restauration de fauteuils

Transmission de passionsréussie à Lestrem

Un an déjà que M. J.-P. Oleszynski, maître
artisan tapissier garnisseur, a cessé son activité
mais il a su transmettre son savoir-faire auprès
de successeurs tout aussi passionnés : Thierry
Vanveuren, artisan tapissier, et Annie Balbrick,
couturière.

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Une même passion unit J.-P. Oleszynski, Annie Blabrick et Thierry Vanveuren.
Une même passion unit J.-P. Oleszynski, Annie Blabrick et Thierry Vanveuren.

 

Une même passion unit J.-P. Oleszynski, Annie Blabrick et Thierry Vanveuren.
Une même passion unit J.-P. Oleszynski, Annie Blabrick et Thierry Vanveuren.

C’est au 360 route de Béthune, à Lestrem, que Thierry Vanveuren et Annie Balbrick oeuvrent à faire perdurer une tradition de qualité. Restauration “de fauteuils qui, parfois, ont plus de 200 ans”, ou habillage de “carcasses” neuves, l’essentiel est “d’être au plus près des demandes du client tout en sachant l’aiguiller dans ses choix”. Pour cela, Thierry Vanveuren n’hésite pas à se rendre à domicile pour s’imprégner des lieux, des couleurs, des ambiances et du mobilier existant, afin que les restaurations ou créations respectent l’environnement qu’elles rejoindront. D’autres domaines majeurs doivent bénéficier d’une attention tout aussi particulière comme le choix des matériaux. Celui des supports appelés “carcasses”, fabriquées par Les Beaux Sièges de France, dans les Vosges : style Louis XV, Louis XVI, Directoire, Empire mais aussi chaises, fauteuils ou canapés exclusivement de fabrication française de forme classique ou contemporaine. Il y a les tissus qui proviennent de maisons renommées, telles que Pierre Frey, Lelièvre, Sahco, Designers Guild…, les clous tapissiers et les passementeries ou galons provenant de chez Houlès ou Edmond Petit. Une fois ces matériaux d’exception travaillés par le savoir-faire de ces deux experts, on obtient un produit d’une rare élégance et durabilité, pour le plus grand bonheur d’une clientèle composée à 90% de particuliers. Car tous ces sièges sont remis en état au prix de gestes minutieux, maintes fois répétés. “Pour refaire un fauteuil, on enlève l’assise qui est usée, on recolle le bois, on consolide le tout. Puis on installe des sangles et des ressorts sur lesquels on garnira à l’ancienne, avec entre trois et quatre kilos de crin végétal ou animal selon les budgets. Alors, on installe un nouveau revêtement décoratif”, détaille Thierry Vanveuren. C’est une véritable complicité dans la complémentarité qui s’est créée avec Annie, forte de 20 ans d’expérience dans le domaine de la couture. Elle amène non seulement une vraie valeur ajoutée aux mobiliers mais aussi un enthousiasme “plus marqué quand on est installé à son compte” confie-t-elle. A elle la fabrication de stores personnalisés, de rideaux doublés ou non, de nappes, couvrelits, coussins décoratifs… Elle crée même de la bagagerie souple et bien d’autres commandes sur mesure. Raffinement et exigence sont donc les maîtres mots au sein de l’atelier, et si la quarantaine a éloigné Thierry de sa formation première – celle des métiers de bouche –, rien aujourd’hui ne le détournera plus de sa nouvelle profession. Au même titre qu’Annie, les “deux artistes artisans de leurs mains” sont bien décidés à sauvegarder ce métier en voie de disparition, assurant ainsi à leur tour la mise en oeuvre et la transmission de techniques ancestrales. Techniques qui remontent au XIIe siècle avec les premiers “formetiers” ou “fornetiers”, qui gagnent leurs lettres de noblesse au XVIIIe siècle, pour atteindre sous l’Empire le plus haut degré de technicité, de finesse et de perfection. Elles atteignent leur apogée avec l’arrivée du chemin de fer, époque où le ressort fait définitivement son apparition dans la fabrication des sièges, et qui, “allié au crin, reste encore aujourd’hui le type de garniture le plus intéressant en termes de réalisation technique, de durabilité et de solidité”…