POUR DONNER UN COUP DE FOUET AU COMMERCE DE CENTRE-VILLE...

La CASO mise sur le commerce de proximité

Les magasins désaffectés font mauvais genre en centre-ville. Si les communes de la communauté d’agglomération de Saint-Omer ne sont pas les plus touchées par le phénomène, la collectivité a tout de même décidé qu’il fallait agir pour donner un élan supplémentaire au commerce dans les centresvilles et centres-bourgs des communes faisant partie de la CASO. […]

D.R.

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Les magasins désaffectés font mauvais genre en centre-ville. Si les communes de la communauté d’agglomération de Saint-Omer ne sont pas les plus touchées par le phénomène, la collectivité a tout de même décidé qu’il fallait agir pour donner un élan supplémentaire au commerce dans les centresvilles et centres-bourgs des communes faisant partie de la CASO. “Beaucoup d’enseignes veulent s’installer ici, affirme François Decoster, président de la CASO. Il y a des locaux commerciaux vides dans les centres-villes et centresbourgs, il manque juste le porteur de projet. D’où les affiches apposées sur les vitrines des locaux vacants, une campagne mise en place à l’initiative de la Communauté d’agglomération. Le nom des enseignes intéressées par une implantation sur le territoire de la CASO a été affiché dans lesdites vitrines afin de mettre en correspondance les locaux commerciaux, les enseignes et les éventuels porteurs de projet.

Intérêt. De grandes enseignes sont concernées : Casino, Leonidas, Carré Blanc, La Compagnie des petits, Gocco, Ambiance styles, Moa et Cycle Band seraient intéressées par une implantation à Saint-Omer, Arques ou l’une des autres communes de la CASO. “Saint-Omer compte 10 vitrines pour 1 000 habitants, soit l’une des meilleures performances du département. Béthune en compte 7,7 et Arras en dénombre 9,2, chiffre François Decoster. L’opération s’inscrit dans une politique volontariste sur la présence de commerces de proximité dans les centres-villes et centres-bourgs.” S’il y a moins de vitrines inoccupées qu’à Arras, la volonté de la CASO n’en est pas moins grande. Le contexte national voit se renforcer le commerce de périphérie avec les grandes surfaces. “De notre côté, nous voulons à tout prix renforcer le commerce de proximité, poursuit l’élu, aussi maire de Saint-Omer. Cela renforce le développement économique et le tissu social sur nos communes.”

Accompagnement. Ainsi, les porteurs de projet intéressés par l’ouverture d’un commerce de proximité pourront être accompagnés tout au long de leurs démarches. Du dépôt du dossier jusqu’à l’ouverture de leur commerce, ceux qui souhaitent ouvrir un magasin ont le choix parmi environ 2 000 franchises ; des locaux sont disponibles dans les centres-villes et centres-bourgs : les collectivités font tout pour amener de l’activité en dehors des ZAC. Seule contrainte : que le local commercial et la franchise soient en cohérence. “La concurrence et la complémentarité sont importantes. Deux boutiques concurrentes dans le même secteur, c’est une zone de chalandise étendue”, détaille Bruno de Cambourg, associé Franchiséo. “Les terrains ont été analysés, jusqu’à la largeur des trottoirs” : rien n’a été laissé au hasard… Autres mesures. Outre l’affi
chage dans les vitrines et l’accompagnement détaillé des porteurs de projet, une plate-forme a été mise en place sur Internet (http://www.insiti.com) afin de référencer les quelques 2 000 franchises souhaitant s’implanter sur le territoire. D’autre part, une exonération de CFE sur les quartiers “politique de la ville” est mise en place, ainsi qu’une pépinière commerciale et un observatoire des loyers commerciaux, qui est un outil numérique pour l’immobilier. “150 emplois ont été perdus dans le commerce, lance l’élu audomarois. La charte d’urbanisme commercial n’a pas rempli tous ses objectifs, notamment en ce qui concerne l’équilibrage entre les différents types de commerce.” La faute, notamment, à une législation particulièrement favorable aux commerces en grande surface. Enfin, depuis septembre 2015, le dispositif Franchiséo a été lancé. “Nous arrivons à une étape importante du projet”, annonce François Decoster. “Je sens un frémissement sur ces petits commerces, poursuit Caroline Saudemont, conseillère communautaire et maire d’Arques. Il y a une carte à jouer. On ne peut pas ignorer le renouveau sur le territoire, continue l’élue en évoquant Arc international. Il ne faut oublier personne, pas même les petites communes, et ça passe aussi par le tourisme par exemple.”

Corentin ESCAILLET