projet

La reconquête commerciale d’Halluinpassera par la place Delors

La ville d’Halluin s’est engagée dans une
démarche de reconquête de ville et de son
commerce. Ne souhaitant plus être au “cul du
baudet” selon l’expression du maire
Jean-Luc Deroo, elle prépare un projet
d’envergure qui a été présenté aux commerçants
le 6 février 2012.

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A Halluin, Le projet de la place Delors et les cellules commerciales (cabinet Blaq architecture).
A Halluin, Le projet de la place Delors et les cellules commerciales (cabinet Blaq architecture).

 

A Halluin, Le projet de la place Delors et les cellules commerciales (cabinet Blaq architecture).
A Halluin, Le projet de la place Delors et les cellules commerciales (cabinet Blaq architecture).

Pour poser les bases de la démarche, une évaluation du commerce de la ville d’Halluin a été présentée par les représentants de la chambre de commerce et d’industrie Grand-Lille. Dans un discours direct, Alain Flipo, président de la commission commerce de la CCI, a mis les acteurs du commerce halluinois devant leurs responsabilités : “C’est à vous de prendre votre destin en main, dans un contexte difficile, mais Halluin a des atouts incontestables.” Le constat établi présente en effet des avantages liés à la taille de la ville (20 000 habitants), à une structuration commerciale qui a produit des commerces de grande qualité (“un record de Mercure d’or” selon le représentant de la chambre des métiers), une ville bien aménagée et en rénovation de qualité. Mais ces atouts ne sauraient dissimuler des faiblesses.

Un triple handicap. Pour le commerce de proximité, cette faiblesse est triple. D’abord, elle est liée à un commerce de moyenne surface qui ceinture la ville, et notamment celui de la Rouge-Porte, à la frontière belge, autour d’un Match et d’enseignes (même si les Partisans du goût ont fermé boutique au 31 décembre 2011). Ensuite, elle est la conséquence également du dynamisme commercial de Menen, dynamisme historique et d’attractivité contre lequel il a longtemps été difficile de lutter. Enfin, il s’agit de lutter contre un mitage croissant du linéaire commercial par des habitations ou par des vitrines fermées sur les axes commerciaux, empêchant une continuité du linéaire. Une fois le diagnostic posé, la CCI et la chambre des métiers proposent des mesures de réflexion et d’accompagnement. Alain Flipo a rappelé aux commerçants que leur destin est donc entre leurs mains : décoration, attractivité, sourire, accueil, recherche de différenciation…

Une place franco-belge. A la demande du maire d’Halluin, a été présenté aux commerçants le projet d’aménagement de la place Delors. C’est un projet ambitieux et transfrontalier qui est financé pour sa partie espaces publics par des fonds européens, sous maîtrise Lille Métropole Communauté urbaine. Un des traits de ce projet est de supprimer la notion de frontière : cette place sera réellement francobelge, la frontière étant dessinée au sol. Avec un parking de 200 places, l’attrait de ce secteur se verra renforcé.
Ce projet sera accompagné par une réalisation immobilière, menée par Notre- Logis, opérateur de logement social implanté à Halluin. En y implantant 76 logements (58 en location et 18 en accession sociale à la propriété), Notre-Logis participe à la reconquête du site et du Front de Lys. Mais ce projet trouve intérêt à la réalisation en pied d’immeubles de 10 cellules commerciales dont la vocation est de servir de base de reconquête pour le commerce halluinois. Lors de la présentation de ce projet, le directeur général de Notre-Logis, Arnaud Delannay, a mis en avant le fait que ces vitrines devaient amener les consommateurs qui sont sur Menen à traverser la frontière pour venir le plus naturellement possible en France, à Halluin, et si possible remonter la rue de Lille.

Vers la reconquête commerciale. Parmi les sujets d’inquiétude des commerçants, le prix des cellules et l’arrivée de services et de commerce ont soulevé des questions auxquelles la ville et le promoteur ont répondu. Le bailleur n’étant pas spécialiste de l’immobilier commercial, les locaux seront cédés à investisseur en bloc ou vendus séparément, les projets pouvant être à ce jour adaptés puisque le bâtiment n’est pas construit. Comme l’a dit Jean-Luc Deroo, en conclusion de la réunion, tous les moyens sont mis en oeuvre pour aboutir à une reconquête commerciale, saluant au passage le dynamisme de l’union commerciale. “Mais le commerce ne se décrète pas” : à chacun de prendre ses responsabilités, a-t-il lancé !