Échos du Royaume-Uni

De l’autre côté du Channel…

Le Royaume-Uni souhaite reprendre le contrôle des zones de pêche. Le gouvernement britannique a annoncé le 2 juillet dernier sa volonté de se retirer de la Convention de Londres sur la pêche, datant de 1964. Ainsi, Londres souhaite reprendre le contrôle des droits de pêche à proximité de ses côtes. La Convention de Londres autorise la […]

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Le Royaume-Uni souhaite reprendre le contrôle des zones de pêche. Le gouvernement britannique a annoncé le 2 juillet dernier sa volonté de se retirer de la Convention de Londres sur la pêche, datant de 1964. Ainsi, Londres souhaite reprendre le contrôle des droits de pêche à proximité de ses côtes. La Convention de Londres autorise la pêche dans «une zone comprise entre six et douze miles nautiques» (soit de onze à vingt-deux kilomètres) au large des côtes de ses signataires, offrant plus de liberté que le droit européen qui fixe cette limite à douze miles. Par conséquent, en se retirant de cette Convention, Londres empêche les pécheurs britanniques de pécher à proximité des côtes françaises, belges, allemandes, irlandaises et néerlandaises. En parallèle de ce retrait, le Royaume-Uni doit aussi négocier sa sortie de la Politique commune de la pêche (PCP).

Manifestation à Londres contre la politique d’austérité. Le 1er juillet, des milliers de manifestants ont défilé dans les rues de la capitale britanniques pour dénoncer les mesures d’austérité du gouvernement de Theresa May. La Première ministre traverse une grave crise de légitimité depuis le score décevant des conservateurs lors des élections législatives du 8 juin dernier. On pouvait d’ailleurs lire sur les banderoles «Tories out  » (« Les conservateurs, dehors »). Le mouvement anti-austérité People’s Assembly, principal organisateur de la manifestation, estime que l’incendie de la tour Grenfell, ayant coûté la vie à 80 personnes, est une des conséquences tragiques de l’austérité.

Le gouvernement veut continuer à travailler avec l’Agence européenne des médicaments. Afin de calmer les craintes quant aux futures pénuries et hausses des prix des médicaments suite au Brexit, le ministre de la Santé, Jeremy Hunt, et le secrétaire d’Etat aux Affaires, Greg Clark, on annoncé vouloir continuer à «travailler en étroite collaboration» avec l’Agence européenne des médicaments (AEM). Actuellement basée à Londres, l’autorité de réglementation qui supervise le développement des nouveaux médicaments sera relocalisée en Europe à l’issue du Brexit. Le ministre de la Santé se montre ici plus souple : il avait déclaré en janvier qu’il ne souhaitait pas que le pays continue d’être membre de l’AEM une fois que le Royaume-Uni aura quitté l’Union européenne (UE). En retirant son adhésion à l’AEM, le Royaume-Uni anticipe un déficit du nombre de licences de médicaments. Ainsi, l’Association de l’industrie pharmaceutique britannique, représentant les entreprises pharmaceutiques employant environ 220 000 personnes au Royaume-Uni, a déclaré que les patients pourraient attendre six à douze mois de plus que le reste de l’Europe pour recevoir des médicaments nouvellement développés. En effet, en ne représentant que 3% du marché mondial, le marché britannique sera bien moins attractif pour les entreprises pharmaceutiques.

«Le Brexit est une erreur», affirme un de ses principaux acteurs. Dominic Cummings, le directeur de la campagne « Vote Leave » en faveur du Brexit, a qualifié le référendum comme étant «une idée stupide», et estime que le Royaume-Uni aurait dû essayer autre chose pour reprendre le pouvoir sur Bruxelles. Il annonce à la même occasion que le Brexit s’annonce comme «une débâcle garantie». Dominic Cummings est à l’origine de la campagne mensongère affirmant que les contribuables britanniques payaient 350 millions de livres par semaine à l’UE, soit près de 400 millions d’euros, et qu’il fallait mieux que cet argent soit investi dans le secteur de la santé. Aujourd’hui, il souhaite que les députés qui ont soutenu le retrait du Royaume-Uni de l’UE fassent pression sur la Première ministre afin de la faire changer d’avis.

Les start-up britanniques prévoient une forte croissance pour les douze prochains mois. Une enquête menée par le gouvernement montre que près de 90% des start-up anticipent une hausse de leurs ventes cette année et que 47% prévoient même une croissance à deux chiffres. De plus, un quart de ces entreprises pensent qu’elles vont augmenter leurs ventes de plus de 25%. Ces bon chiffes, alors que la croissance britannique est en berne, démontre la résilience des star-up. Pour cette enquête, les dirigeants de 630 entreprises créées aux cours de ces 12 derniers mois ont été interrogés.