À Harnes, avant son meeting de Liévin

Xavier Bertrand en visite chez McCain

Publié dans l'édition Pas de Calais N. 8429 par

 

Vous devez être connectés pour visualiser cet article

 

A l’intérieur du site de McCain à Harnes.

A l’intérieur du site de McCain à Harnes.

La visite de Xavier Bertrand, ministre du Travail, de l’Emploi et de la Santé, sur le site de l’usine McCain de Harnes a pris du relief après le passage obligé le long de la chaîne de production, avant une discussion avec des représentants syndicaux et des salariés. La chaîne de production forme un ensemble de tapis qui s’entrelacent au gré des machines qui traitent la pomme de terre. Le calibrage ne retient que les plus gros tubercules. Les pommes de terre filent à plus ou moins brève allure entre les étapes de lavage (en circuit fermé), d’épluchage et de cuisson à la vapeur. A Harnes, 27 tonnes sont intégralement traitées toutes les heures. Tout au long de la chaîne, on remarque que très peu de pommes de terre portent des tâches. La réponse se trouve un peu plus loin : après avoir été coupées, elles arrivent sur un tapis qui les charrie grâce à un courant d’eau. Après le découpage en frites, ces dernières sont poussées par un courant d’air : sans tâche et calibrées au millimètre. Magique ? Pas de révélation de la part de la direction : “secret industriel, pas de photo”. La technique pour faire les frites s’apparente à un ponçage réglé par reconnaissance visuelle sur les pommes de terre qui passent à un endroit de la chaîne. Un scanner ? Nouveau sourire de la direction…

“Elle est là, la France qui travaille”. L’ensemble du circuit met en mouvement 400 000 tonnes de pommes de terre qui entrent et 200 000 qui ressortent empaquetées, en cartons palettisés. Le site a compté jusqu’à 700 salariés et se décompose en deux lignes pour frites et deux lignes pour flocons. “Nous avons des tailles différentes : des 6/6 mm, des 9/9 mm ou des 11/11, explique-t-on. Il y a une quinzaine de tailles.” Venu défendre l’action du gouvernement, Xavier Bertrand a répondu, après avoir dégusté quelques frites, aux questions de salariés réunis par les soins de la direction. “Je suis venu vous parler des gens qui travaillent. On n’en parle pas assez.” Avec franchise, un ouvrier rétorque : “Elle est devant vous la France qui se lève tôt. On donne, on donne, on donne… Qu’est-ce que vous faites ?” Après avoir retourné la question, le ministre interroge : “C’est combien la progression des salaires ici cette année ?” Et Anne-Sophie Fontaine, directrice de la division France-Belgique de McCain de répondre : “2,2%.”
On aurait bien aimé bénéficier de la proposition de répartition des bénéfices (lancée par Nicolas Sarkozy en 2009) : un tiers pour les actionnaires, un tiers dans l’investissement et un tiers pour les salariés”, lance Dany Coolen, secrétaire du comité d’entreprise du site. Fin novembre dernier, après l’échec des négociations avec la direction, l’usine était en grève pendant quatre jours, suivant un autre site dans la Marne. La CGT voulait 10% d’augmentation, la CFDT avait obtenu 2,68% (primes comprises). Au final, l’augmentation aura donc été de 2,2% en 2012. Le ministre est passé trois mois après… en pleine campagne électorale.