Issue du regroupement des Caisses d'épargne Nord France Europe et Picardie

Une nouvelle ambition portée par la Caisse d’épargne Hauts de France

Publié dans l'édition Nord N. 8830 par

 

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D.R.

De g. à dr., Léon-Sylvain Lentenois, secrétaire du COS et président du Comité RSE/Sociétariat, Christine Goeury, Max Becherand, Yves Hubert, président du COS, François Codet, Valérie Raynaud, Alain Denizot et Michaël Kervran. Manque sur cette photo Philippe Lamblin, vice-président, président délégué du COS, en déplacement à l’étranger.

 

Evoqué à la fin de l’année 2015 et nourri depuis sa mise sur les rails en février 2016 par l’approbation exprimée par les deux conseils d’orientation et de surveilance (COS), le projet de rapprochement des deux Caisses d’épargne, présentes l’une sur le Nord – Pas-de-Calais et en Belgique, l’autre sur la Picardie, a abouti le 29 avril 2017 à la création juridique de la nouvelle entreprise Caisse d’épargne Hauts de France, avec effet au 1er mai. C’est ce jour-là qu’à Tilloloy, dans la Somme, les assemblées générales des deux Caisses ont approuvé le traité de fusion. Depuis, et jusque début juin, la nouvelle banque entame une puissante campagne de communication et d’image à travers plusieurs médias – affichage urbain, 2 800 points d’affichage dans la région mais aussi en gare du Nord, presse, télévision et réseaux sociaux –, pour faire partager, à la fois par sa clientèle, mais aussi par ses collaborateurs, cette transformation et les enjeux fondamentaux qu’elle induit de proximité et d’engagement.

Pourquoi cette fusion ? «Ce projet stratégique et offensif trouve son origine dans un monde qui se transforme de façon considérable, explique Yves Hubert, président du COS de la nouvelle entité, qui est en pleins bouleversements à la fois sur le plan des comportements sociétaux, de la révolution technologique que nous vivons, des métiers et des cadres réglementaires de plus en plus contraignants. Si l’on veut rester dans le match, nous devons apporter à nos clients les services qu’ils attendent, il nous faut mettre en place des moyens humains et financiers considérables. Nous avons décidé cette réunion de nos deux établissements pour encore mieux coller aux territoires de la région et surtout pour allier leurs compétences et se doter de la force nécessaire pour être plus fort demain qu’aujourd’hui, par rapport à tous les défis à relever et entraîner la satisfaction de nos clients.» Signe de proximité, la nouvelle Caisse est l’héritière d’un maillage fin de 356 agences sur l’ensemble du territoire et d’une transformation réussie en banque coopérative en 1999, avec aujourd’hui une présence sur l’ensemble des clientèles, la plus récente étant celle des entreprises. 

«Ce projet, nous l’avons nourri depuis 18 mois», a encore indiqué Yves Hubert en évoquant les étapes clefs de la création de la Caisse, saluant au passage la nomination d’Alain Denizot comme chef du projet en mai 2016 : «Président du directoire de Nord France Europe, il connaissait bien les deux entreprise pour l’avoir aussi été de la Caisse Picardie de 2008 à 2011. Cette connaissance a permis, avec ses équipes et son fort engagement personnel, de mener à bien ce projet dans des délais tout à fait raisonnables.

Pourquoi maintenant ? Sans doute n’y avait-il pas urgence à unir «les deux meilleurs établissements du groupe sur les critères économiques et commerciaux», à considérer que généralement, quand deux entreprises se rapprochent, c’est qu’elles sont, ou l’une des deux, en difficulté… «On voit bien que cette fusion ne répond pas à une logique défensive, mais que c’est la conscience des enjeux et des défis qui sont devant nous qui nous a poussé à mettre en commun les forces de ces deux entreprises pour être encore plus performant demain…», indique Yves Hubert quand Alain Denizot précise, alors que la fusion paraissait inéluctable aux équipes dans un horizon visible de trois à cinq ans compte tenu du contexte, s’être interrogé sur le pourquoi de cette attente de trois à cinq ans «alors qu’on a tous les atouts, qu’on n’est pas du tout le dos au mur». Autrement dit par Yves Hubert : «Par rapport aux défis, il nous a semblé important d’essayer d’être au maximum en anticipation, et pas en réaction dans trois à cinq ans. Aujourd’hui nous avons la capacité à être beaucoup plus innovant dans un monde qui demande beaucoup plus d’innovations et non pas à être en repli sur soi, et à mieux appréhender les défis qui sont devant nous…

Les instances dirigeantes. Le premier Conseil d’orientation et de surveillance qui s’est tenu le 29 avril a élu Yves Hubert, président du Conseil d’orientation et de surveillance – il était précédemment président de celui de la Caisse d’épargne Picardie, et Philippe Lamblin, vice-président, président délégué alors qu’il était président du COS de la Caisse Nord France Europe.

Ce même Conseil d’orientation et de surveillance a également nommé les cinq membres du directoire, pour un mandat de cinq ans, à savoir comme président (fonctions de contrôle, audit, secrétariat général, communication, qualité, stratégie et transformation digitale) Alain Denizot et comme membres Christine Goeury, en charge du pôle Ressources et Conduite du changement (RH, organisation, informatique, environnement de travail, sécurité), Valérie Raynaud, en charge du pôle Banque de détail (particuliers, professionnels, patrimonial), François Codet, en charge du pôle Finances et Engagements, et Michaël Kervran, en charge du pôle Entreprises, Institutionnels et Territoires. Cette équipe dirigeante est complétée d’un directeur général adjoint, Max Becherand, en charge du pôle Supports et Opérations Clients (back et middle office avancés, ingénierie bancaire, financement, paiements, placements, flux).

Une grande banque… La Caisse d’épargne Hauts de France se positionne parmi les plus puissantes Caisses d’épargne en France avec 2,5 millions de clients, 356 agences et 734 automates bancaires sur l’ensemble du territoire régional, 10 Centres d’affaires (dont une succursale à Bruxelles), 3 300 collaborateurs, et aussi 450 000 sociétaires, 31 sociétés locales d’épargne et 480 administrateurs.

En chiffres clés consolidés (IFRS) à fin 2016, ses résultats et ses fondamentaux économiques la positionnent au 1er niveau des établissements bancaires avec des encours de crédit à 20,6 Mds€, des encours de collecte à 35,7 Mds€, un produit net bancaire (PNB) à 740 M€, un résultat net à 197,4 M€, un coefficient d’exploitation (ratio charges/PNB) de 59,5%, des capitaux propres à hauteur de 3,5 Mds€ et un ratio de solvabilité (core Tiers 1) supérieur à 25%. «Nous sommes une des plus puissantes Caisses d’épargne de France, s’est félicité Yves Hubert, la deuxième avec plus de 10% de l’ensemble des Caisses d’épargne, derrière l’Ile-de-France qui pèse 12 à 13%.» Et comme le dit Alain Denizot, «notre socle de développement, c’est de pouvoir financer l’économie régionale. Notre objectif, c’est que l’économie régionale se porte bien ou mieux, cela facilite notre activité…».

Une nouvelle organisation. Qui dit fusion, dit aussi réorganisation. «Nous avons eu l’idée de déployer une organisation à plat, explique Alain Denizot. Notre enjeu, c’est à la fois de grandir pour bénéficier d’économies d’échelle, de puissance, d’efficacité, de permanence d’activités, et de rester une banque de proximité, de faire en sorte que l’accroissement de taille ne se fasse pas au détriment de la proximité des équipes, des territoires et des clients.» D’où la construction d’une organisation avec seulement deux niveaux hiérarchiques entre le collaborateur opérationnel en agence ou des services du siège et l’équipe de direction générale, basée sur un schéma délégataire qui met la décision au plus près des clients, à hauteur de 85 à 90% en agences et de 50% en centres d’affaires pour les décisions de crédit, sans que tous les pouvoirs soient concentrés sur Lille. Ainsi, toute la filière de décision et d’engagement crédit se trouve basée à Amiens.

Autre logique d’organisation, l’affectation d’un seul métier à un seul endroit, logique sous-tendue par celle du maintien des bassins d’emploi, de l’acquisition d’une spécialité durable d’exercice professionnel et d’un objectif de gain de productivité. «Pour gagner en productivité, il faut rassembler les forces, les métiers sur un seul site, ce qui nous a conduit à un très gros chantier RH en réponse au très gros accompagnement des collaborateurs dans leurs attentes et dans nos propositions.»

C’est ainsi qu’Amiens accueille les filières crédit, flux paiement, conformité bancaire, informatique, qualité et une partie de l’animation commerciale et des équipes audit, soit un total de 350 personnes, et que Lille et Lens accueille les fonctions risques, commerciales support (marketing, animation, pilotage), financières, RH et organisation, soit un total de 550 personnes.

De telles transformations ne sont pas sans incidences sur le personnel. Ce sont ainsi quelque 340 personnes qui vont devoir changer de métier sur les bassins de Lille et d’Amiens. Une enveloppe de 1 M€ sur 2017-2018 y sera consacrée en sus de l’investissement formation récurrent de 2 M€/an. Par ailleurs, conséquence des gains de productivité, le nouvel établissement s’inscrit dans un projet de décroissance d’effectif de l’ordre de 15 à 20% sur les fonctions supports, 900 collaborateurs, soit une trajectoire de moins 180 à l’horizon 2019 «sur une base de départs naturels, pyramide des âges et turn-over». Sans fermeture de site donc, mais avec la perspective d’un nouveau siège à Lille à l’horizon 2021, l’actuel ne correspondant pas aux nécessaires activités collaboratives et ne disposant pas d’amphi par exemple. «Ce nouveau siège signifie plus de modernités, d’outils internes, comme un restaurant interentreprises, et surtout est l’opportunité d’incarner la nouvelle Caisse dont le siège est à Lille.» La Caisse d’épargne Hauts de France ne manque ni de défis ni d’ambitions !