui reste cependant bien en deçà de celui d’avant-crise.

Un rebond qui reste fragile. En Grand-Hainaut, après le recul observé en 2009, succédant à quatre années d’activité soutenue durant lesquelles le solde d’opinions positif oscillait entre 30 et 40%, le niveau d’ensemble a retrouvé l’équilibre en 2010 et affiche en 2011 une nette amélioration (+20 points). Un rebond qui reste fragile au regard des prévisions formulées par les dirigeants pour 2012. Alors que les secteurs liés à l’économie résidentielle sont toujours à la peine, ce sont essentiellement les secteurs productifs qui ont tiré cette amélioration.
Force est de constater que l’ensemble des indicateurs demeurent à des niveaux peu encourageants, tant pour la consommation des ménages que pour les investissements et l’emploi. Deux hypothèses peuvent s’envisager : le canal du crédit ne se tarit pas, auquel cas les coupes dans les projets d’investissement et de dépense des entreprises comme des ménages restent modérées ; ou bien le stress sur les marchés financiers et le secteur bancaire ne faiblit pas et les conséquences négatives sur l’évolution du crédit et sur la croissance seraient majeures. L’incertitude ambiante, à laquelle s’ajoute l’amenui-sement des carnets de commandes, n’incite guère les dirigeants à formuler des perspectives favorables pour les prochains mois : seulement un sur cinq table sur une hausse du chiffre d’affaires.

Des disparités selon les secteurs. Si le jugement d’ensemble exprimé par les chefs d’entreprise de la région sur les évolutions à venir s’assombrit et devient même négatif (pour la première fois depuis 2009 !), il est à noter que les perspectives pour 2012 varient énormément selon les secteurs d’activité. En effet, si l’industrie, les services aux entreprises et le commerce de gros affichent encore un optimisme fort (en dépit de premiers signes défavorables sur les carnets de commandes), le BTP et le commerce de détail s’attendent en revanche à une nette dégradation de leur activité, tandis que dans les secteurs des hôtels-cafés-restaurants et des services aux particuliers, les prévisions sont à l’équilibre.
Toutefois, il ressort de cette enquête de conjoncture de fortes inquiétudes en matière de trésorerie et de rentabilité. Sans surprise, les activités directement en prise avec les ménages sont les plus affectées par ces difficultés économiques. Ce contexte financier tendu a d’ailleurs conduit à la réactivation et à l’intensification de plusieurs dispositifs de soutien aux entreprises pour les aider à surmonter ces effets de la crise. Les pouvoirs publics devront donc veiller à éviter tout resserrement préjudiciable du crédit qui obérerait les opportunités de reprise.
Ces prévisions plutôt sombres sont à tempérer, tant les incertitudes liées aux évolutions de la crise de la zone euro et aux élections à venir sont importantes. Elles dressent le tableau d’une économie essoufflée et vulnérable. Par ailleurs, aucune reprise marquée n’est attendue sur le front de l’emploi ou de l’investissement alors même que les niveaux de départ étaient déjà relativement faibles.
Dans ce contexte délicat, l’action publique doit plus que jamais se redonner comme priorité le développement économique. Profiter des nombreux atouts et des grands événements à venir (ouverture du Louvre- Lens, Canal-Seine Nord…) constituera certainement la clé du rebond.