Valoriser les invendus en grande surface

PHENIX donne une seconde vie aux déchets

L’entreprise travaille avec les enseignes de distribution afin de réduire leurs invendus en collectant les déchets qui peuvent être revalorisés, puis en les distribuant aux associations.

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Alexandre Bracq, directeur région Hauts-de-France de PHENIX.

Créée en 2014 par Baptiste Corval et Jean Moreau et implantée en région Hauts-de-France depuis 2015, l’entreprise a récemment conclu un partenariat avec l’entreprise de solution de stockage Zéro-Gâchis. «Nous venons d’emménager à EuraTechnologies. Je pense que cela va beaucoup nous aider pour le développement dans la région», explique Alexandre Bracq, directeur région Hauts-de-France de PHENIX. Son objectif est d’être le partenaire des associations et des magasins pour inciter les grandes enseignes à donner davantage. «En France, il y a deux milliards d’euros de chiffre estimé de produits invendus en magasin.» L’entreprise se veut gagnante pour tout le monde : d’un côté, les enseignes de grande distribution réduisent leur facture déchets – la prise en charge du contenu de leurs poubelles – et, de l’autre, les associations bénéficient de ces invendus encore propres à la consommation. «On se veut des coachs antigaspi pour les magasins.» Ainsi, sur l’ensemble du réseau, pas moins de 40 tonnes de produits par jour sont sauvés et 80 000 repas sont distribués à l’aide de ceux-ci. En région, ce sont cinq tonnes de produits alimentaires qui ont évité la poubelle cette année, pour une redistribution de 10 000 repas. PHENIX prend par ailleurs en compte l’intégralité des produits jetés, réutilisables. «Notre objectif, au-delà de faire du don, c’est de trouver une seconde vie au produit.»

Mailler le territoire

PHENIX accompagne sur l’ensemble de son réseau 600 grandes surfaces. Dans la région, elles sont pour l’instant un peu plus d’un quinzaine. «On fait aussi des opérations ponctuelles avec d’autres enseignes qui ne sont pas forcément des magasins», indique-t-il. En Hauts-de-France, la société travaille principalement avec des supermarchés et des hypermarchés dans les villes de Douai, Arras, Roubaix… Au niveau des associations, l’entreprise est en relation avec la Banque alimentaire, le Secours populaire, les Restos du cœur, mais aussi des épiceries solidaires qui fournissent également un accompagnement social. «Il y a une forte demande des associations. On ne peut pas répondre à tout le monde», regrette-t-il. PHENIX leur garantit la collecte, la traçabilité des produits, le respect de la chaîne de froid… Par ailleurs elle fournit aux grandes enseignes une analyse de performance sur les produits en rayon afin de réduire la facture déchets. Si les services proposés par l’entreprise sont gratuits pour les associations, l’entreprise prend une commission auprès des magasins. PHENIX Hauts-de-France réalise un chiffre d’affaires de 15 000 €/mois. Le réseau national présente quant à lui un chiffre d’affaires de 4,5 millions d’euros par an. Implanté dans une quinzaine de grandes villes françaises ainsi qu’en Espagne et au Portugal, le groupe teste actuellement le marché aux États-Unis et au Danemark. Il compte un peu moins de 70 salariés, dont 2 à Lille. L’entreprise a par ailleurs créé un incubateur pour soutenir les initiatives et start-up antigaspillage. L’antenne Hauts-de-France prévoit quant à elle prochainement de trouver des récepteurs de valorisation pour les invendus impropres à la consommation humaine. «Quand les produits ne sont plus du tout consommables, on essaiera de trouver d’autres filières de valorisation animale. Ça peut être alimenter des fermes ou des zoos

 

«On se veut des coachs antigaspi pour les magasins»

 

Zéro-Gâchis, un outil de performance en distribution

La solution Zéro-Gâchis est un concept de vente en magasin. Il établit une zone destinée à certains produits en date courte, bénéficiant d’une promotion, et les étiquette. La solution collecte et transmet ensuite les statistiques de ces produits à la direction de l’enseigne. «L’objectif est d’accompagner le magasin pour faire en sorte que ces produits n’arrivent plus dans cet espace de vente», explique Alexandre Bracq.