Le SIAVED ne cesse de croître

Et maintenant, maîtriser le développement…

Syndicat intercommunal sur le Valenciennois, le Douaisis et le Cambrésis, le SIAVED gère depuis Denain une production de vapeur pour chauffer des logements, activité liée aux déchets dont le traitement est sa première mission. Mais comment maîtriser ce développement en 2014-2015 ?

D.R.
Le président Lemoine a du pain sur la planche pour les prochaines années…

Réélu président du SIAVED en mai, Charles Lemoine a surmonté d’abord la crise de 2006 qui faillit saborder son syndicat, puis les textes de loi limitant la rentabilité du centre de valorisation des déchets, principal outil de son développement. Le SIAVED ne collecte pas, mais c’est dans son centre qu’arrivent les déchets : ils sont brûlés, transformés ainsi en vapeur brûlante surcompressée, le tout dans une démarche écologique appelée aujourd’hui « valorisation » ou même « transition énergétique ». Il a signé avec SUEZ,  pour le bailleur SA du Hainaut, un contrat de fourniture de chauffage urbain sur Douchy-les-Mines, 50% des logements (1 485) bénéficiant de prix minorés de 20% pour le locataire.

 

Une opportunité. Mais, en janvier 2014, la fusion CAPH-CCRVS1 ajoute 7 villes aux 109 qui sont déjà adhérentes, et d’autres vont venir. Le SIAVED comprend qu’il doit maîtriser son développement, d’autant que le chauffage urbain n’est pas subventionné…

Opportunité soudaine : sur la ZFU des Pierres-Blanches à Denain (ex-Usinor, au bord de l’Escaut), une nouvelle société, Les Serres du Nord, doit chauffer  9 hectares de serres de tomates. Un marché colossal au nord de Paris et au Benelux, où rien n’existe de ce genre. SIAVED et CAPH, avec l’aide de l’Etat, sont prêts, eux ! C’est ainsi que l’on vient de changer les deux chaudières du centre de valorisation énergétique du SIAVED pour dynamiser la production et la rentabilité.

 

Devenir « plus fort« . Tout va donc à merveille pour le SIAVED, son outil de production se présente sur un marché du chauffage urbain très demandeur et avec des prix défiant toute concurrence. Mais, pour que tout soit parfait, il reste quelques détails à régler.

Les 17 déchetteries du SIAVED, fournisseuses de déchets très divers (ordures ménagères bien sûr, refus de tri, encombrants et déchets hospitaliers en développement exponentiel), vont bientôt passer à 20 (Hénin, Pecquencourt et Maretz). Mais, «pour être plus fort» comme le dit son président, le SIAVED devrait aussi collecter. Une réflexion s’engage avec la CAPH pour 2015, cette dernière ayant été déçue par divers prestataires, mais cette intercommunalité réussit l’exploit unique en Nord-Pas-de-Calais d’avoir une taxe déchets de zéro euro ! Certes, cette TOEM peut, si les dotations d’Etat continuent de baisser, augmenter là où elle existe, en Douaisis, Valenciennois et une partie du Cambrésis, la CAPH étant quant à elle en Amandinois.

Enfin, la dernière mouture de la réforme territoriale force les syndicats à fusionner, donc le SIAVED à se rapprocher du Valenciennois Ecovalor, les deux faisant grosso modo le même métier. Qui va «manger» l’autre ? Les bookmakers donnent le SIAVED favori. Enfin, tout irait bien pour le président Lemoine si la CA du Cambrésis ne s’obstinait pas de manière iconoclaste à enfouir à l’ancienne ses déchets ! 

 

(1)  CAPH : communauté d’agglomération de la Porte du Hainaut ; CCRVS ; communauté de communes rurales de la vallée de la Scarpe

 

 

D.R.
Le président Lemoine a du pain sur la planche pour les prochaines années…