CONJONCTURE

Artisanat du bâtiment : la fin des difficultés n’est pas encore en vue

Bien que moins prononcée, la baisse de l’activité dans l’artisanat du bâtiment reste d’actualité au deuxième trimestre 2015, comme le révèle la dernière étude de conjoncture de la Capeb. Une situation encore complexe, mais les perspectives s’améliorent pour le second semestre.

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D.R.

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Le président de la CAPEB (Confédération de l’artisanat et des petites entreprises du bâtiment), Patrick Liébus, dresse un constat clair : “Notre activité continue à baisser mais à un rythme moins élevé.” En effet, le recul enregistré pour le deuxième trimestre 2015 est de 2%, contre 3% le trimestre précédent. Ainsi, la baisse se poursuit depuis trois ans, même si son rythme est moins soutenu.

Cette évolution s’accompagne de carnets de commandes mieux remplis, laissant augurer un meilleur second semestre. Ces demandes représentent 72 jours de travail en juillet 2015, contre 66 en avril dernier. Une entreprise sur quatre rapporte avoir enregistré une hausse des commandes, particulièrement en travaux de performance énergétique des logements. Pour le représentant du syndicat patronal, “les travaux de performance énergétique ont des effets positifs sur notre activité, notamment grâce aux mesures gouvernementales du CITE1 et de la TVA à taux réduit”, mais “la route est encore longue pour renouer avec la croissance”, prévient Patrick Liébus.

Chantiers et emplois.

Et pour cause : l’artisanat du bâtiment risque d’être encore confronté à quelques difficultés.La baisse de son activité s’explique tout logiquement par un recul des mises en chantier de 6,1%, soit 347 000 logements neufs commencés à fin mai 2015 sur un an cumulé, “un chiffre bien en deçà de l’objectif de 500 000 fixé par le gouvernement”, déplore la Confédération. Si la baisse dans la construction neuve s’atténue (-4%, vs -6%), l’activité de l’entretien-amélioration recule encore de 1% ce second trimestre.

Et la baisse d’activité impacte l’ensemble des régions, plus nettement le Nord-Pas de-Calais, la Picardie ou la Normandie. L’emploi reste la première victime cette activité qui se rétracte. En juillet 2015, le nombre d’entreprises artisanales du bâtiment envisageant d’embaucher au second semestre de cette année n’est que de 4%, contre 7% au même semestre de l’an dernier. Parallèlement, le nombre de structures prévoyant de licencier ou de ne pas renouveler de contrats se situe à 10% (contre 7% au même semestre de 2014). Avec un recul moins prononcé de l’activité et des carnets de commandes davantage garnis, l’artisanat du bâtiment semble voguer vers des jours meilleurs. Un bémol cependant : “l’effet sur les carnets de commandes peut être seulement mécanique, suite à la diminution des effectifs dans les entreprises”, s’inquiète Patrick Liébus. Reste donc à voir si ces quelques frémissements positifs vont être durables.

1 Crédit d’impôt pour la transition énergétique, prévu par la loi de finances 2015.