Il quitte les fruits et légumes pour les fruits de mer

Jérôme Charlet développe Select Opale à Boulogne

Fruit d’une reconversion étonnante, la société Select Opale poursuit son développement dans le commerce de crustacés. Au produit vivant, Jérôme Charlet ajoute le cuit en installant un atelier de cuisson dans la pépinière d’entreprises Haliocap.

1397
Jérôme Charlet possède 24 viviers ainsi qu'un atelier de cuisson au sein de la pépinière d'entreprises Haliocap.

Après une carrière dans les fruits et légumes, Jérôme Charlet a quitté l’entreprise familiale pour créer en avril 2016 une nouvelle activité à Boulogne : implanter des viviers pour valoriser la pêche des caseyeurs locaux en s’inspirant du modèle de professionnels bretons (Ame Haslé et Fraîcheur Saint-Malo). Douze viviers d’un mètre carré chacun ont été installés à la création, douze autres furent ajoutés en octobre 2016. En 2017, y ont séjourné, de deux à dix jours, quelque 55 tonnes de tourteaux, mais aussi 50 de homards bleus, 6 d’étrilles, 5 d’araignées et 1 de langoustes. Lapprovisionnement vient principalement de la Côte dOpale, le complément arrivant des îles britanniques. Constatant que beaucoup de consommateurs n’osent pas acheter du vivant, et pour éviter les aléas de la pêche, Jérôme Charlet décide dans un second temps d’installer un atelier de cuisson au sein de la pépinière d’entreprises Haliocap implantée au cœur du port. Son process est en phase de test avec l’aide de la plateforme d’innovation Nouvelle Vague. «Boulogne n’avait ni de vivier, ni de cuiseur de crustacés autres que les crevettes, explique-t-il. Je vais cuire du tourteau, des pinces et du homard de la Côte d’Opale, avec un objectif de 250 000 € la première année

Du crustacé et du poisson vivant

Select Opale, qui emploie déjà sept salariés, dont deux apprentis en formation au Centre de formation aux produits de la terre et de la mer, et un mi-temps, commercialise également du poisson frais et du poisson vivant : turbot et barbue pêchés au trémail et conservés à bord dans des mini-viviers fabriqués par les pêcheurs. Jérôme Charlet s’inscrit dans la démarche MSC et dans «Filière Opale» qui valorise les produits débarqués dans les ports de Boulogne et Dunkerque. Que de l’ultra-frais ! L’entreprise travaille prioritairement avec les mareyeurs, mais aussi avec les grossistes et les centrales d’achat de tout l’Hexagone. «Pour beaucoup, j’apporte un complément de gamme, précise-t-il. D’où l’intérêt d’être au cœur de la principale place française des produits de la mer, à proximité d’une gare de marée qui permet une livraison en 24 heures sur tout le territoire, quelle que soit la taille du colis.» Il espère aujourd’hui en récolter les fruits !