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Deux pépites à découvrir

Deux éditeurs avisés nous proposent cet été de découvrir deux films méconnus qui méritent toute leur place dans l’histoire du 7e art. Deux films passionnants, réalisés par Joseph Losey et John Frankenheimer, avec pour point commun la survie en milieu hostile.

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Deux Hommes en fuite

Réalisé en 1969 par Joseph Losey – réalisateur des inoubliables Eva et Monsieur Klein –, Deux Hommes en fuite s’ouvre alors que deux hommes courent sur la plage à l’aube, les mains liées derrière le dos, tandis qu’un hélicoptère survole frénétiquement les environs. MacConnachie et Ansell sont deux évadés qui, pour tenter d’échapper à leurs geôliers, doivent traverser des paysages sauvages et inhospitaliers. Pour cela, ils vont devoir affronter de nombreux obstacles pour survivre et échapper au mystérieux hélicoptère qui traque leurs moindres mouvements… Formidablement interprété par Robert Shaw et le jeune Malcolm McDowell (tout juste révélé par If, le film de Lindsay Anderson), Deux Hommes en fuite est d’abord un film d’action, haletant de bout en bout. Ces deux hommes que tout oppose restent une énigme pour le spectateur : on ne connaîtra rien d’eux, à part leur nom et quelques rares bribes de leur passé. Quels crimes ont-ils pu commettre pour en arriver là ? À qui tentent-ils d’échapper ? Telles sont les principales questions restées en suspens, laissant la part belle à l’imagination de chaque spectateur. MacConnachie – personnage dérivant vers la folie et usant de la violence pour survivre –, et Ansell sont ainsi quasiment les seuls véritables êtres humains du film mais le duo se déshumanise progressivement pour devenir de véritables bêtes traquées à mesure que cette chasse à l’homme perdure et leur fait perdre la raison. Véritable cauchemar éveillé, Deux hommes en fuite est aussi une puissante parabole sur la survie et l’oppression, qui servira bientôt de modèle à d’autres grands films du genre comme Runaway Train d’Andrei Konchalovsky ou Essential Killing de Jerzy Skolimowski. À découvrir dans sa somptueuse version restaurée !

 

Editeur : Carlotta Films.

 

Le prisonnier d’Alcatraz

Souvent considéré comme le meilleur film de prison jamais tourné, Le prisonnier d’Alcatraz (1962) suit les pas de Robert Stroud qui, après deux meurtres de sang-froid, est transféré dans les quartiers de haute sécurité de la prison d’Alcatraz. Un jour, dans la cour, il trouve un moineau blessé. Il le recueille, le soigne et l’apprivoise. Etudiant sans relâche, il passe maître en ornithologie et devient «l’homme aux canaris.» Avec ce personnage, Burt Lancaster, icône mondiale du 7e art, endosse l’un des rôles les plus saisissants de sa remarquable carrière et retrouve sur le plateau le réalisateur prodige du Temps du châtiment, le jeune John Frankenheimer. Entre les deux hommes, ambitieux, autoritaires et déterminés, la relation n’est pas toujours au beau fixe. Mais la combinaison de leurs talents aura raison de ce duel d’egos.

La vie de l’homme aux oiseaux – condamné à perpétuité pour meurtre et qui avait su trouver une manière de rédemption – leur offrait un sujet choc. Mais entre le personnage de Stroud tel que l’incarne Lancaster à l’écran et le véritable Robert Stroud, criminel violent et manipulateur plus complexe et ambigu qu’il n’y paraît, il existait pourtant de sérieuses différences, mises en lumière ici… Une œuvre saisissante, également interprétée par Karl Malden et Telly Savalas, qui offre à Burt Lancaster un rôle inoubliable et aux spectateurs un récit bouleversant magnifié par une mise en scène au cordeau.

 

Editeur : Wild Side.