Développement durable

Des centrales solaires solidaires dans le Pas-de-Calais

A Beaurainville, l’association EnergETHIC est à l’origine d’un projet de centrales solaires solidaires. Après une recherche de sites pertinents, l’association lance un appel aux financeurs pour installer les premiers panneaux photovoltaïques et commencer l’exploitation d’un premier site. L’électricité produite sera rachetée par Enercoop. Explications.

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À Ambricourt, la toiture du « Germoir » devrait à terme accueillir 50 mètres carrés de panneaux photovoltaïques.

Association loi 1901 créée par des bénévoles en juin 2011, EnergETHIC a deux activités principales : le développement des chaudières bois et de l’ensemble de la filière bois énergie ; la mise en place de projets citoyens dans le domaine des énergies renouvelables. «Nos missions ne sont pas nouvelles et ont démarré sur le territoire en 2006, par le biais de l’association ‘A petits pas’. Nous avons aujourd’hui un rayonnement départemental», présente Véronique Marien, salariée d’EnergETHIC.
Après avoir fait une étude de faisabilité pour l’implantation d’une centrale solaire dans le Ternois, les bénévoles de l’association ont procédé à la recherche de sites pertinents et de partenaires volontaires pour accueillir une toiture photovoltaïque. Dans le même temps, ils se sont occupés de l’ensemble des demandes nécessaires pour le raccordement sur le réseau d’ERDF.
«Nos recherches se sont surtout axées sur les collectivités, les entreprises et les associations de notre territoire. Au final, nous avons trouvé trois sites qui correspondent parfaitement à nos besoins : la toiture de l’association ‘Lien plus’ à Beaurainville, celle du Germoir et celle de l’association ‘Terre de liens’ à Ambricourt.»
Au total, l’association envisage de poser 355 m2 de panneaux pour produire 45 000 kWh/an, qui seront rachetés par Enercoop. «La SCIC (société coopérative d’intérêt collectif) fournisseur régional d’énergies renouvelables était à la recherche de projets phares dans le Nord et le Pas-de-Calais.»

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A Ambricourt, la toiture du Germoir devrait accueillir 50 m2 de panneaux photovoltaïques.

Financement participatif. Pour l’association, l’enjeu était de taille. Il était indispensable de trouver un modèle économique pertinent, tout en ayant des lieux emblématiques. «Nous avons donc décidé de prendre un risque en finançant la demande de raccordement 5 000 euros pour mettre en place les compteurs avant même d’avoir trouvé les fonds pour l’achat et l’installation des panneaux», explique Véronique Marien.
Aujourd’hui, alors que l’on sait que c’est une SCIC qui exploitera ce projet, l’association lance un appel à participation régionale, auprès des collectivités, associations, entreprises, mais aussi des particuliers, pour l’achat des panneaux solaires. «Nous avons estimé le coût global de ce projet à 120 000 euros (en deux tranches : 70 000€ pour Beaurainville et 50 000€ pour Ambricourt), divisés en 1 200 parts de 100 euros», développe Audrey Jumeaux, autre salariée d’EnergETHIC.

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L'énergie produite par les panneaux photovoltaïques sera rachetée par la SCIC régionale Enercoop.

Alors que les premières réunions publiques sur ce projet démarrent, l’association a reçu 15% de promesses de dons en trois mois. Objectif : brancher les premiers panneaux en septembre/octobre et donc effectuer les travaux cet été.
Dans le cadre de ce projet, EnergETHIC a également reçu des financements régionaux pour réaliser une étude sur la mobilisation citoyenne de manière à pouvoir dupliquer cette expérience sur d’autres sites. «L’ambition de la région est d’aller beaucoup plus loin, notamment sur le grand éolien participatif», renchérit Véronique Marien.     

 Réseaux de chaleur bois. Les deux salariées de l’association sont régulièrement consultées par des collectivités pour effectuer des études comparatives. «Nous effectuons des comparaisons entre les énergies dites traditionnelles (ndlr : gaz, pétrole, électricité) et l’utilisation d’une chaudière bois.»
Dans ce cadre, EnergETHIC a ainsi réalisé plusieurs études, les deux dernières concernant des petits réseaux de chaleur. Une étude précise a en effet été réalisée pour la mairie de Conchy-sur-Canche pour alimenter deux salles des fêtes, une école et un logement. A Anvin, l’étude concerne la liaison entre les écoles, un logement, la mairie et l’ancienne poste du village. «Dans le projet, nous venons de lancer l’appel d’offres et avons une nouvelle fois préconisé une chaudière bois avec un retour sur investissement assez court», conclut Véronique Marien.