L'Audomarois à la recherche d'un repreneur

Du temps pour ArjoWiggins

A vendre avant un arrêt total de la production d’ici 2015, le site papetier d’ArjoWiggins à Wizernes emploie plus de 300 personnes : une bombe sociale que les acteurs locaux cherchent à désamorcer.

CAPresse 2014
« Le site de Wizernes amorcera la deccrue de sa production et son PSE d'ici le printemps 2015 ».

 

CAPresse 2014
Le site de Wizernes amorcera la décrue de sa production et son PSE d'ici le printemps 2015.

A peine élus ou réélus, les édiles audomarois ont fort à faire. L’urgence du dossier d’ArjoWiggins a conduit la CASO à mettre en place une cellule de suivi d’un des sites du groupe papetier Sequana, que l’Etat a recapitalisé et dont il est actionnaire majoritaire. Le groupe enchaîne les pertes depuis la crise et souhaite se séparer du site de Wizernes. Ernst & Young est chargé de trouver un repreneur. Si la direction reste discrète sur l’opération, elle n’en demeure pas moins attachée à son calendrier. «Elle considère que le PSE est ouvert alors que nous avons refusé de siéger au CCE», précisent les syndicats. Un point de droit qui change la donne du calendrier. Si le PSE est ouvert, quelques mois suffiront pour sceller le sort de l’usine de Wizernes. Si le PSE est retardé, les élus et les syndicats veulent croire en l’émergence d’un repreneur.

 

Le succès d’Alizay et le calendrier de Wizernes. Ils  prennent en exemple la ville d’Alizay, en Haute-Normandie. Gaëtan Levitre, son maire, est venu assister à la dernière réunion de la cellule communautaire et raconter son combat. «On a dû mettre la pression sur la direction. Les salariés ont protégé l’usine le temps de trouver un repreneur. Une cinquantaine de candidats avaient été sélectionnés, trois ont été retenus et on a fini par s’entendre avec un groupe thaïlandais (Double A). J’ai dû lancer une procédure d’expropriation car la direction ne voulait pas vendre aux Thaïlandais. Le conseil général de l’Eure a acheté puis revendu. En 2011, l’usine fermait. Deux ans après, elle rouvrait et reprenait 150 personnes sur 300.» Attentif aux propos, François Decoster a promis un calendrier rapide : «C’est une course contre la montre.» Le 22 mai, une nouvelle réunion a fait le point. Avec la direction d’ArjoWiggins ? «L’un des administrateurs de Sequana est un cadre de FSI (Sequana, la maison mère d’ArjoWiggins, a été récemment recapitalisée par le FSI et où l’Etat se trouve être majoritaire, NDLR) L’Etat est au courant depuis le début. On les a senti gênés à Bercy», lâche un syndicaliste. Le 24 mai dernier, les salariés organisaient une journée portes ouvertes sur le site : «La direction nous l’a verbalement interdit. Mais on a dû mal entendre…» Le rapport de force a commencé.

 

CAPresse 2014
La cellule Arjowigging des élus territoriaux suit le dossier au jour le jour.