Sauvegarder l'article
Identifiez vous, pour sauvegarder ce article et le consulter plus tard !

Livres de la semaine

Mesha Maren © Natalia Weedy
Mesha Maren © Natalia Weedy

Sugar Run

Ce premier roman plébiscité lors de sa publication aux Etats-Unis suit les pas de Jodi McCarty qui, à trente-cinq ans, a passé la moitié de sa vie en prison. Condamnée à perpétuité, elle vient d’obtenir sa liberté conditionnelle. Elle part retrouver sa famille dans les collines pourpres des Appalaches, où un bout de terrain l’attend. Elle espère enfin construire sa vie. Mais avant de se tourner vers l’avenir, Jodi doit faire un détour par le passé et tenir une promesse. En route vers le Sud, elle fait la rencontre de Miranda, une jeune mère désemparée qui fuit son mari. Mues par un coup de foudre électrique, les deux femmes décident de prendre ensemble un nouveau départ. Mais Jodi ne tarde pas à se heurter à un monde dans lequel les gens refusent d’oublier… S’appropriant les codes du roman noir, Mesha Maren signe un livre fiévreux à travers une histoire tragique qui met en scène deux héroïnes écorchées et passionnées aspirant au bonheur et à une vie nouvelle. Une romance désespérée magnifiée par une écriture d’une renversante beauté.

Sugar Run de Mesha Maren (Editions Gallmeister – Traduit de l’anglais (Etats-Unis) par Juliane Nivelt).

 

Allegheny River

Découvert en 2018 avec Le Miel du lion, âpre mais superbe roman, Matthew Neill Null publie un recueil de neuf nouvelles ancrées dans la région des Appalaches. Creusant le sillon naturaliste d’un monde sauvage hanté par la mort, l’auteur interroge notre rapport à l’environnement à travers des histoires où cohabitent animaux et humains, dans un équilibre fragile, au sein d’une nature ravagée par la main de l’homme. Au cœur des montagnes de Virginie-Occidentale, dans des paysages rudes et majestueux, s’entremêlent des récits épique ou intimiste, souvent baignés de violence, magnifiés par le lyrisme du jeune écrivain dont la langue luxuriante s’inscrit dans la magnifique lignée de Jim Harrison. Singulières et puissantes, ses nouvelles sont autant de petits chefs-d’œuvre à la beauté sidérante et universelle.

Allegheny River de Matthew Neill Null (Editions Albin Michel – Traduit de l’anglais (Etats-Unis) par Bruno Boudard).

 

Long Island Story

Ce roman touchant empreint de mélancolie s’ouvre à l’été 1953 alors que Washington s’enfonce dans la chasse aux sorcières. Dans la famille Grossman, Ben, le père, est avocat pour le gouvernement fédéral. Un sympathisant communiste qui se retrouve bientôt acculé et n’a plus d’autre choix que de quitter la ville avec Addie, sa femme, et leurs deux enfants… L’été, ils trouvent refuge chez les beaux-parents d’Addie, dans un petit bungalow à Long Island. Mais ce changement de vie révèle bientôt un malaise, qui gangrène souvenirs et sentiments. Infidélité, ennuis, rêves avortés, chaque non-dit sépare un peu plus Ben et Addie et, à la croisée des chemins, ils s’interrogent dans la douleur : leur vie familiale vaut-elle la peine d’être sauvée ? Dans la lignée de Brooklyn de Colm Tóibín et de La Fenêtre panoramique de Richard Yates, le portrait subtil et nostalgique d’un couple en crise…

Long Island Story de Rick Gekoski (Editions Belfond – Traduit de de l’anglais (Etats-Unis) par Catherine Gibert).