Les entreprises tardent à s’y implanter

Manque de lisibilité à Coeur d’Ostrevent !

Publié dans l'édition Nord N. 8432 par

 

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Sur la ZA De Sessevalle, arrivée de la SME.

Sur la ZA De Sessevalle, arrivée de la SME.

Certes, le grand patron de Toyota Boshoku, équipementier fournissant à la Yarris 3 et à la prochaine hybride des plafonds et des fauteuils à partir de la zone de la Renaissance (Somain-Aniche), est venu en personne inaugurer l’usine de Siéto (ex-Faurecia) en janvier dernier, ainsi qu’un bâtiment totalement rénové pour fabriquer des filtres à air. Certes, la bonne nouvelle de l’allongement de la ligne de tramway de Douai jusqu’à Aniche est enfin tombée… Mais globalement les élus sont déçus. Le développement économique est à l’évidence de plus en plus présent à l’esprit de tous à Lewarde, siège de CO. Le président Jean- Jacques Candelier, le vice-président Christian Bruneel chargé de l’économie et Bruno Lamiaux, dynamique directeur du service du développement économique, ont beau multiplier plaquettes, articles dans le magazine communautaire et rencontres avec les entrepreneurs, à l’arrivée, deux zones sur quatre restent à occuper.

Pas mal de mouvements internes mais peu d’arrivées. La plus petite (2 ha), dite de la Tréfilerie à Marchiennes, devait être comblée par Alchym (mobilier pour laboratoires) et finalement, c’est à Somain, sur la ZA De Sessevalle, qu’elle s’installerait sur 10 054 m2 pour y construire un bâtiment abritant 33 salariés et des activités de fabrication et de stockage demandant du foncier. La Tréfilerie serait prise en totalité (une première !) par une moyenne surface du groupe Intermarché déjà présent sur Masny et Somain. En revanche, à De Sessevalle, des bonnes nouvelles sont enregistrées : de nouveaux locaux construits par SME (montages électriques, précédemment au centre de Somain) sur plus de 3 000 m2, l’agrandissement de Noé-Noé, clinique vétérinaire, et l’arrivée de Planète forme sur une parcelle de 2 745 m2.
En face, de l’autre côté de la A21 qui devait être le vecteur du développement économique de CO, sur la ZA la plus ancienne et la plus peuplée, La Renaissance, le géant du béton PE, des granulats et du ciment Vicat est installé depuis quelques mois. Doublement de surface pour Pro à Pro distribution (alimentaire hors foyers), soit un bâtiment de 4 000 m2 pour plus de stockage et une meilleure distribution. Cette PME envisage d’ici trois ans d’être à 62 salariés. Nouveau bâtiment aussi pour Cergnul construction, acquisition de son voisin CDNI par Dimaplast (retraitement des plastiques) et investissement de 300 000 € dans un nouveau process. Enfin, extension sur 3 125 nouveaux mètres carrés d’Aniche diffusion (33 salariés) avec possibilité de diffuser de nouveaux titres de la presse papier, via un nouveau bâtiment de 300 m2. Au chapitre des confirmations, le Holding AB finances, constitué des trois sociétés (Aphymtec, Aivetec et Auptinov), quitte le Village entreprises mais fait construire à côté.

L’aide d’un cabinet et une situation à clarifier. Mais alors d’où vient cette insatisfaction qui se cache de moins en moins au sujet de ce territoire, lui qui voilà peu de temps signait son contrat local de développement économique validé par la Région ? En fait, de trois choses dont seulement deux revêtent un caractère économique. Ni la ZA de Barrois, ancien carreau de fosse de Pecquencourt réhabilité selon les normes environnementales les plus récentes, ni la partie d’extension totalement viabilisée de La Renaissance ne séduisent le moindre arrivant. Les faits sont là ! S’agissant de la première – qui plus est placée en ZFU, 90 hectares dont 80 utiles et divisés en parcelles, dans un cadre majestueux et bien desservi –, deux ans ont été perdus à solutionner un problème peu courant : déménager ou s’accommoder de la présence, certes bucolique mais bien encombrante, d’une colonie de batraciens de la meilleure espèce… L’aménageur Adévia a beau communiquer tant et plus, l’entrepreneur se fait désirer. Second point noir : les 67 hectares d’extension de La Renaissance qui, selon un premier aménageur que les élus de Coeur d’Ostrevent ont été forcés de quelque peu dessaisir du dossier, aurait nécessité (s’il avait abouti) un investissement de 110 M€ pour une activité hébergée dans six superbes bâtiments dédiés à la logistique sur 250 000 m2. Grandiose mais aujourd’hui l’accès de cette partie de La Renaissance est barré par un terre-plein et quelques panneaux, non loin d’une autre grande parcelle qui devait être investie jusqu’à 2010 par Stadsbader, le géant flamand des matériaux de TP, sa filialle Billon l’ayant devancé mais n’occupant qu’une très faible partie de cette parcelle. Ostrevent développement a été prié dorénavant de travailler en concertation avec Adévia.

Audit et incertitudes. Les élus ont donc commandité à un cabinet un audit et des préconisations. Le verdict ferait apparaître de mauvais choix politiques : trop d’insistance à attirer des activités de logistique, pas assez de recherches d’éco-activités (en construction notamment), de PME artisanales diversifiées mais développement durable, et insuffisamment d’activités de services. La crise a frappé CO comme d’autres territoires avec, il est vrai, un zeste de malchance supplémentaire puisque la grande zone de logistique de La Renaissance pâtit des incessantes hésitations stratégiques de la SNCF qui ne voudrait plus exploiter l’ancienne gare de triage de Somain toute proche, ce qui était un élément capital pour la réussite des projets de CO. Mais depuis l’examen par la CDCI des modalités de la réforme territoriale, deux événements ont encore brouillé la lisibilité de ce territoire. D’une part, le souhait du président Candelier de rejoindre la toute proche CA Porte du Hainaut, à la surprise générale, ce qu’a refusé le préfet arguant qu’il ne souhaitait pas tailler dans les arrondissements. Et depuis, la volonté clairement affichée de plusieurs communes de quitter CO et de rallier d’autres intercommunalités. Faut-il chercher là la frilosité des entreprises ?…

Service de développement économique : 03 27 71 37 63.