Bilan démographique des Hauts-de-France

La région au pied du podium

L’Insee Hauts-de-France a présenté mi-juillet son étude sur la population régionale, par département et arrondissement, à l’horizon 2015. Malgré une croissance modérée, les Hauts-de-France devraient perdre leur troisième place parmi les régions les plus peuplées de France.

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Près de 6,2 millions d'habitants sont à prévoir dans les Hauts-de-France à l'horizon 2050. © Brad Pict

L’Insee a dévoilé la probable évolution démographique de la région d’ici 2050. Pour la première fois, elle s’attarde sur la population par arrondissement. «Nous prévoyons une augmentation de 260 000 habitants, soit une croissance modérée par rapport au reste de la France», indique Sébastien Terra, adjoint au chef de service études et diffusion de l’Insee Hauts-de-France. La population devrait donc s’élever à 6,2 millions d’habitants en Hauts-de-France. Les études soulignent un excédent naturel important jusqu’en 2030. «Au-delà, le décès des baby-boomers sera moins suivi par les naissances.» En région, le taux de fécondité est de deux enfants par femme. Quant au solde migratoire, il reste déficitaire. «Nous sommes la troisième région la plus peuplée de France. En 2030, la Nouvelle-Aquitaine et l’Occitanie devraient passer devant nous.»

«Nous prévoyons une augmentation de 260 000 habitants, soit une croissance modérée par rapport au reste de la France»

Des inégalités sur les départements

Tous les départements des Hauts-de-France observent une croissance démographique inférieure à celle de la France métropolitaine. Dans le détail, l’Oise, le Nord et la Somme pourraient voir une hausse de leurs populations supérieure à la moyenne régionale. Le nombre d’habitants du Pas-de-Calais devrait, quant à lui, rester stable jusqu’en 2050. En bas du panier se situe l’Aisne qui pourrait enregistrer une baisse démographique. «L’Oise est le département le plus dynamique avec une prévision de 896 000 personnes, soit une hausse de 80 000 habitants.» Le Nord reste le département le plus peuplé de France, avec 2 millions d’habitants prévus en 2050, soit une croissance démographique de 0,16%. «Le Nord comporte l’excédent naturel le plus fort, mais aussi le déficit migratoire le plus important.» Le département profite de l’influence de la métropole lilloise et devrait peser pour 44% de la population régionale en 2050. La Somme enregistre une prévision de croissance similaire, sa population devrait quant à elle atteindre les 605 000 habitants dans une trentaine d’années. Le département se démarque par un solde migratoire équilibré par rapport à ses voisins. La démographie du Pas-de-Calais reste stable, avec une progression de 9 000 habitants. Celle de l’Aisne pourrait décroître, avec une baisse de 21 000 habitants, aux alentours de 2050. «Le solde naturel ne va plus contribuer à l’augmentation de la population à partir de 2030.»

Un vieillissement accru de la population

«D’ici 2050, en région, une hausse de 70% des personnes âgées est à prévoir. Nous restons néanmoins la population la plus jeune de province.» Le nombre de personnes de plus de 60 ans devrait atteindre 1,5 million de personnes en 2050 dans les Hauts-de-France. «À Calais, Saint-Omer et Château-Thierry, cette population pourrait doubler.» Le littoral nord subit une baisse de son excédent naturel dû à un vieillissement de la population plus marqué, notamment sur les arrondissements de Montreuil et Boulogne-sur-Mer. «Il y a un enjeu d’accueil et d’accompagnement de ces personnes.» Les métropoles de Lille et Amiens devraient être moins touchées grâce à la présence de pôles universitaires.