Cambrésis : un parc photovoltaïque entre en service

35 000 panneaux sur 15 hectares

Le terrain appartient à la communauté d’agglomération de Cambrai. La centrale solaire est exploitée par la société Sun’R et consiste en une première tranche de 10 MW. D’autres devraient suivre.

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Juillet était, en principe, le mois de la mise en service.

Dans le Cambrésis, on connaissait déjà l’ex-BA 103, promise maintenant à un avenir dans le e-commerce et la logistique avec le projet E-valley. Mais, au sud de Cambrai, sur les territoires des communes de Niergnies et de Séranvillers-Forenville, une autre ancienne base aérienne militaire (plus de 300 hectares) poursuit sa reconversion. A côté de l’aéroclub, un golf a été créé récemment et maintenant, un parc photovoltaïque que la communauté d’agglomération de Cambrai qualifie de «plus grand de la région des Hauts-de-France». Début juillet, ce parc, développé par la société Sun’R, était en train d’être raccordé et s’apprêtait à entrer en service. Ces 35 000 panneaux photovoltaïques, installés sur 15 hectares, représentent une puissance de 10 MW, ce qui est la consommation annuelle de 1 900 foyers (environ 8 000 habitants). A titre de comparaison, une grosse éolienne industrielle peut atteindre une puissance de 5 MW et la centrale nucléaire de Gravelines dispose de six réacteurs de 910 MW.

L’Intercommunalité est propriétaire des terrains (rachetés à l’Etat en 2011), et Sun’R a passé deux contrats : un contrat de bail de 30 ans avec l’Intercommunalité et un contrat de 20 ans avec EDF qui, selon le scénario habituel, rachète l’électricité injectée dans le réseau d’Enedis (ex-ERDF), avec un tarif de rachat plus élevé que celui du marché. Un prix garanti pour la durée du contrat.

D’autres permis déposés

Ludwig Mangin, secrétaire général de l’entreprise, rappelle qu’il s’agit de l’aboutissement du premier permis de construire correspondant à un appel d’offres lancé en 2015. De tels projets sont très encadrés par la Commission de régulation de l’énergie, l’autorité administrative chargée des marchés,et la Direction générale de l’énergie et du climat, chargée de mettre en œuvre les politiques publiques dans ces domaines… Le projet devrait comporter en tout cinq tranches, sur 80 hectares, et les permis sont déposés depuis juin pour 30 autres MW. Vu du ciel, le projet est impressionnant. Une telle centrale crée très peu d’emplois ou d’activités et ceux-ci concernent le gardiennage, la maintenance, l’entretien des espaces verts. Au démarrage du chantier, le produit des loyers et taxes pour les collectivités concernées était estimé à 100 000 euros.

Comme l’explique Ludwig Mangin, de tels projets, même autorisés, ne voient le jour que si les tarifs de rachat de l’électricité sont favorables. Il note que les tarifs sont les mêmes dans le sud ou le nord de la France ! L’investissement ne se fait que si les calculs de rentabilité sont favorables. La première tranche représente un coût d’environ 10 millions d’euros pour Sun’R. Autre paramètre à prendre en compte pour les opérateurs privés : les possibilités et délais de raccordement à un réseau saturé actuellement, en particulier par les projets éoliens. Ludwig Mangin précise que la société Sun’R, créée en 2006, est motivée par le côté novateur du projet et par la volonté des collectivités de reconquérir la friche militaire.