Fondation FACE MEL

Qu’en est-il de la mixité professionnelle en entreprise ?

Depuis 30 ans, la Fondation agir contre l’exclusion (FACE) lutte contre la ségrégation professionnelle en entreprise afin de favoriser la mixité et l’échange. Dernièrement, la FACE MEL (Métropole européenne de Lille) s’est associée au projet « Raconte-moi ton métier, un métier qui n’a pas de sexe », porté par le Fonds social européen et FACE. Un rassemblement […]

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D.R.
Les partenaires et entreprises expliquent leurs situation.

Depuis 30 ans, la Fondation agir contre l’exclusion (FACE) lutte contre la ségrégation professionnelle en entreprise afin de favoriser la mixité et l’échange. Dernièrement, la FACE MEL (Métropole européenne de Lille) s’est associée au projet « Raconte-moi ton métier, un métier qui n’a pas de sexe », porté par le Fonds social européen et FACE. Un rassemblement a eu lieu pour échanger sur les résultats de l’enquête liée au projet.

 

FACE constate depuis 30 ans un recul de la ségrégation professionnelle. Pourtant, le marché de travail reste un lieu de grandes inégalités, notamment pour les femmes. Caroline Plesnage, directrice régionale déléguée aux droits des femmes et à l’égalité de la région Hauts-de-France, voit « la nécessité d’un plan d’action pour les entreprises afin qu’elles se posent la question de la mixité dans leurs locaux. C’est une question d’habitude et d’image« . C’est en 1983 qu’est votée la loi portant sur l’égalité professionnelle entre les hommes et les femmes en entreprise, et en 2011 naît la loi relative à l’équité hommes/femmes au sein d’un conseil d’administration. Où en est-on aujourd’hui ? Caroline Plesnage distingue une ségrégation professionnelle sur certains métiers : « Un homme et une femme ne se dirigent pas vers les même études. Et ce sont ces différences d’orientation qui mènent à des différences de salaire. » La directrice évoque également l’existence d’un plafond de verre qui représente une discrimination indirecte et organisationnelle, par exemple les réunions tardives pour les femmes. Parmi les différents désavantages rencontrés par les femmes, on note une différence de 19,6% du salaire net moyen entre les hommes et les femmes. De même, les femmes ont un taux d’emploi inférieur de 10 points par rapport aux hommes (53,7 pour les femmes, 63,6% pour les hommes), et elles sont présentes dans 77% des métiers les plus précaires et à moindre valeur ajoutée. Des changements sont possibles « grâce à une évolution des droits et une conquête par les femmes elles-mêmes. Le problème que l’on rencontre aujourd’hui, c’est comment passer de l’égalité à la mixité« . Les entreprises ont toutefois des actions de plus en plus volontaristes, car elles trouvent elles-mêmes un intérêt à intégrer la mixité pour favoriser les conditions humaines et stratégiques.

 

Ce que révèle l’enquête. La synthèse de l’enquête révèle que parmi les 453 répondants, les entreprises qui agissent le plus dans le recrutement et l’intégration sont les grandes entreprises (85%), alors que les TPE représentent 36%. Les secteurs les plus impliqués sont le service aux entreprises, l’énergie et l’environnement, l’éducation. Il est aussi montré que la présentation du métier et l’opinion que l’on a sur celui-ci compte beaucoup. Pour 80% des entreprises, la mixité professionnelle est un enjeu pour la société en général. Mais les difficultés persistent : pour 32%, il est difficile d’agir, en grande partie à cause du manque de moyens humains, de tensions ou réticences en interne, ou encore du manque de moyens financiers. Pour autant, 61% des salariés estiment que leur emploi n’est ni masculin ni féminin, et 97% estiment que leurs conditions de travail sont identiques entre hommes et femmes.

 

 

ENCADRE

Témoignages d’entreprises et partenaires.

Batti Plurielles. Lancée en 2012, Batti Plurielles est un réseau de femmes issu des entreprises Norpac et Cirmad. Le but de ce réseau est de rassembler des femmes sensibles aux actions de mixité et qui pourraient collaborer ensemble. Elles ont ainsi créé des temps de rencontre, des témoignages auprès de femmes en cours d’orientation, notamment auprès dans des collèges et lycées, ou encore développé des marrainages auprès de jeunes professionnelles.

La SNCF et le Girl’s Day. Mis en place depuis environ quatre ans par la SNCF, le Girl’s Day est instauré partout en France un jour dans l’année. Dans ce secteur plutôt masculin
(16% de femmes), cette journée a pour but d’exposer aux jeunes filles tout le côté technique et toute la palette des métiers de la SNCF.

D.R.
Les partenaires et entreprises expliquent leur situation.