Doux à Graincourt-lès-Havrincourt

254 salariés en attente d’un repreneur

A 10 km de Cambrai, l’usine Doux de Graincourtlès- Havrincourt qui transforme les volailles à la marque de Père Dodu est dans une situation très difficile. Suite à la liquidation du pôle frais du groupe Doux auquel elle appartient, ses 254 salariés se posent des questions quant à l’avenir de ce site performant et naturellement sur leur avenir professionnel. Explications.

L’usine de Graincourt-lès-Havrincourt est actuellement arrêtée.
L’usine de Graincourt-lès-Havrincourt est actuellement arrêtée.
L’usine de Graincourt-lès-Havrincourt est actuellement arrêtée.
L’usine de Graincourt-lès-Havrincourt est actuellement arrêtée.

Le contexte. Depuis quelques temps, le groupe Doux (3 400 salariés), propriété de la famille Doux à 80% et de BNP Paribas à 20% et dont le siège est à Châteaulin (Finistère), a dû faire face à une concurrence accrue des prix dans le secteur de la volaille industrielle, complétée par une hausse du coût de l’alimentaire. Le marché de la dinde ou du poulet frais s’est avéré ne plus être rentable. En 2007, après l’arrivée de la banque d’affaires Barclays dans le groupe, des restructurations avaient eu lieu. Avec une dette de 430 M€, dont près de 300 M€ pour sa filiale brésilienne Frangosul confiée en exploitation à JBS, n°1 mondial de la viande bovine, le groupe a été placé à sa demande en redressement judiciaire le 1er juin. Le groupe doit également 140 M€ à la banque d’affaires Barclays et possède d’importants encours auprès de ses fournisseurs de volailles.

Des offres de reprise incomplètes. Le 1er août, le tribunal de commerce de Quimper a retenu l’offre de Charles Doux associé à la banque Barclays, en rejetant la proposition de reprise pilotée par Sofiprotéol, holding financier de la filière huiles et protéines végétales. Le tribunal a ainsi accepté le plan de continuation des activités poulets export et produits élaborés, mais a prononcé la liquidation du pôle frais du groupe avec une date de fin d’activité fixée au 10 septembre, la date limite retenue pour la remise des offres de reprise de tout ou partie de Doux frais étant fixée au 10 août. Rester à savoir si les sociétés membres du consortium qui convoitaient des parties de Doux frais acceptaient de déposer à nouveau une offre de reprise, notamment LDC intéressé par l’abattoir de Laval, Duc par les sites de Boynes (Loiret) et Blancafort (Cher), et Terrena par l’abattoir de Serent (Morbihan). Le 10 août, cinq offres de reprise partielle du pôle frais ont été déposées officiellement. Les repreneurs déclarés sont le groupe Duc, Glon Sanders (filiale de Sofiproteol) associé à Duc, Axereal, LDC et Tallec ayant déposé des offres séparées de reprise partielle portant sur les sites de Clémont (Cher/aliment pour volaille), Sérent (Morbihan), Laval (Mayenne), Boynes (Loiret/abattoir de poulets) et Amilly (Loiret/ couvoir). Aucune offre n’a été à ce jour déposée pour l’usine de Graincourt et l’abattoir de Blancafort (Cher, 244 emplois). Pour les autres activités de Doux (export et produits élaborés), le tribunal a prolongé la période d’observation jusqu’au 30 novembre.

Le site de Graincourt-lès- Havrincourt. Rattachée au pôle frais du groupe Doux, le site d’abattage, de découpe et de conditionnement de volailles ainsi que la plateforme d’expédition de Graincourt comprend 254 salariés. 200 éleveurs de la région environ fournissent à l’entreprise chaque semaine plus de 200 000 volailles (50 000 bêtes traitées par jour). L’usine est polyvalente et traite tous types de volailles (poulet, poule, poulet fermier, coq, etc.), une nouvelle chaîne de production ayant d’ailleurs été installée l’année dernière. Elle livre entre autres Moy Park, qui transforme le poulet, et la grande distribution sous marque propre. Actuellement, aucun projet de reprise n’a été proposé sérieusement. Très dernièrement, une offre d’une société iranienne (dont le nom n’est pas donné) est évoquée. Le projet est porté par Roger Houzel, par ailleurs agriculteur et maire d’Offin dans le Pas-de-Calais. L’idée est d’exporter des poulets congelés en Iran où le besoin est important. Au-delà d’une offre bien ficelée à déposer, reste à traiter ou contourner le problème de l’embargo vis-à-vis de ce pays. Réponse du tribunal de commerce de Quimper le 3 septembre…