«Autoroute de l’eau»

Le chantier de Noréade arrive dans l’Avesnois

  L’expression «autoroute de l’eau» est employée pour désigner ces 75 km de canalisations, qui seront jalonnés d’équipements nouveaux. Elle désigne un chantier en cours entre Pecquencourt (Douaisis) et Aulnoye-Aymeries (Sambre-Avesnois), via la forêt de Mormal, dont le sous-sol est, dit-on, «un véritable château d’eau naturel». Qui serait en outre préservé de la pollution attribuée […]

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Le tracé de l’aqueduc et des tuyaux en attente du côté de Sassegnies, en direction de la forêt.

 

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Au sud-est de la forêt de Mormal, une partie a été déboisée afin de permettre la réalisation d’une usine de traitement.

L’expression «autoroute de l’eau» est employée pour désigner ces 75 km de canalisations, qui seront jalonnés d’équipements nouveaux. Elle désigne un chantier en cours entre Pecquencourt (Douaisis) et Aulnoye-Aymeries (Sambre-Avesnois), via la forêt de Mormal, dont le sous-sol est, dit-on, «un véritable château d’eau naturel». Qui serait en outre préservé de la pollution attribuée aux produits chimiques dits «phytosanitaires»… Et c’est donc la société Noréade, régie de SIDEN SIAN1, qui fait réaliser ces travaux dans la continuité de ses programmes de ces dernières années. L’arrêté préfectoral autorisant le projet et les servitudes de passage remonte au 1er octobre 2012.

Marché de l’eau potable. Buts pour l’opérateur : développer et compléter son réseau de distribution d’eau potable dans les territoires qu’il contrôle, Cambrésis, Quercitain, Denaisis, Ostrevant… Le tout dans un environnement concurrentiel, face à de gros acteurs privés et à leurs filiales − Lyonnaise des eaux (Eau et Force, Eaux du Nord) et Veolia environnement (Veolia eau) −, qui se disputent également le marché de l’eau et le territoire. Un marché de l’eau potable, difficile à cerner, où des collectivités s’interrogent sur l’éventualité d’en reprendre la gestion directe et publique.

On a déboisé. Les travaux, divisés en deux tronçons et douze lots, avaient commencé en juin 2013, en aval du futur aqueduc, entre le site Noréade de Pecquencourt et Saulzoir. Depuis quelque temps, c’est le tronçon Saulzoir – Aulnoye-Aymeries qui commence, en ce printemps, à se deviner et à se préciser du côté de Locquignol (commune dont le territoire comprend l’essentiel de la forêt de Mormal, soit plus de 9000 hectares) et dans la campagne environnante (sud-est de la forêt, Sassegnies).

Au sud de la forêt domaniale, au cœur du parc naturel régional de l’Avesnois, l’Office national des forêts (chargé notamment de l’exploitation économique du massif forestier) a rasé les arbres entre la voie ferrée et le chemin du Croisil : c’est là que devrait être édifiée une usine de traitement de l’eau. Sa hauteur ne dépasserait pas 12 m selon Noréade. Non loin de là, en direction d’Aulnoye-Aymeries, une saignée a été réalisée dans la forêt afin de permettre le chantier de pose des canalisations en acier entreposées à plusieurs endroits.

 

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Le tracé de l’aqueduc et des tuyaux en attente du côté de Sassegnies, en direction de la forêt.

Plus de 50 millions. En principe, ce chantier devrait être achevé en 2015. Le tracé contourne le massif forestier par le sud. Depuis plusieurs années, des pompages sont effectués dans le sous-sol de la plus grande forêt du Nord-Pas-de-Calais, d’autres vont y être réalisés, a priori, sur les territoires de Locquignol et de Sassegnies. Le coût de ce chantier est évalué à au moins 50 millions d’euros, avec des financements assurés par l’Agence de l’eau et un emprunt souscrit par Noréade. L’impact sur les factures des usagers n’est pas connu mais l’impact sur la forêt est maintenant bien visible.

 

1. Le SIDEN SIAN dont le siège est à Wasquehal est un syndicat mixte intercommunal qui bénéficie d’une délégation de service public pour la distribution et l’assainissement de l’eau. Paul Raoult, ancien maire du Quesnoy, préside le syndicat et Noréade, ainsi que le parc naturel régional de l’Avesnois. Noréade est un EPIC, établissement public à caractère industriel et commercial.