Un Fablab débarque à Bruay-la-Buissière

Initier la population à l’usage des nouvelles technologies liées à l’industrie

Publié dans l'édition Pas de Calais N. 9632 par

 

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D.R.

Le Fablab de Nabil Haihat s’adresse aux particuliers, aux entreprises mais aussi aux associations.

Les quartiers des Alouettes et de la Gare évoluent et se redynamisent. Ainsi, l’ancienne friche Plastic Omnium se situe en phase de reconquête. Une piste de karting s’est installée depuis quelques années et des initiatives solidaires viennent compléter l’offre de services sur place. Le Fablab, qui ouvrira ses portes en juin prochain, constitue le dernier exemple en date d’émergence d’initiatives sur ce secteur urbain. Le concept de Fablab se répand progressivement, d’ailleurs on en recense pas moins de 400 en France. Le Fablab se définit comme un atelier de fabrication numérique qui se destine au grand public comme aux entreprises, associations… Cette initiative revêt la forme d’une société coopérative d’intérêt collectif. «Nous nous inscrivons dans le cadre de l’économie sociale et solidaire. Le Fablab permet de donner à la population  les moyens  de réaliser ce dont elle a besoin en utilisant des technologies  numériques. Les gens peuvent ainsi fabriquer de leurs propres mains des objets personnalisés, reproduire des choses existantes ou encore donner forme à un prototype avant qu’il ne soit produit à plus large échelle. On se situe dans une logique de production de choses», explique Nabil Haihat, l’un des fondateurs du projet. À une époque où les avancées technologiques cavalent, le Fablab veut éviter qu’un fossé numérique se creuse et il vise à démocratiser les nouvelles technologies.  

Mutualiser des moyens. Une dizaine de machines sera disponible au Fablab, essentiellement des outils de dernière génération tels qu’une imprimante 3D, une découpeuse laser ou encore une fraiseuse numérique… Parallèlement, un atelier avec de l’outillage classique sera également implanté au sein de la structure. Le Fablab constituera un lieu de transmission de savoir-faire afin de rendre les gens autonomes face à l’usage des nouvelles technologies. Il reste avant tout un lieu de mutualisation de moyens. Cette expérience se veut citoyenne et vecteur de lien, elle doit permettre aux habitants de se rencontrer, d’échanger et, pourquoi pas, de monter des projets communs.  

Afin de maîtriser ces outils nouveaux, le Fablab dispensera des formations. «Nous initierons les usagers à la conception assistée par ordinateur et à la fabrication assistée par ordinateur. Ce service peut intéresser des structures qui accompagnent des demandeurs d’emploi», souligne Nabil Haihat.    

L’utilisation des machines sera proposée en libre-service, les personnes pouvant les louer. Les clients pourront aussi s’acquitter d’une inscription qui leur permettra d’utiliser régulièrement le Fablab.

Durant la Semaine de l’industrie, les habitants de la communauté d’agglomération de Béthune-Bruay Artois-Lys romane ont découvert le site en avant-première. Une opportunité pour aiguiser les appétits, mais également pour recueillir des avis. «On souhaite compléter le parc machines. Par conséquent, nous n’hésitons pas à demander aux visiteurs de quels outils ils souhaiteraient disposer au sein du Fablab. À ce sujet, nous avons lancé une enquête sur notre site indelab.fr», précise Nabil Haihat. Le Fablab devrait rapidement trouver sa place dans le tissu urbain et son attractivité sera sans doute renforcée par l’aménagement d’un espace de coworking dans le même  bâtiment.