Boule de poils :un service à l’animal tout doux

Aller promener le chien à la place du maître,
s’occuper aussi des chats et des NAC (nouveaux
animaux de compagnie, dont les reptiles),
assumer des pensions à domicile si besoin…
Tel est le métier d’Anaïs Vasseur, avant tout
une grande passionnée du monde animal. Elle
n’hésite pas à couvrir toute la métropole lilloise
pour proposer ses services.

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Un métier venu des USA. Le métier est bien connu aux Etats- Unis. En France, on commence à faire appel à des personnes certifiées pour les sorties de nos petits amis à quatre pattes. Une formation est même proposée. Anaïs Vasseur l’a suivie à Arras, directement auprès des services vétérinaires, et a obtenu sans peine son certificat de capacité animaux. Elle bénéficiait, il est vrai, d’une longueur d’avance sur ses concurrents qui deviennent de plus en plus nombreux. Cette jeune femme passionnée est titulaire, en effet, d’un BEP d’élevage équin et a vécu entourée d’animaux. Pour suivre une voie dite normale, elle a ensuite suivi un bac en alternance. “Je me suis retrouvée enfermée dans un bureau, mais il fallait que je passe par là pour ne rien regretter. J’ai fait un peu de comptabilité et aujourd’hui, ça me sert…

S’occuper de tous les animaux et proposer des services à domicile. Pour se lancer, Anaïs Vasseur, inscrite à Pôle emploi et bénéficiaire de l’Accre, s’est rapprochée de la boutique de gestion Espace et a travaillé sur son dossier. Le statut d’auto-entrepreneur lui a semblé le plus adapté à son activité. “Je fais partie de la catégorie des services à la personne”, sourit-elle. C’est ce que précise son enregistrement à la chambre de commerce. Il ne faut pas croire que le métier soit de tout repos. La gestion de l’agenda de cette toute petite entreprise est très rigoureuse. Un site internet permet d’attirer des clients ainsi qu’une inscription dans les Pages jaunes, et une jolie voiture logotée “Boule de poils” sillonne toute la métropole lilloise. Dans la mesure du possible, les prises en charge se font autour du périmètre de Tourcoing, lieu de résidence de la jeune gérante. “Mais je n’hésite pas à aller plus loin, il suffit que je m’organise. Parfois, je garde les animaux à la maison. Au début, ils sont un peu craintifs et ils s’habituent assez vite. Ils sentent bien que je les aime. Au moins, ils ne sont pas dans une cage et j’ai un petit jardin. Je ne dérange pas mes voisins car ils ne sont jamais nombreux et je les sors beaucoup. Je m’occupe aussi des NAC – nouveaux animaux de compagnie – comme les reptiles ou les araignées.” Quel soulagement de trouver une personne fiable quand on ne peut rentrer chez soi le midi ou lorsqu’il faut partir un week-end ou pour des obligations de dernière minute ou des séjours plus longs…

Un don avant tout. On ne peut mentir à l’animal. Déjà de nombreux maîtres font partie des fidèles clients. Si leur compagnon grogne de plaisir en retrouvant “Boule de poils”, c’est plutôt bon signe. Anaïs Vasseur ne se verse certes pas un salaire important mais elle est heureuse et ne s’ennuie jamais. Entre les conduites, les balades, les gardes à domicile, les petits soins, il faut gérer le site web, répondre aux demandes et rédiger des devis, se faire connaître des toiletteurs, des vétérinaires… Tout ceci exige une organisation, de la disponibilité. C’est en quelque sorte une nouvelle profession qui correspond bien à une attente. On compte 8 millions de chiens en France en 2011, ce qui nous place au 5e rang au niveau européen. Si le monde canin et félin représente un marché certain, ce nouveau métier reste en marge. On ne peut l’exercer que si l’animal et l’homme peuvent se sentir. L’image peut paraître abrupte et primaire mais c’est ainsi. Anaïs Vasseur respecte l’animal, le comprend, le capte et ça ne s’apprend pas. C’est un état, aucune formation ne peut l’inculquer.