l’éoindustriechimique À Calais

Graftech anticipeen attendant la reprise

Publié dans l'édition Pas de Calais N. 8427 par

 

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Frédéric Royal, directeur du site de Calais.

Frédéric Royal, directeur du site de Calais.

S’adapter et anticiper : le nouveau directeur de Graftech, Frédéric Royal, en a bien conscience. Présent sur le site depuis 15 ans, il vient de succéder au directeur général parti prendre d’autres fonctions en Suisse. Après trois ans de crise en dents de scie, l’activité du site calaisien du géant américain est actuellement en phase de ralentissement. “En 2008, la crise a frappé brutalement l’activité. Nous avions perdu 40% de nos volumes quasi-instantanément. Depuis la fin de l’année 2011, c’est une simple baisse qui s’annonce au vu de la conjoncture économique mondiale. Personne n’a de véritable visibilité”, explique le dirigeant. Le site de Calais est entièrement dédié à la fabrication d’électrodes en graphite à destination de l’industrie sidérurgique. Les énormes pièces cylindriques qui attendent sur les espaces du site servent au fonctionnement des fours à arc électrique qui produisent l’acier. A ce titre, Graftech est un parfait indicateur de l’activité industrielle mondiale : 70% de sa production calaisienne est acheminée par mer vers les cinq continents. Le site calaisien est taillé pour produire 45 000 tonnes par an de graphite tandis que son homologue espagnol peut grimper à 75 000 tonnes annuelles. Mais à Calais, on produit les électrodes de diamètre important (jusqu’à 750 mm) alors qu’en Espagne il s’agit de petits formats. Les deux sites européens du groupe constituent encore la majorité des activités de Graftech International. Pour autant, l’avenir se joue dans les matériaux graphites dits “avancés”. “C’est la division de l’avenir. Le marché des énergies nouvelles ouvre de belles perspectives. Il y a de nombreuses pièces conductrices de courant dans l’éoindustrie lien. Dans le domaine du solaire, nos produits entrent dans la composition des moules à silicium, matériau de base des panneaux photovoltaïques. Pour l’électronique grand public, il y a aussi du graphite dans les composants”, énumère Frédéric Royal. Mais le site de Calais n’aura pas ce secteur d’activité.

Graftech continuera d’investir à Calais. Calais est avant tout un site de production de matériaux à vocation industrielle. Ce ne sont pas du tout les mêmes équipements, sauf pour le premier stade de transformation. Ce n’est pas l’ambition du site de Calais : ici, nous devons nous spécialiser dans les électrodes de gros diamètre”, explique le dirigeant. Les fours des clients ont tendance à grossir et à être taillés pour produire plus et économiser l’énergie : les électrodes doivent ainsi suivre le mouvement. Ce secteur d’activité forme aujourd’hui 85% du chiffre d’affaires du groupe et continuera très probablement à demeurer son coeur d’activité. Graftech vient de passer trois ans à redresser la barre. Fin 2011, le niveau d’activité approchait celui d’avant la crise de 2008. Mais une nouvelle décrue s’annonce. Pourtant, “2011 a été une bonne année après deux années très sévères”, indique Frédéric Royal. Sans avoir de prise sur la conjoncture internationale, le site calaisien s’est tourné vers une démarche d’amélioration continuelle. Sur les aspects sécuritaires d’abord : “aucun accident avec arrêt depuis 20 mois”. Sur la qualité et la fiabilité de ses équipements : “nous avons un degré d’exigence qui va parfois au-delà du Mase”. Sur la production aussi : “des gains de productivité, des réductions importantes au niveau des déchets”. Quid de 2012 ? Les utilisateurs d’acier souffrent, leurs fournisseurs aussi… “On s’organise, nos équipes se concentrent sur l’essentiel. On décale des recrutements prévus, on se sépare des personnels intérimaires…” Frédéric Royal reste cependant optimiste : “Graftech continue d’investir sur le site. On développe les outils qui nous permettent de produire des électrodes de 75 mm. En 2012, le groupe investira.” Pour rester ancré dans son territoire, Graftech continue d’accueillir les élèves des établissements scolaires du Calaisis. De quoi faire naître des vocations pour demain…