Note de conjoncture trimestrielle de l’Insee

La région demeure atone

Publié dans l'édition Nord N. 8434 par

 

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Rien ne va plus. La situation économique mondiale a confirmé sa mauvaise tenue : les pays européens restent paralysés par le problème des dettes souveraines et de leur impact budgétaire. Au 3e trimestre 2011, la zone euro a connu un repli de production industrielle “relativement prononcé (-2%) qui devrait se prolonger avec une ampleur similaire sur les deux trimestres suivants”, escompte la note de conjoncture de l’Insee. Un contexte récessif ressort des mesures du PIB : “Après une très faible croissance au 3e trimestre 2011, elle serait en retrait de 0,3% au 4e trimestre et de -0,2% au 1er trimestre 2012.” Tous les pays ne sont pas touchés de la même manière. Sont fortement impactées l’Espagne, et l’Italie. Sont moins touchées l’Allemagne et la France. “L’économie française a plutôt bien résisté : le PIB progresse de 0,2% au quatrième trimestre 2011”, rassurent les auteurs de la note. En 2011, la croissance française aura été de 1,7%. Si les dépenses d’investissement des entreprises se sont mieux portées, le marché du travail poursuit sur la même pente en atteignant 9,8% des actifs, en hausse de 0,1%. La perspective en 2012 n’aidera pas le candidat Sarkozy : le chômage dépassera les 10% et la région n’échappe pas à ces perspectives. “Les chefs d’entreprise nordistes font état d’un affaiblissement de la demande. Les carnets de commandes se dégarnissent et sont considérés comme très peu étoffés. Dans le domaine du bâtiment, en lien avec des dispositifs fiscaux revus à la baisse, les professionnels expriment leur appréhension et la crainte d’une année 2012 particulièrement peu dynamique. Sur le marché du travail, les créations nettes d’emplois se sont interrompues.” Résultat, le nombre de demandeurs d’emploi est à son pic avec 233 000 personnes sans emploi en janvier 2012.

Industrie et services en berne. Les activités industrielles et les services ont des perspectives “peu favorables”. A cet égard, l’enquête trimestrielle de conjoncture nationale dans l’industrie montre que les entrepreneurs de l’industrie manufacturière interrogés en janvier 2012 jugent que “leur activité passée a faibli au dernier trimestre 2011”. Témoins, les stocks de produits finis qui demeurent supérieurs à leur niveau de longue période : les carnets de commandes se restreignent et sont qualifiés de “peu étoffés”. Dans la région, même refrain : “La tendance régionale de l’activité industrielle s’inscrit totalement dans ce contexte en fin d’année 2011. En effet, les entrepreneurs de l’industrie manufacturière régionale font état d’un affaiblissement du niveau de leur activité passée. Les perspectives générales émises par les industriels régionaux sur l’évolution à court terme de l’activité dans son ensemble s’orientent vers un nouveau recul au 1er trimestre 2012 et se situent à un niveau très inférieur à leur moyenne de long terme.” Pour autant, la baisse tend à ralentir depuis la fin de l’année dernière. En janvier, l’enquête de conjoncture donnait à voir une “relative stabilité de leur activité au quatrième trimestre 2011 par rapport au précédent”. Mais “les professionnels des services sont désormais plus nombreux à juger négativement leur activité future”. Au plan national, les mêmes estiment que “l’activité a légèrement augmenté en fin d’année, mais leurs anticipations d’activité pour les mois à venir sont orientées à la baisse”. Les deux enquêtes mensuelles de décembre 2011 et janvier 2012 le confirment. Dans le secteur du bâtiment, le climat est meilleur mais reste fragile car même si les carnets de commandes sont “bien garnis” (six mois), les perspectives restent “réservées”. Le dernier trimestre 2001 s’est inscrit dans la continuité du 3e trimestre : activité faible. L’année avait pourtant bien commencé d’après les professionnels régionaux. Quatre ans après le début de la crise, l’impact reste perceptible et “les entrepreneurs craignent une nouvelle baisse d’activité à court terme”. La bonne nouvelle du secteur tient à l’activité de la construction neuve qui affiche de nouveaux résultats en hausse au 4e trimestre 2011. “Le nombre de logements mis en chantier progresse de 48% par rapport au 3e trimestre et celui des permis de construire continue d’augmenter pour le 2e trimestre consécutif (respectivement +9,3% et +13,8%).

Le marché du travail continue de se dégrader. Sur le plan de l’emploi, “le taux de chômage régional est stable alors que le national est en légère hausse au 3e trimestre 2011. Le taux de chômage provisoire reste à 12,6% de la population active en Nord- Pas-de-Calais (9,3% en France métropolitaine)”, observent les statisticiens de l’Insee. En affinant les résultats dans le Nord, le taux de chômage est légèrement supérieur à celui du Pasde- Calais mais l’écart tend peu à peu à se résorber. “Le taux de chômage reste stable ou diminue au sein de toutes les zones d’emploi de la région. Le taux de chômage s’échelonne ainsi de 7,8% pour la zone Flandre-Lys à 15,8% pour la zone d’emploi de Calais.” Tous les territoires sont en orange ou rouge, à l’exception des deux îlots à l’intérieur des terres (voir carte). La région totalise un nombre de demandeurs d’emploi de catégorie A élevé, avec 227 473 personnes à la fin du mois de novembre 2011, soit une hausse de +1,2% par rapport à octobre 2011. En un an le nombre de demandeurs d’emploi de catégorie A a augmenté de +3,3%. Par rapport au 3e trimestre 2007, l’augmentation est de plus de +30%. Les entreprises restent donc dans le doute et les intérimaires sont largement sortis des effectifs depuis l’été dernier. Au 3e trimestre 2011, l’emploi salarié privé dans le Nord-Pas-de- Calais a très peu reculé (-0,2%) après quatre trimestres consécutifs de croissance. Qu’en déduire sinon une réserve toujours marquée pour les entreprises… De plus, tous les secteurs d’activité sont orientés à la baisse : les services décroissent pour la première fois depuis trois ans (-0,1% contre +0,7% au 2e trimestre), le commerce se trouve également en net retrait (-0,3% contre +0,8%). La construction et l’industrie enregistrent respectivement un repli moins marqué (-0,1% contre -0,3% au 2e trimestre, et -0,3% contre -0,5%). Globalement, le temps reste nuageux pour l’économie régionale. Les dispositifs d’aide n’y suffiront pas. Et la relance n’a pas le loisir d’attendre la fin des deux prochaines campagnes électorales.