Travau x de maintenance pour la logistique de l’industrie si

à Desvres, RFF entretient la ligne “Arcelor”

Réseau ferré de France (RFF) ne néglige pas les petits chantiers lors de ses rénovations. Dans le cadre de l’Engagement national pour le fret ferroviaire (ENFF), dispositif découlant du Grenelle de l’environnement, la ligne Arques- Lumbres/Hesdigneul-Desvres a été rénovée partiellement.

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Le travail se fait toujours en partie à la main après le remplacement des traverses.
Le travail se fait toujours en partie à la main après le remplacement des traverses.

 

La voie Arques-Lumbres/ Hesdigneul-Desvres en cours de rénovation.
La voie Arques-Lumbres/ Hesdigneul-Desvres en cours de rénovation.

Ce n’est pas le chantier du siècle (2,5 millions d’euros) mais c’est un petit indicateur de la volonté du groupe sidérurgique mondial ArcelorMittal de maintenir ses sites desvrois et dunkerquois actifs. Dans la campagne pommelée de Desvres, la voie ferrée subit un lifting rendu nécessaire à cause des passages multiples des trains qui transportent l’acier. “Comme ce sont des trains assez lourds, ils ne circulent qu’à 40 km/h”, explique Jean-Yves Darraud, chargé de communication chez RFF. Après la Picardie, c’est au tour du Nord-Pas-de- Calais de rénover les voies dédiées au fret. Durant l’été, ce sont 66 km de voies qui auront été traités. à Desvres, l’histoire ferroviaire est longue : la voie a été inaugurée en 1874 et reliait Saint- Omer à Boulogne-sur-Mer. Ses 53 km voyaient circuler voyageurs et marchandises jusqu’en 1968. Depuis, seules les marchandises traversent l’arrière-pays de la Côte d’Opale à raison de 10 trains/ semaine (soit 600 000 tonnes) sur la section Desvres-Hesdigneul et 20 trains/semaine (soit 300 00 tonnes) sur la section Arques-Lumbres.

Le travail se fait toujours en partie à la main après le remplacement des traverses.
Le travail se fait toujours en partie à la main après le remplacement des traverses.

Un chantier à l’ancienne. Les travaux vont durer plusieurs mois sur la ligne D e s v r e s – H e s d i g n e u l . D’abord, il faut relever la voie de 10 cm à cause des infiltrations d’eau qui favorisent la pousse intempestive de végétation. RFF change également le ballast, certaines traverses, une centaine de mètres de rails, ainsi que trois passages à niveaux. Le long de la voie, des marques blanches montrent que la rénovation est partielle. Le travail reste encore artisanal : une machine enlève les vis qui maintiennent les rails, une autre lève la voie, une troisième remplace la traverse défectueuse. Les opérateurs suivent avec leur pelle après que le ballast a été posé. La “visseuse” revient ensuite serrer le tout. Le chantier avance donc pas à pas. La première phase se termine avec l’été. La suivante suivra en 2013 et sera financée à parts égales entre RFF et l’Etat. Ce dernier serait bien inspiré de favoriser ces lignes qui donnent aux industries des outils logistiques efficients. Autre cas d’industriel qui utilise la voie Arques-Lumbres, le cimentier Holcim – site de Wizernes – fait venir certaines de ses matières premières jusqu’à Saint-Omer avant de les charger sur des camions le temps des travaux. Un impact limité en distance et en temps. Et un pas de plus vers une économie industrielle qui libère les routes.