A Boulogne-sur-Mer, à l’initiative du pôle Aquimer

Les Aqui’Days imaginent le poisson de 2030

Les Aqui’Days, organisées cet automne à Boulogne par le pôle de compétitivité Aquimer, ont permis de réfléchir sur les produits aquatiques des prochaines décennies.

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Hervé Diers (au micro) mise sur l’innovation pour développer les marchés de sa salaison JC David.
Hervé Diers (au micro) mise sur l’innovation pour développer les marchés de sa salaison JC David.
Hervé Diers (au micro) mise sur l’innovation pour développer les marchés de sa salaison JC David.
Hervé Diers (au micro) mise sur l’innovation pour développer les marchés de sa salaison JC David.

Journées d’échanges et d’informations, avec des espaces réservés aux exposants de la filière et aux rendez-vous d’affaires… le thème choisi pour la réflexion était en lien avec l’un des objectifs du pôle Aquimer, seul pôle français entièrement dédié aux produits aquatiques : anticiper pour maximiser les ressources halieutiques disponibles et en créer d’autres dans une perspective de développement durable.

Le constat est là : si la pêche sauvage est mondialement stable, la production et la consommation de produits aquatiques continuent à croître, en Asie surtout. Et le recours à l’aquaculture, inévitable, est donc devenu un axe prioritaire de la Politique commune des pêches. Justement, une part des 588 millions d’euros de l’enveloppe du Fonds européen pour les affaires maritimes et la pêche (FEAMP) obtenus en 2014 par le ministre Frédéric Cuvillier − en augmentation de 70% − est prévue pour accompagner l’effort de recherche consenti pour la sélection génétique et l’innovation dans le domaine de l’aquaculture. Mais le poisson pêché et transformé a encore un bel avenir.

Innover, toujours innover. Pour demain, côté produits, beaucoup s’accordent pour affirmer qu’il sera, demain plus encore qu’aujourd’hui, naturel, authentique, sain et aux qualités nutritionnelles reconnues. Les PME boulonnaises ne sont pas les dernières à l’imaginer : «du hareng fumé à partir de la combustion de bois de chêne de la forêt de Boulogne» (Hervé Diers, salaison-saurisserie JC David), de «la conserve de plats préparés sans huile et sans conservateurs, avec des matières premières régionales comme la ratte du Touquet» (Florent Delepierre, conserverie DMT), «du poisson frais dont le consommateur connaîtra le nom du bateau et l’âge du capitaine» (Gilles Noury, mareyage Frais embal), ou «des plats hyper protéinés pour remédier à la dénutrition des seniors» (Olivier Maes, plats cuisinés surgelés Jacques Maes).

Côté distribution, alors que certains producteurs commencent à utiliser les réseaux sociaux pour informer le consommateur de façon permanente, l’essor du drive en GMS n’est pour l’instant pas profitable à la vente des produits aquatiques frais, regrettent les responsables des grandes enseignes qui misent encore sur le conseil délivré par leurs rayons poisson. Même si le succès du sushi, qui «a scotché» Philippe Vanderkelen, acheteur poissonnerie d’Auchan, devrait anticiper d’autres surprises.

Deux jours durant, professionnels de la filière et consommateurs ont dessiné diverses solutions pour demain. «Tout l’enjeu est de conforter la compétitivité de nos entreprises de pêche, mais plus largement de toute la filière, a expliqué Frédéric Cuvillier pour conclure les débats. Elles doivent faire preuve de réactivité, d’innovation et de courage pour faire face à la situation économique actuelle, et poursuivre leur engagement vers la durabilité, la qualité et la préservation de la ressource

Organisateur de ce premier séminaire, le pôle Aquimer compte 130 adhérents répartis sur l’ensemble du territoire national. Depuis 2006, il a labellisé 106 projets  d’entreprise et mobilisé leur financement à hauteur de 140 millions d’euros. www.poleaquimer.com