Spécial Salon Créer 2017

Cigales : l’écosystème qui mobilise les ressources locales

Depuis 30 ans, le réseau Cigales accompagne et finance les projets d’entreprise à l’échelle locale. Dans le Nord – Pas-de-Calais, le réseau compte aujourd’hui 49 clubs. L’enjeu ? S’étendre désormais à la Picardie. Mais qui sont les cigaliers et quel rôle jouent-ils auprès des entreprises ? Explications.

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Le réseau Cigales en Hauts-de-France se réunit régulièrement à Lille.

 

Né il y a une trentaine d’années, le réseau Cigales s’engage à apporter une aide financière aux créateurs d’entreprise issus de divers secteurs d’activité. Depuis trois ans, le réseau Cigales a contribué à la création de 100 entreprises soit 250 emplois ; 400 000 euros ont été récoltés en trois ans par quelque 600 personnes cotisantes. «Le rôle des cigaliers est avant tout un rôle d’accompagnement. Nous sommes un écosystème local qui mobilise des ressources locales. On se bouge ensemble pour développer son territoire. Nous ne sommes pas là pour diriger une entreprise, mais nous venons en complément, identifier les besoins et pousser les points faibles», souligne Michel Roussel, secrétaire général.

Conseil, proximité et lien social. Chaque mois, les cigaliers d’une localité (vingt maximum) se réunissent pour échanger autour des projets de création d’entreprise, rencontrer les porteurs de projet et décider de participer ou non au capital. Les créateurs d’entreprise ont accès au crédit à condition de pouvoir monter un financement. Chaque club est autonome et se renouvelle régulièrement. «On a besoin de cigaliers et tout le monde peut l’être. Nous comptons aujourd’hui des professeurs, des médecins, des ex-chefs d’entreprise. Les clubs Cigales réunissent tous les profils afin de mettre en commun toutes les compétences. Nous allons bien au-delà de l’accompagnement financier. Ce sont l’écoute, le conseil, la proximité et le lien social qui priment», indiquent les cigaliers.

Effet de levier. Outre les entreprises, les clubs financent également des associations et des couveuses. «On se limite à un tiers du capital. On a pu amener, par exemple, jusqu’à 12 000 euros pour un projet grâce à la fusion de trois clubs. Le réseau a un véritable effet de levier. Et chaque entreprise a un parrain pour se sentir accompagnée et en sécurité», explique le secrétaire général.

Objectif : extension picarde. Le réseau Cigales en Hauts-de-France a connu une forte progression depuis trois ans et figure parmi les plus gros réseaux avec, notamment, la Bretagne. «La Picardie est désormais le défi énorme à relever», confient les cigaliers. Pour s’implanter en Picardie, les cigaliers visent d’abord Amiens avant de se déployer sur le territoire. Branches de plus en plus féminisées, le réseau Cigales compte deux tiers d’hommes et un tiers de femmes, davantage impliquées dans les entreprises de service de proximité. Alternative au financement participatif, le réseau Cigales envisage d’ici les prochaines années un déploiement national.

ENCADRE

Historique du réseau Cigales

L’activité des clubs Cigales s’inscrit dans la perspective d’une économie solidaire en favorisant, par une association de collecte d’épargne de proximité, la création d’entreprises générant des emplois, la lutte contre l’exclusion, la protection de l’environnement et le développement culturel. Né à l’origine à Paris, le réseau Cigales s’est très vite répandu à travers l’Hexagone. On compte aujourd’hui 260 clubs en France.