L'entreprise fête ses 90 ans

La Brasserie Castelain s’offre une montée en gamme

La petite brasserie a connu le succès grâce à sa Ch’ti Blonde et ses différentes déclinaisons. Elle a également été la première brasserie française à produire une bière bio, la Jade. En 2016, alors qu’elle vient de souffler ses 90 bougies, elle s’offre une gamme d’exception avec trois nouveaux produits et de nombreux projets.

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ACT'Presse
L’entreprise a investi plusieurs milliers d’euros pour continuer à développer et moderniser son outil de production. Elle a régulièrement recours à l’embauche pour assurer sa montée en puissance.
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Annick Castelain souhaitait célébrer les 90 ans de la brasserie avec une nouvelle gamme et trois nouvelles bières.

Il est loin le temps où les parents d’Yves et Annick Castelain faisaient de la livraison de boissons et plus particulièrement de la bière produite à Bénifontaine. La brasserie a depuis fêté ses 90 ans et est devenue une référence à l’échelle de la région, mais aussi dans le domaine brassicole.
«Notre père avait 50 ans lorsque, en 1966, il a décidé de reprendre la brasserie. Il s’était lourdement endetté, mais croyait au potentiel de développement de cette petite entreprise», se souvient Annick Castelain, l’actuelle gérante de l’entreprise.
À l’époque, la brasserie produisait de la bière de table et de la bière bock. «Dans le Nord, il y avait une très forte concentration de brasseries, il n’en reste que très peu aujourd’hui.» La bière a été développée en 1979 par Yves Castelain, quand il a rejoint l’entreprise familiale.

Forte du succès de sa Ch’ti Blonde, il a été décidé de décliner celle-ci en plusieurs versions (Ambrée, Triple, Blanche, de Noël), pour en faire une référence. L’entreprise a également développé en 1986 la Jade, la première bière bio du marché, en utilisant des matières premières allemandes : «Ils étaient beaucoup plus en avance que nous et à même d’assurer une qualité et une traçabilité de produit.»
La Jade s’est elle aussi déclinée : la Jade ambrée, la Jade aromatisée à la grenade ou encore la Jade sans gluten.
Néanmoins, l’entreprise a eu également son lot de déconvenues, avec certaines bières, comme la Derby ou encore la Maltesse, qui n’ont pas rencontré le succès escompté et ont été purement et simplement supprimées du catalogue.

Une gamme d’exception. Pour les 90 ans de la brasserie, Annick et son équipe ont travaillé au développement d’une nouvelle gamme. «Nous voulions frapper fort et marquer l’histoire de la brasserie avec cette nouvelle gamme que nous qualifions d’exception. Il nous aura fallu 18 mois de recherche et développement pour mettre au point les trois recettes», précise Annick Castelain.
Un gros challenge pour l’entreprise, qui a nécessité l’implication de tout le personnel et pour lequel la brasserie s’est donné les moyens. «Cette nouvelle gamme, baptisée Castelain, n’est pas événementielle : elle restera à la carte et continuera à se développer dans les années à venir», renchérit la dirigeante.

De fermentation haute, la gamme Castelain a pour objectif de rehausser l’image de la bière, d’ouvrir la culture de la boisson houblonnée et participer ainsi à la découverte de sa grande diversité. Elle est d’ailleurs distribuée dans des bouteilles noires sérigraphiées.
Il y a le Grand Cru, une bière forte, de caractère titrant 8,5° ; la Fleur de Houblon, une bière IPA à 6,5°, très houblonnée avec un houblonnage à cru (une technique qui consiste à ajouter de la fleur de houblon dans le brassin) ; la Cascade, une bière de 8,5° aux houblons US, adaptés à nos terroirs. Et Annick Castelain de préciser : «Cette bière a été développée spécialement pour l’enseigne Carrefour. Elle y sera vendue en exclusivité pendant toute l’année 2016.»

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L’entreprise dispose d’une usine et d’une chaîne d’embouteillage ultra moderne. En 2015, 70 000 hectolitres ont été produits à Bénifontaine.

Bientôt centenaire. À l’aube de ses cent ans, la brasserie compte 25 salariés et réalise 9 millions d’euros de chiffre d’affaires pour un volume de production de l’ordre de 70 000 hectolitres, volume porté par la sortie de nouveaux produits. «L’objectif est que d’ici la fin de l’année 2017, Nicolas, le fils d’Yves, prenne les rênes de l’entreprise et apporte un nouveau souffle à l’entreprise», précise Annick Castelain qui estime qu’il est temps de passer la main à son neveu.  
Le jeune ingénieur brassicole, qui a intégré l’entreprise juste avant le départ en retraite de son père, travaille depuis quelques années au développement des nouvelles recettes et apporte sa touche personnelle dans les produits brassés à Bénifontaine.
Il prendra donc la suite, avec la lourde tâche de continuer à développer la gamme Castelain et surtout de passer le cap du centenaire.