Le Rose de Cascia et le Marmouset 3 sont déjà entrés en pêche

Bientôt cinq chalutiers pour Scopale

Le nouvel armement de type coopératif Scopale redonne espoir au port de Boulogne-sur-Mer et à la communauté maritime étaploise. Sa deuxième unité est entrée en exploitation. Trois autres vont suivre au cours des neuf prochains mois.

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Le Marmouset 3 a été inauguré en présence des anciens ministres Xavier Bertrand et Frédéric Cuvillier.

Après trois premiers jours de pêche au large de Dunkerque puis en Manche, le chalutier Marmouset 3, des Etaplois Olivier et Pierre Leprêtre, est arrivé au port de Boulogne dans la nuit du 2 au 3 novembre, en provenance de Stellendam (Pays-Bas) où il a été armé. Dans ses cales, 2 tonnes et demie d’encornets et 2 tonnes de poissons divers attestent que les six hommes d’équipage ont bien en pris en main le nouvel outil et assimilé la technique de la senne danoise.

Un événement fêté sur les quais de Boulogne

Depuis, le chalutier a été officiellement inauguré en présence des associés du nouvel armement Scopale : le groupe Intermarché-Scapêche-Capitaine Houat, la coopérative étaploise Pêcheurs d’Opale et la société Le Garrec. Gérard Romiti, président du Comité national des pêches maritimes, invité par son vice-président Olivier Leprêtre, s’est réjoui du renouveau de la pêche artisanale française en saluant l’inauguration, le même jour au Guilvinec, du Bara Breizh.

Le Marmouset 3 a été inauguré en présence des anciens ministres Xavier Bertrand et Frédéric Cuvillier.

L’ancien ministre de la Mer Frédéric Cuvillier a rappelé que le financement du navire a bénéficié du mécanisme d’exonération des plus-values de cession d’une entreprise de pêche en cas de réinvestissement dans un outil neuf qui avait été décidé lors du Comité interministériel de la mer de Boulogne le 22 octobre 2015. Le président de la Région des Hauts-de-France, Xavier Bertrand, a tenu à assurer les pêcheurs de la Côte d’Opale qu’il «était à leurs côtés».

Eric Gosselin, président de Scopale, confirme l’arrivée avant la fin de l’année 2017 du troisième navire – La Trinité –, destiné au patron Stéphane Fournier. Le modèle semble plaire car deux nouveaux chalutiers sont annoncés pour Sébastien et Guillaume Leprêtre et pour Emmanuel Pauchet et Maxime Fait, accompagnés par la Banque populaire du Nord-Crédit maritime. Chaque construction coûte 2,5 millions d’euros. En complément de la Coopérative maritime étaploise, la SAS Scopale a été créée en 2015 par la Scapêche (40%), Pêcheurs d’Opale (40%) et l’armateur historique de Boulogne, le groupe Le Garrec (20%).

Les prochains lancements  porteront à cinq le nombre de senneurs de la flottille de l’armement. Même si l’implication financière des patrons navigants sera désormais plus importante, Scopale restera majoritaire au capital. «On remet des jeunes dans le circuit avec des bateaux neufs, se félicite Éric Gosselin, tout en confortant les approvisionnements du port de Boulogne.» De fait, en année pleine, le volume supplémentaire débarqué et vendu à Boulogne par les cinq chalutiers devrait dépasser les 2 500 tonnes. De quoi permettre au port de conforter son leadership national : 33 628 tonnes en 2016, pour un chiffre d’affaires de 77,8 millions d’euros enregistré ou facturé à la criée.

Une construction franco-néerlandaise

Si la coque de ces navires polyvalents de 19,20 mètres de long est construite au chantier MIM de Dieppe, la finition est assurée par le néerlandais Padmos, spécialiste de la senne danoise. Armés au chalut et à la senne, ils pratiquent une pêche de 48 heures en Manche-Est et en mer du Nord, ciblant diverses espèces : merlan, rouget-barbet, grondin perlon, encornet, seiche, hareng, maquereau et coquilles Saint-Jacques. Une partie des captures, au prix du marché, approvisionne directement l’unité de filetage Capitaine Houat de Boulogne.

Olivier Leprêtre et son neveu Pierre n’étaient pas peu fiers de faire découvrir leur nouveau joujou à la communauté maritime étaploise. Tous les invités ont pu constater que le confort était privilégié à bord : un pont couvert permettant à l’équipage de travailler à l’abri, des espaces de vie (couchettes, douche, cuisine, carré…) très fonctionnels, et même le wifi relié au satellite à la disposition de tous. «Pour donner envie aux jeunes de se lancer dans le métier, cela est essentiel», insistent les deux patrons navigants. Il y a longtemps que Boulogne n’avait pas enregistré autant de chalutiers neufs en moins de douze mois !

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«On remet les jeunes dans le circuit en leur permettant de commander des bateaux neufs»