Yanara technologies à Prouvy (Valenciennois)

Des composites dans la haute performance

Dans son domaine – la fibre de carbone utilisée comme renfort de composites –, la petite société s’est fait un nom. Son métier : la conception et la fabrication de pièces destinées, notamment, à la compétition automobile.

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Dans les locaux de Prouvy (près de l’aérodrome, dans la zone d’activités), une pièce conçue et fabriquée chez Yanara technologies. (De g. à d.) : Kevin Mercier, opérateur en composites, Enrico Cerbo, directeur technique et associé de Carine Parmentier, et Christopher Corroyer, opérateur également.

Les deux fondateurs de Yanara technologies se sont rencontrés dans le monde de la Formule 1. Carine Parmentier est ingénieur, sortie de l’ESTACA de Paris (Ecole supérieure des techniques aéronautiques et de construction automobile). Quant à Enrico Cerbo, géomètre de formation, il se décrit comme un passionné de sport automobile et de marques de prestige, formé sur le tas auprès des constructeurs. Ils ont démarré à Anzin fin 2011, avant de s’installer à Prouvy dans la zone d’activités proche de l’aérodrome, en louant des locaux appartenant à Hiolle industries. Tous deux présentent leur TPE comme une niche, exportant à 70%, en croissance constante depuis la création et réalisant aujourd’hui un chiffre d’affaires de l’ordre 500 000 €. Si l’entreprise a bénéficié d’aides publiques au démarrage, il a fallu convaincre de la pertinence d’un projet touchant à un domaine novateur, celui des matériaux composites, plus légers que les métaux, mais ayant des propriétés équivalentes en résistance et rigidité. L’activité de Yanara technologies, tournée à 50% vers le sport automobile professionnel, peut aussi concerner le domaine militaire, le ferroviaire, l’aéronautique et le sport loisir en général. «Nous concevons, développons, fabriquons, fournissons et assurons la maintenance des pièces à haute performance, résume Carine Parmentier. Nous avons une quinzaine de clients réguliers.»

De la haute couture

Quel genre de pièces ? Carrosserie, pièces de structures (cellule de survie, avec châssis et habitacle), éléments pour l’aérodynamique, suspensions… Des pièces à forte valeur ajoutée. «Dans notre métier, ajoute Enrico Cerbo, il faut parfaitement connaître ces matériaux assemblés qui sont soumis à de gros efforts mécaniques. On fait de la recherche et développement tous les jours. On n’est pas dans la logique de la série. On travaille sur des modèles uniques sans cesse à améliorer…» Leur matière première, c’est la fibre de carbone en rouleaux. Elle sert de renfort et se transforme, associée à d’autres matériaux, en pièces au gré de différentes opérations semblables à de la haute couture. Côté véhicules, tous deux évoluent dans l’univers des voitures GT 3, que l’on peut observer, dit Enrico Cerbo, aux 24 Heures de Spa en Belgique, avec des marques comme Maclaren, Lamborghini, Ferrari, Audi, Mercedes. Tous deux sont fiers de dire qu’ils ont, par exemple, réalisé des pièces aérodynamiques arrière destinées au pilote Romain Dumas, vainqueur de la course de Pikes Peak aux Etats-Unis en 2017. Avec lui, cette année, ils ont encore des projets, mais avec un véhicule électrique.