À Saint-Martin Boulogne, une entreprise de décoration centenaire se modernise

Rigail investit 1,5 million d’euros pour le numérique

L’entreprise familiale fêtera ses 110 ans l’année prochaine. À Saint-Martin Boulogne, la société Rigail, spécialisée dans la décoration a annoncé l’acquisition de nouvelles machines à commandes numériques pour sa marbrerie, ainsi qu’un nouveau bâtiment pour les abriter. À terme, Antoine Rigail espère accroître son chiffre d’affaires de 30% et embaucher du personnel.

Antoine et Sophie Rigail, devant une photo du grand-père dans les carrières de pierre de Bainchtun.

À chaque génération, son lot d’investissements. Après 17 ans passés aux côtés de son père, son oncle et sa mère, Antoine Rigail a repris le flambeau de l’entreprise familiale il y a trois ans. Bien qu’à l’origine, celle-ci employait de la pierre de Bainchtun dans ses créations, une commune limitrophe, cette dernière a été remplacée par de la pierre provenant d’Italie, d’Espagne, du Portugal ou de France, pour des raisons environnementales. Pour autant, ce matériau reste la pierre angulaire de l’entreprise qui continue de l’intégrer dans ses cheminées, ses plans de travail, ses salles de bains. Et pour répondre aux commandes des clients, qu’ils soient des professionnels ou des particuliers, Rigail a fait l’acquisition, il y a une dizaine d’années, de deux machines à commandes numériques pour la découpe, le polissage et la mise en couleur de pierres naturelles et de matériaux résineux ou de composites, en réponse aux nouvelles tendances.

Une transition numérique nécessaire 

Cette année, Rigail remet le couvert et annonce 1,5 million d’euros d’investissements sur son site de production pour parfaire sa transition numérique. «On s’est laissé du temps pour voir comment absorber ce nouveau travail, car il y a encore dix ans, toutes les mesures étaient faites à la main. Quand on a acheté ces deux machines, on préparait notre transition numérique. Aujourd’hui, nous sommes prêt à monter une deuxième étape. On construit une nouvelle marbrerie de 1 000 m2 pour remplacer l’ancienne, trop petite, et on est en train d’acquérir une nouvelle machine pour passer au tout-numérique afin de répondre à une offre et à un besoin en termes de couleur et d’agencement», indique Antoine Rigail, le PDG. Ce «tout-numérique», c’est l’acquisition d’un polissoir hachant pour polir et adoucir les pierres de façon automatique. Mais, pour s’en servir, les collaborateurs vont devoir se former, et trois autres devraient rejoindre l’aventure. «Avec ce nouvel outil, l’idée est d’augmenter la capacité de production de 30% d’ici un an et demi et, ensuite, d’aller conquérir de nouveaux marchés et de nouveaux clients dans la Somme, dans la région lilloise, en Belgique, voire en Angleterre», projette Antoine Rigail.