Un anneau de la Mémoire à Notre-Dame-de-Lorette

Le 11 novembre, François Hollande, président de la République, a dévoilé une plaque au milieu de la pelouse de l’anneau de la Mémoire à Notre-Dame-de-Lorette, avant de participer au ravivage de la flamme devant la tour lanterne de Notre-Dame-de-Lorette.

D.R.

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L’architecte du projet, Philippe Prost, peut être fier du travail accompli, qui n’a jamais été aussi rapide dans sa carrière comme il l’a confié au président : «Cela a mis neuf mois à être construit, c’est un beau symbole. J’ai cherché à donner une expression, allier l’art et la nature.» Une visite que le président a faite accompagné de Daniel Percheron, président de Région : «Cela donne à chaque nom sa visibilité, c’est émouvant car tous les pays ont accepté que nous utilisions leur mémoire. L’industrialisation de la mort est présente, l’Europe a été prise de folie.» En effet, plus de 580 000 noms ont été gravés sur ce livre de la mémoire à ciel ouvert (241 214 Britanniques et 173 876 Allemands et 106 012 Français), trois noms (un connu et deux anonymes) ont été mis à l’honneur par des jeunes, lycéens et étudiants : le Français Marcel Garrigue, le Britannique Wilfried Ernest Owen et l’Allemand Karl Schrag.

Réconcilier, transmettre et mobiliser. François Hollande a lui-même fait un parallèle avec l’histoire de son grand-père qui habitait l’Artois : «Mon grand-père est parti d’Arras. En 1914, ce sont les premiers exodes et occupations. Nous devons enfin nous souvenir que ce sont des millions de civils dont l’existence a été balayée, le chagrin de toutes les familles. Ces lignes que l’on perdait, que l’on gagnait, ce coin de terre, un vrai charnier humain. » Le président a rappelé l’internationalisation du conflit à travers quelques noms : «Atet : premier nom gravé de la nécropole, un Népalais… Mais que venait-il faire dans cet enfer ? Ces commémorations ne sont pas faites pour commémorer les morts mais pour réconcilier les peuples, transmettre et mobiliser. Il faut se souvenir de l’engrenage infernal. La mémoire n’est pas faite pour le passé mais pour le présent.»